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Conseil des Global Unions | COVID-19: il faut prendre des mesures urgentes pour protéger les lieux de travail et relancer l’économie

La propagation rapide et généralisée du virus SARS-CoV-2 et de la maladie COVID-19 qu’il provoque appelle une réponse mondiale urgente pour protéger la santé des individus et stimuler l’économie. Gouvernements et employeurs doivent prendre des mesures pour protéger les travailleur·euse·s et prévenir la contagion sur les lieux de travail.

Le Fonds monétaire international a averti que le COVID-19 pourrait provoquer un crash économique similaire à la récession de 2008. Il apparaît clairement que les gouvernements doivent agir ensemble et par le biais des institutions multilatérales pour soutenir l’économie et protéger l’emploi des travailleur·euse·s. L’économie mondiale a besoin d’un plan de relance ayant une incidence sur l’économie réelle, les travailleur·euse·s et les petites entreprises, et privilégiant l’emploi, les moyens de subsistance et les communautés. Il est essentiel de soutenir les revenus de l’ensemble des travailleur·euse·s: personnels migrants, précarisés, jobistes, informels, à temps partiel, ainsi que les non-résidents.
 
Les travailleur·euse·s constituent le groupe le plus exposé aux répercussions économiques, sociales et sanitaires du COVID-19. Ne pas les protéger contribuera à augmenter la propagation de la maladie. Des dispositions spéciales doivent être prises pour étendre immédiatement les droits aux congés de maladie aux travailleur·euse·s qui n’y ont pas droit, améliorer les dispositions existantes dans ce domaine et faire en sorte que les conditions et autres modalités de travail puissent assurer leur protection.
 
Les travailleur·euse·s dont l’emploi dépend d’une entreprise-plateforme doivent pouvoir bénéficier d’un système de protection sociale et d’indemnisation, assuré par un fonds alimenté par l’entreprise-plateforme elle-même.
 
Le monde est face à une crise imminente et probablement de grande envergure. La propagation du virus dans les pays les plus pauvres, où les infrastructures et les installations sanitaires viennent à manquer, risque d’avoir des conséquences dramatiques pour des millions de personnes. D’autre part, les énormes pressions que fait peser le COVID-19 sur les systèmes de santé sont susceptibles d’entraîner de nouveaux problèmes de santé publique.
 
Si les travailleur·euse·s de tous les secteurs sont exposé·e·s au risque, ce sont les personnels des services de soins et de santé qui seront les premiers à devoir supporter le poids des demandes immédiates en matière de prévention et de traitement. Dans nombre de pays, les soins de santé sont sous-financés ou inexistants. Y compris les pays les plus performants en matière de soins de santé auront du mal à maîtriser les conséquences du COVID-19. La réponse mondiale doit accorder à cette problématique une place centrale.
 
Alors que l’impact du virus gagne du terrain, le dialogue entre syndicats, employeurs et gouvernements, ainsi que la négociation collective, sont d’une importance capitale pour protéger la santé des travailleur·euse·s et leurs droits sur les lieux de travail.
 
Il appartient aux gouvernements de relever le défi, ils doivent faire face à la crise que traverse le monde aujourd’hui et préparer et prévenir les crises sanitaires de demain. À cet égard, les travailleur·euse·s et leurs environnements professionnels occupent une place centrale.
 
Le Conseil des Global Unions, représentant 200 millions de travailleur·euse·s à travers le monde, appelle les gouvernements à:
• Étendre immédiatement les droits aux congés de maladie, assurer le maintien des salaires et étendre les protections sociales à l’ensemble des travailleur·euse·s, notamment les personnels formels, informels, précarisés, jobistes, quel que soit leur statut professionnel.
• Adopter des plans de relance prévoyant des budgets publics pour soutenir l’emploi et l’économie, protéger les salaires et le bien-être des travailleur·euse·s, ainsi que les petites et moyennes entreprises.
• Coopérer et travailler avec les institutions multilatérales et augmenter l’aide aux pays ne disposant pas de moyens suffisants pour faire face à la menace que représente le COVID-19 et faire en sorte que les institutions financières multilatérales évaluent la nature des besoins nationaux et y répondent adéquatement.
 
Le Conseil des Global Unions appelle les employeurs à:
• Reconnaître les syndicats et négocier avec ces derniers en vue d’identifier les menaces qui pèsent sur la santé, les droits et le bien-être des travailleur·euse·s, et définir et introduire des mesures sur les lieux de travail.
• Reconnaître et exercer leur devoir de diligence à l’égard de l’ensemble des travailleur·euse·s de leurs entreprises et des chaînes d’approvisionnement et maintenir les contrats avec les fournisseurs en accordant la priorité au bien-être et aux droits de leurs travailleur·euse·s dans le cadre des réponses apportées aux menaces du COVID-19.
• Impliquer les représentants des travailleur·euse·s dans les processus visant à identifier, prévenir, atténuer et prendre en compte les menaces du COVID-19, ainsi que dans l’évaluation des réponses des gouvernements et des employeurs.
• Veiller à ce que des plans et des mesures de protection sanitaire soient mis en place et respectés à la lettre.
• Protéger les salaires et garantir que l’ensemble des travailleur·euse·s perçoivent l’intégralité de leurs rémunérations, au travers de divers moyens décidés en concertation dans le cadre de la négociation collective.
• Garantir les congés payés, sous la forme d’indemnités de maladie ou de vacances dès le premier jour de la mise en indisponibilité, pour l’ensemble des travailleur·euse·s menacé·e·s ou infecté·e·s par le COVID-19.
• Créer un fonds d’indemnisation pour l’ensemble des travailleur·euse·s, y compris dans le cas des formes de contrat d’emploi et de travail non conventionnelles, directement concernées par les effets négatifs du COVID-19 et des mesures associées.
• Offrir des environnements professionnels et des conditions de travail adaptés et responsables à l’ensemble des travailleur·euse·s.
 
Si nécessaire, chaque travailleur·euse doit pouvoir bénéficier gratuitement de tests médicaux, de traitements, de formations, d’équipements et d’installations pour les formations, en particulier le personnel des services médicaux. Une attention spéciale doit être accordée à la situation des travailleur·euse·s migrant·e·s, la plupart étant particulièrement vulnérables. La vie privée et les informations personnelles des travailleur·euse·s doivent être protégées lorsqu’il·elle·s se soumettent à des examens et autres tests médicaux dans le cadre des mesures qui sont prises pour répondre à la menace du COVID-19. Les travailleur·euse·s doivent pouvoir reprendre leur travail habituel aussitôt que possible, au cas où des mesures de confinement locales et/ou nationales les en empêchent financièrement ou logistiquement.