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Royaume-Uni: des rapports mettent en garde quant aux faibles niveaux de protection des libertés académiques

Le University and College Union a publié un rapport faisant état des niveaux de protection des libertés académiques au Royaume-Uni, nettement plus bas que dans d'autres pays de l'UE.

“Les libertés académiques au R.-U.:« La protection juridique et normative dans un contexte comparatif » (en anglais),rédigé par le professeur Terence Karran et Lucy François de l'Université de Lincoln, au Royaume-Uni, révèle également qu'un quart des universitaires britanniques (23  %) affirment avoir fait l'objet d'intimidation par des collègues en raison de leur point de vue. L’enquête à grande échelle a été commandée par le University and College Union (UCU) dans le cadre de ses efforts pour mieux définir les libertés académiques et pour s'assurer qu'elles soient mieux protégées.

Principaux résultats

L'une des recommandations du rapport est que l'UCU devrait envisager une plainte auprès de l'UNESCO et de l'Organisation internationale du Travail concernant la non mise en œuvre par le gouvernement britannique de la recommandation de l'UNESCO de 1997 concernant  la condition du personnel enseignant de l'enseignement supérieur. Le syndicat dit envisager cette option en réponse au rapport, notamment la possibilité de chercher à déterminer si oui ou non le Royaume-Uni remplit ses obligations concernant la recommandation de 1997 de l’UNESCO.

Les auteurs du rapport affirment également que la sécurité d'emploi est nécessaire pour être vraiment libre de contester certaines notions et de participer pleinement à la gouvernance de l'université.

Autres résultats du rapport :

·         Deux cinquièmes des professeurs britanniques (42 %) estiment détenir une bonne connaissance pratique de la notion de libertés académiques. Un tiers (34 %) déclarent le contraire.

·         Huit professeurs britanniques sur 10 (81 %) souhaitent en savoir davantage sur les libertés académiques. Trois quarts (74 %) de leurs collègues dans d'autres pays de l'UE souhaitent également en savoir plus à ce sujet.

·         Les professeurs britanniques estiment que le niveau de protection de la liberté universitaire est nettement inférieur pour eux que pour leurs collègues dans les autres pays de l'UE.

·         Plus d'un quart des professeurs britanniques se disent faiblement protégés (28 %), comparativement à 13 % de leurs collègues dans les autres pays de l'UE.

·         La moitié (49 %) des professeurs de l'UE estiment que les libertés académiques disposent d’un niveau de protection élevé, comparativement à seulement 22 % des professeurs au Royaume-Uni.

·         La moitié des professeurs britanniques (52  %) affirment que le niveau de protection des libertés académiques dans leur université a diminué au cours des dernières années, comparativement à un tiers (34 %) de leurs collègues dans les autres pays de l'UE.

·         Plus des deux cinquièmes (43 %) des professeurs britanniques affirment que les libertés académiques individuelles dans l'enseignement déclinent, comparativement à un quart (25 %) des collègues dans les autres pays de l'UE.

·         Deux tiers des membres du personnel au Royaume-Uni (67 %) affirment que la protection de l'emploi des membres du personnel universitaire a diminué au cours des dernières années, comparativement à un peu plus de la moitié (54 %) dans les autres pays de l'UE.

Importance des libertés académiques

« Cet important rapport à grande échelle met en lumière le nombre étonnamment faible de professeurs ayant l'impression de bien comprendre ce que sont réellement les libertés académiques », a déclaré Sally Hunt, Secrétaire générale de l’UCU. « Moins surprenant et quelque peu rassurant: le pourcentage élevé qui la considèrent comme importante. »

Elle a ajouté que, dans le climat actuel, où les faits sont relégués au second plan, il est « absolument nécessaire » que des expert(e)s fassent à nouveau entendre leur voix car des personnes qui ne comprennent pas vraiment un problème risqueraient d’appliquer des politiques et des prises de positions politiques dangereuses.

« Nous croyons qu'une société libre est définie par des institutions robustes et autonomes qui s’auto-régulent dans le cadre légal mais en dehors de l'influence du gouvernement », a-t-elle estimé, ajoutant que le lancement du rapport ouvre un débat plus large sur la définition des libertés académiques et la manière dont les universités doivent la défendre. L’UCU espère que l'ensemble du secteur s’impliquera dans ce débat.

Contexte

Le rapport comprend des enquêtes de membres de l'UCU et de professeurs des 27 autres Etats membres de l'UE. La plupart des données juridiques et constitutionnelles y figurant ont été recueillies dans le cadre d'un projet Marie Curie financé par l’UE et intitulé « La sauvegarde des libertés académiques en Europe ». Ces données ont servi de base à l’élaboration du document, « Les libertés académiques et leur protection dans la législation des Etats-membres de l’UE - mesure d’un droit humain international », publié l'an dernier.