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Caraïbes : Formation des jeunes syndicalistes enseignants – l’espoir d’un avenir brillant pour la profession et l’éducation

L’Internationale de l’Education a appuyé la conduite d’un atelier fructueux au profit des jeunes syndicalistes enseignant(e)s dans les Caraïbes du sud. Il s’agissait de favoriser le développement de syndicats enseignants forts et durables, promouvant l’éducation de qualité dans la région.

Organisé à la Grenade du 21 au 23 juin derniers sous les auspices du Grenada Union of Teachers (GUT), l’atelier de formation des jeunes leaders soutenu par le Caribbean Union of Teachers (CUT) et l’Internationale de l’Education (IE) a rassemblé 25 jeunes leaders enthousiastes, représentant neuf organisations membres de l’Internationale de l’Education dans les Caraïbes du sud : Barbade, Dominique, Grenade, Guyane, St Vincent et les Grenadines, Sainte-Lucie, Suriname, Trinité-et-Tobago.

Renforcer la capacité de leadership des jeunes

Cet atelier a reçu l’appui de l’IE dans le cadre d’une série d’activités basées sur la Résolution sur les enseignant(e)s, chercheurs/euses et le personnel de soutien éducatif en début de carrière adoptée lors du Congrès mondial de l’IE qui s’est tenu en 2015 à Ottawa, Canada.

Il avait pour vocation première la poursuite du développement des compétences des jeunes leaders syndicaux représentant la profession enseignante en améliorant leurs aptitudes au leadership à travers l’éducation et l’intégration dans les structures syndicales.

Les participant(e)s ont ainsi élaboré des plans d’action à mettre en œuvre au sein de leurs syndicats respectifs. Le CUT surveillera la mise en œuvre de ces plans et recevra les rapports d’avancement des différents syndicats au sujet de leur impact.

Au cours de l’atelier, diverses sessions et présentations étaient proposées sur des thèmes tels que la promotion des droits humains et syndicaux, les objectifs de développement durable, l’Agenda pour le travail décent de l’Organisation internationale du Travail (OIT), le rôle et le fonctionnement du CUT, les droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transsexuelles, les droits des populations autochtones et les questions d’égalité entre hommes et femmes. Ces sessions d’information incluaient un travail de groupe ainsi que d’intenses discussions.

Meryl Baptiste Lord, responsable d’éducation pour le district, a pris la parole au nom de la ministre de l’Education et du Développement des ressources humaines Emmalin Pierre. Lord a fait valoir le caractère décisif de la collaboration entre le gouvernement et les syndicats afin d’assurer l’efficacité et la qualité de l’éducation, notant en outre que les enseignant(e)s, y compris les jeunes, faisaient montre d’une éthique au travail et d’un professionnalisme solides et appréciés.

Mettre en œuvre les plans d’action syndicaux en faveur des jeunes leaders

Evoquant sa vision du syndicalisme, le Président du CUT Julian Monrose a souligné l’impératif de survie des syndicats et la nécessité d’assurer la protection des travailleurs et travailleuses. Il envisage ainsi la création d’un deuxième niveau de leadership, où les structures de renforcement des capacités syndicales mettent à profit les connaissances, compétences et valeurs.

Julian Monrose a demandé aux participant(e)s de se tenir prêt(e)s à voir leurs compétences évoluer, rappelant que, bien qu’ils s’engagent ici dans un programme de trois ans, leurs plans d’action doivent être pleinement mis en œuvre avant de passer à la phase suivante. « Le travail syndical est un travail sérieux, mais l’investissement à cet égard en vaut incontestablement la peine, » a-t-il conclu.

À travers son exposé sur « Les droits de l’homme en tant que droits syndicaux », le Président du GUT Lydon Lewis a expliqué que tous les droits de l’homme devaient être considérés comme des droits syndicaux.

