Ghana: la gratuité de l’enseignement secondaire supérieur saluée par le mouvement syndical ghanéen

Les dirigeant(e)s syndicaux/ales ghanéen(ne)s ont chaleureusement salué la décision du Président de mettre en place un programme prévoyant la gratuité de l’enseignement secondaire supérieur.

La mise en place d’un programme prévoyant la gratuité de l’enseignement secondaire supérieur au Ghana a récolté un très large soutien. En vertu de ce programme, lancé en septembre par le Président ghanéen Nana Akufo-Addo, l’enseignement secondaire supérieur est désormais gratuit dans le pays.

Cette décision profitera à plus de 400.000 étudiant(e)s de l’enseignement secondaire supérieur qui ont réussi l’examen délivrant le certificat de fin d’études de base (Basic Education Certificate Examination, BECE), le principal examen d’entrée permettant aux étudiant(e)s de s’inscrire dans un établissement d’enseignement secondaire ou professionnel. D’après le ministère de l’Education et le ministère des Finances, si les écoles ont d’ores et déjà reçu la moitié de la somme nécessaire au financement de ce nouveau programme pour l’année académique en cours, le montant restant sera quant à lui versé d’ici la fin du premier semestre.

Intervention sociale

« Le Ghana Trades Union Congress (TUC-Ghana) tient à féliciter le Président et son gouvernement, qui ont tenu l’une des promesses de campagne du Nouveau Parti patriotique », a déclaré Dr Anthony Yaw Baah, le Secrétaire général du TUC-Ghana.

Confirmant au gouvernement qu’il pourra compter sur le soutien du TUC, le Secrétaire général a par ailleurs ajouté qu’il s’agissait « du plus grand programme d’intervention sociale jamais mis en œuvre depuis l’indépendance du Ghana. Nous sommes convaincus que ce programme permettra de répartir équitablement les ressources du pays parmi l’ensemble des Ghanéens, quel que soit leur milieu socioéconomique ».

Le Secrétaire général a approuvé la déclaration du Président Nana Akufo-Addo, qui a affirmé que « les coûts engendrés par la gratuité de l’enseignement secondaire supérieur au Ghana [étaient] moins élevés que la solution alternative, qui serait de disposer d’une main-d’œuvre non instruite et non qualifiée ».

Faibles niveaux d’éducation

D’après les données du Service des statistiques ghanéen, seuls 15 pour cent de l’ensemble des Ghanéen(ne)s d’au moins 15 ans ont fréquenté l’enseignement secondaire ou l’enseignement supérieur. En outre, 19,5 pour cent des Ghanéen(ne)s n’ont jamais été scolarisé(e)s; 44,6 pour cent n’ont pas obtenu leur certificat de fin d’études secondaires inférieures (Middle School Leaving Certificate, MSLC) ou leur BECE; et seuls 20,9 pour cent ont obtenu l’une de ces certifications.

« Si après 60 années d’indépendance, ces statistiques sont tout bonnement scandaleuses, elles constituent également un obstacle au développement durable et inclusif », a souligné Dr Anthony Yaw Baah.

Création d’emplois et nouveaux défis

A l’heure où le mouvement syndical s’attend à ce que ce nouveau programme « renforce considérablement l’accès à l’éducation aux quatre coins du pays », Dr Anthony Yaw Baah exhorte le gouvernement à se pencher sur les questions connexes et à garantir l’amélioration de la qualité de l’éducation.

« Ce programme est le gage d’immenses opportunités pour les jeunes, ce qui augmentera d’une part le nombre de jeunes ghanéens instruits sur le marché du travail, et d’autre part le nombre d’étudiants suivant un cursus universitaire », a-t-il ajouté. « La possibilité ou non de saisir ces opportunités dépendra de ce que nous faisons maintenant. Nous devons relever les défis liés à la création d’emplois afin que l’enseignement secondaire supérieur gratuit n’engendre pas une nouvelle génération de jeunes instruits mais frustrés, ce qui porterait atteinte au pays ».

« Le gouvernement doit se pencher sur l’expansion des infrastructures des universités du pays, afin que ces dernières puissent répondre de manière adéquate à l’augmentation du nombre d’élèves diplômés de l’enseignement secondaire supérieur au cours des prochaines années », a conclu le Secrétaire général.

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