La priorité d’aujourd’hui: l’avenir des politiques finlandaises en matière d’éducation

La foire commerciale annuelle Educa, organisée par le syndicat Opetusalan Ammattijärjestö (OAJ), l’un des affiliés nationaux de l’Internationale de l’Education (IE), rassemblera des milliers d’enseignant·e·s et de décideur·euse·s politiques finlandais·e·s du secteur de l’éducation.

La foire Educa, le plus grand événement du secteur de l’éducation en Finlande et dans toute la région nordique, devrait rassembler plus de 17.000 enseignant·e·s finlandais·es dans la capitale, Helsinki, les 25 et 26 janvier. 

L’un des moments clés de cet événement sera la tenue d’un panel auquel participeront des personnalités politiques reconnues, qui seront interpellées sur l’avenir de l’éducation, de la formation et de la recherche. 

SuviPulkkinen, la conseillère spéciale de l’OAJ, se réjouit d’assister à ce débat électoral: « Les élections législatives finlandaises ont lieu en avril. C’est donc le moment parfait pour intégrer les politiques en matière d’éducation dans le débat et dans les programmes des partis politiques. Ce débat s'axera sur la manière dont les partis politiques prévoient de développer l’éducation et sur les sommes qu’ils sont disposés à consacrer à ce domaine. » 

Coopération permanente entre l’OAJ et les décideur·euse·s politiques 

Le syndicat de l’éducation coopère de la même manière avec tous les partis pendant la période électorale.  

« Nous entretenons de façon générale de bonnes relations avec le gouvernement. La communication avec l’actuel ministre de l’Education et son cabinet est excellente. Cet élément est particulièrement important, car il nous permet de discuter de plusieurs réformes importantes et de les mettre en œuvre de manière collaborative », a indiqué SuviPulkkinen.  

Selon elle, les décideur·euse·s politiques considèrent les enseignant·e·s comme des parties prenantes clés et comprennent que leur soutien est nécessaire pour garantir le succès des réformes.  

« Educa est donc une excellente occasion pour les responsables politiques de confronter les idées de leur parti à un vaste panel d’enseignants, en étant entourés par les médias », a souligné la conseillère spéciale. 

Tourner la page d’une longue période de réductions budgétaires dans l’éducation  

Même en Finlande, la coopération entre les syndicats d’enseignants et les responsables politiques n’a pas toujours été harmonieuse.  

« Les politiques d’éducation des deux derniers gouvernements étaient dictées par le budget et des réformes ont été menées aux dépens des enseignants. Les réductions budgétaires majeures ont laissé des traces », a regretté SuviPulkkinen.  

A titre d’exemple, même si lors de la campagne électorale précédente, l’ensemble des dirigeant·e·s des partis politiques ont promis à l’occasion d’Educa que les budgets dédiés à l’éducation ne seraient pas réduits, le financement de l’enseignement professionnel a été amputé de plus de 20 %.  

« Il sera intéressant d’entendre les promesses que les dirigeants des partis politiques sont prêts à formuler en matière d’éducation », a noté SuviPulkkinen. 

L’OAJ prend la défense des enseignant·e·s 

Malgré un budget restreint, des réformes positives ont été entreprises dans le pays.  

La structure du personnel de l’éducation de la petite enfance a notamment été réformée pour garantir que davantage d’enseignant·e·s titulaires d’un diplôme universitaire travaillent dans les garderies. En outre, le nombre de langues étrangères enseignées dans l’enseignement fondamental a été revu à la hausse, et les élèves des établissements du deuxième cycle de l’enseignement secondaire ont reçu le droit d’accéder à l’enseignement spécialisé. 

« L’OAJ a été très actif dans l’élaboration de nouvelles politiques. Nous avons apporté des solutions pratiques en nous basant sur notre expertise de haut niveau concernant les problèmes rencontrés par les partis politiques », a expliqué SuviPulkkinen.  

L’OAJ a par exemple proposé de prolonger l’enseignement obligatoire, une question qui a soulevé de nombreuses discussions et à laquelle le nouveau gouvernement devrait répondre.  

« Nous nous sommes montrés proactifs dans ce débat. Nous sommes quasiment certains que les deux années d'enseignement préprimaire et la prolongation de l’enseignement obligatoire applicable au deuxième cycle de l’enseignement secondaire seront les questions de politique d’enseignement les plus brûlantes lors de ces élections », a prédit SuviPulkkinen. 

L’éducation est un élément essentiel pour résoudre des problèmes sociétaux majeurs 

La campagne électorale de l’OAJ est en outre axée sur les solutions. Avec pour thème Koulutus ratkaisee (l’éducation résout les problèmes), la campagne de l’OAJ met en lumière le rôle de l’éducation en tant que moyen de résoudre les problèmes sociétaux majeurs.  

« Qu’il s’agisse de la disponibilité de la main-d’œuvre, de la marginalisation, des divisions au sein de la société ou du changement climatique, aucun problème ne peut être résolu sans une éducation, une formation, des sciences et une recherche de haute qualité alimentées par des ressources suffisantes. C’est pour cette raison qu’il est nécessaire d’investir dans l’éducation et de donner aux enseignants la possibilité de faire leur travail correctement », a déclaré SuviPulkkinen. 

« L’heure de l’enseignement a sonné » 

L’OAJ entend faire de l’importance de l’éducation une question clé des débats pendant les élections législatives, que ce soit du point de vue de l’immigration ou de la politique du travail.  

A l’occasion d’Educa, SuviPulkkinen écoutera attentivement les promesses des dirigeant·e·s des partis politiques au cours du débat. « Les promesses en l’air et les paroles sans lendemain dans la perspective des élections ne suffisent pas. Nous n’accorderons véritablement notre confiance que lorsque le programme du gouvernement sera décidé. » 

« Nous pensons que l’heure de l’enseignement a sonné et nous estimons que les politiques de nombreux partis en matière d’éducation sont excellentes. Les idées ne peuvent toutefois pas s’arrêter aux programmes politiques: elles doivent être concrétisées. Il ne fait aucun doute que les professionnels du secteur de l’éducation sont prêts à demander des comptes aux décideurs politiques si les ressources en matière d’éducation ne sont pas renforcées. J’espère que le public sera également clair sur ce point à l’occasion d’Educa », a-t-elle conclu.