Affirmant que « tout travail mérite dignité, et tous les travailleurs méritent d’être traités avec respect par leurs employeurs », et que « fondamentalement, les syndicats jouent un rôle décisif dans l’amélioration des conditions de travail, de la sécurité et des salaires », il a passé en revue les conventions internationales des droits de l’homme de l’OIT protégeant les principes et droits fondamentaux au travail : liberté syndicale et droit d’organisation ; interdiction du travail forcé ou obligatoire ; droit de négociation collective ; interdiction et action immédiate en vue de l’élimination des pires formes de travail des enfants et pour mettre fin au travail des enfants ; et égalité de rémunération entre hommes et femmes pour un travail de valeur égale.

Les jeunes syndicalistes enseignant(e)s s’engagent à informer leurs collègues sur leurs droits et à accroître la qualité de l’éducation

Les participant(e)s ont émis des commentaires positifs sur l’atelier. Ils se sentent à présent mieux armés et prêts à souffler un vent de changement dans leurs syndicats respectifs, à l’appui des informations recueillies et des échanges menés lors de l’atelier.

Tiffany Hinds, représentant le Guyana Teachers’ Union (GTU), s’est déclarée « motivée par le fait que des organisations soient disposées à offrir une formation aux jeunes membres des syndicats, assurant ainsi la bonne continuité du mouvement syndical ».

Notant la grande variété des compétences et des concepts transmis aux participant(e)s, leur permettant de s’impliquer activement dans l’effort de renforcement des capacités du GTU, elle a également insisté sur la planification à long terme de visites auprès de l’Institut de formation des maîtres de Guyane, dans le but d’encourager les enseignant(e)s nouvellement formé(e)s à rejoindre les rangs du GTU et de les informer sur leurs droits et responsabilités. L’équipe guyanaise apprécie vivement la collaboration entre l’IE et le CUT dans le contexte de cette session de formation initiale fructueuse en faveur des jeunes leaders, a-t-elle conclu.

« Tout d’abord, je tiens à féliciter l’IE et le CUT pour cet atelier incroyable », a déclaré Xiomara Cadogan, représentant Bond van Leraren (BvL) au Suriname. Et d’ajouter : « Ce qui m’a motivée à participer à cette formation, c’est principalement parce qu’aujourd’hui, au Suriname, la question de la reconnaissance syndicale est très complexe. La voix des enseignant(e)s se perd et je veux apporter mon soutien afin qu’elle ne se perde pas définitivement », a-t-elle ajouté, avant d’insister :

Chacune des sessions de l’atelier est extrêmement importante pour notre pays, dès lors que les dirigeants syndicaux vieillissent et d’autres personnes doivent se lever et prendre leur relais, sans quoi « le mouvement syndical des enseignant(e)s court à sa perte au Suriname ».

Elle a également fait savoir qu’aux côtés de certains collègues ayant participé à l’atelier, des ateliers de « formation de formateurs » avaient été planifiés dans différentes régions de leur pays et que ces ateliers seraient conduits sur le principe de l’atelier organisé par l’IE/CUT. Le seul obstacle auquel nous nous heurtons, a-t-elle reconnu, est un obstacle linguistique : les séances étaient toutes proposées en anglais à l’origine, il nous faut donc traduire le tout en néerlandais, langue officielle du Suriname, ce qui demandera un peu plus de temps en amont.

« Je voulais en savoir plus sur ce que je pouvais faire, en tant que jeune leader, pour mon syndicat. Dans notre pays, les enseignants ont seulement connaissance de leurs devoirs ; j’ai donc voulu en apprendre davantage sur leurs droits », explique Angoelal Bryan Akash, lui aussi jeune membre d’un syndicat d’enseignant(e)s au Suriname.Dès lors, a-t-il déploré, les droits des enseignant(e)s sont souvent étouffés et les salaires sont faibles.

Je ferai connaître leurs droits aux membres du syndicat, et ils pourront ainsi défendre leurs propres intérêts, a-t-il souligné : « J’apprendrai aux enseignants enthousiastes à convaincre ceux qui sont encore sceptiques ou inquiets qu’ils ne sont pas des esclaves, mais des personnes possédant des droits. Ils doivent savoir que les droits de l’homme équivalent aux droits syndicaux. »