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Allègement d’urgence de la dette pour tous les pays à faible revenu dès maintenant !

Le conseil d’administration du Fonds monétaire international a annoncé hier qu’il avait approuvé un allègement immédiat de la dette des 25 pays les plus pauvres du monde pour aider à faire face à l’impact de la pandémie de COVID-19.

Un allègement de la dette a été accordé aux pays suivants : Afghanistan, Bénin, Burkina Faso, République centrafricaine, Comores, Congo, R.D., Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Haïti, Liberia, Madagascar, Malawi, Mali, Mozambique, Népal, Niger, Rwanda, Sao Tomé-et-Principe, Sierra Leone, Îles Salomon, Tadjikistan, Tchad, Togo et Yémen.

Des subventions seront accordées pour couvrir les obligations du Fonds monétaire international (FMI) pendant une phase initiale de six mois, dans le cadre du Fonds fiduciaire pour l’endiguement et l’allègement des catastrophes. Le FMI a exhorté les pays donateurs à contribuer davantage à ce fonds, qui peut actuellement fournir environ 500 millions de dollars d’allègement de la dette.

L’Internationale de l’Éducation se félicite de cette initiative, qui est essentielle pour permettre aux pays les plus pauvres de protéger leurs citoyen∙ne∙s et de garantir leurs droits pendant la crise du coronavirus. L’allègement de la dette permet aux gouvernements de consacrer de l’argent à des services publics essentiels tels que la santé, l’éducation et la protection sociale, au lieu d’assurer le remboursement de la dette.

Cependant, l’Internationale de l’Éducation demande instamment au FMI d’aller plus loin et d’annuler la dette d’un plus grand nombre de pays et pour plus longtemps, et au G20 de suivre cet exemple et de s’engager à annuler la dette bilatérale officielle lors de sa réunion de cette semaine. Sans un allègement plus important de la dette, de nombreux gouvernements à faible revenu seront contraints de continuer à assurer le remboursement de la dette internationale au lieu de prendre les mesures nécessaires pour protéger leurs citoyen∙ne∙s des effets de COVID-19. Il est important de noter que le remboursement de la dette compromettait la capacité des gouvernements à garantir les droits à la santé et à l’éducation avant même la pandémie ; selon la campagne du Jubilé de la dette (en anglais), 64 pays à faible revenu dépensent plus pour le paiement de la dette extérieure que pour les soins de santé. Parallèlement, les dépenses d’éducation dépendent souvent du niveau de remboursement de la dette. Au Niger, par exemple, une augmentation de 31 % du remboursement de la dette a entraîné une diminution de 41 % des dépenses d’éducation au cours de la période 2015-2017 (Eurodad, 2020).

L’Internationale de l’Éducation, avec plus de 200 organisations de la société civile, a demandé l’annulation permanente de tous les paiements de la dette extérieure en 2020 (lien en anglais). En outre, nous aimerions voir un plan d’allègement systématique et complet de la dette à l’avenir pour résoudre la crise de la dette afin qu’aucun pays ne soit accablé par une dette insoutenable.

La semaine dernière, l’Internationale de l’Éducation s’est jointe à la Confédération syndicale internationale pour demander aux institutions financières internationales d’apporter une réponse globale, rapide et humaine à la crise du COVID-19 aux multiples facettes. Cela exige du FMI et de la Banque mondiale qu’ils élaborent un plan clair pour coordonner un allègement important de la dette, mais aussi pour protéger les emplois et l’économie réelle et prendre des mesures rapides pour soutenir la santé, l’éducation et la protection sociale. Alors que les réunions de printemps sont en cours, l’Internationale de l’Éducation exhorte les institutions financières internationales à ne pas manquer cette occasion de prendre des mesures décisives pour soutenir tous les pays afin de protéger leurs citoyen∙ne∙s pendant cette crise mondiale. Nous demandons également aux ministres des Finances des pays donateurs de faire preuve de leadership et de solidarité en répondant à l’appel du FMI à augmenter les contributions au Fonds fiduciaire pour l’endiguement et l’allègement des catastrophes, qui est sous-financé.