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Kenya : le syndicat poursuit deux dirigeant·e·s universitaires pour la réduction des salaires des universitaires

Au Kenya, l’Universities Academic Staff Union a poursuivi les vice-chancelier·e·s de deux universités en justice pour des réductions de salaires de professeur·e·s, qui avaient été précédemment suspendues par un juge.

Le 8 juillet, la Cour de l’Emploi et des Relations de travail de Nairobi, au Kenya, entendra les détails d’une affaire portée par l’Universities Academic Staff Union (UASU) contre les vice-chancelier·e·s (VC) de deux universités publiques à Egerton et Kisii. Les universités ont fortement réduit les salaires de 877 professeur·e·s, justifiant ces réductions par des difficultés de financement.
 
L’UASU demande au tribunal d’emprisonner le professeur VC John Akama de l’université de Kisii et la professeure VC Rose Mwonya de l’université d’Egerton pour avoir désobéi aux ordres du tribunal de suspendre les réductions du 22 mai.
 
Circulaires 
 
Le tribunal ordonne la suspension des circulaires adoptées par les VC. Dans son témoignage, le syndicat présentera les circulaires qui ont été élaborées sans consultation avec le syndicat de l’éducation :
  • La professeure Mwonya a envoyé une circulaire, datée du 13 mai, à tous les membres du personnel au sujet de la réduction des salaires, indiquant : « En raison de la pandémie de COVID-19 qui a touché l’ensemble du pays, l’université n’est pas en mesure de générer suffisamment de fonds en interne pour pouvoir payer les salaires du mois d’avril 2020 ». Elle a ajouté que le manque de fonds pourrait persister pendant toute la durée de la pandémie. Mwonya a déclaré que le conseil d’administration a décidé que les fonds disponibles seraient versés comme suit : le personnel de grade 5-19 recevrait 60 % de sa rémunération normale, tandis que le personnel de grade 1-4 recevrait 100 % de son salaire.
  • Le 11 mai, le professeur Akama a envoyé une circulaire à tout le personnel disant que l’université de Kisii n’était pas en mesure de payer les salaires complets d’avril 2020. Il a déclaré que l’institution avait reçu 90.706.363 KSh (environ 752.590 €) alors que la masse salariale totale, si les salaires étaient payés dans leur intégralité, s’élevait à 147.331.149,02 KSh (environ 1.222.395 €), ce qui entraînait un déficit de 56.624.786,02 KSh (environ 469.810 €).
 
Conditions d’emprisonnement
 
L’UASU a souligné que les deux VC connaissaient les ordonnances du tribunal mais les ont ignorées. Ainsi, les VC devraient être emprisonné·e·s pour une période n’excédant pas six mois, ou être condamné·e·s à payer une amende de 200.000 KSh chacun (environ 1.600 €).
 
Le syndicat a déploré le fait que Mwonya ait appliqué une réduction de salaire de 40 % à 581 membres du personnel académique, alors que Akama n’a pas versé de salaire à 296 membres du personnel académique.
 
Les deux VC étaient représenté·e·s au tribunal lorsque les ordonnances suspendant la mise en œuvre de la réduction de salaire de 40 % ont été rendues. En outre, aucun des deux VC n’a fait appel de la décision de justice suspendant les réductions de salaire, de sorte que les décisions de justice doivent être mises en œuvre, selon le syndicat.
 
L’UASU a également insisté sur le fait que la rétention continue des salaires des professeur·e·s leur cause « des difficultés économiques et de l’angoisse car ils sont incapables de subvenir à leurs besoins quotidiens ». 
 
Il considère qu’il s’agit d’une violation de la Constitution kenyane, de la législation, des conventions collectives et des contrats de travail du personnel universitaire. 
 
Revendications syndicales
 
Il exige également que les deux VC assistent personnellement à l’audience du 8 juillet et que le tribunal émette :
  • Une déclaration selon laquelle les circulaires des VC des 11 et 13 mai sur les réductions de salaires sont inconstitutionnelles, nulles et non avenues en raison des articles 10, 41, 47 et 232 de la Constitution, de la loi sur les universités n° 42 de 2012 et de la loi sur l’emploi de 2017.
  • Une déclaration selon laquelle les VC ont violé les droits constitutionnels de l’UASU en vertu des articles 10, 41, 47 et 232 de la Constitution.
  • Une injonction permanente contre la mise en œuvre des circulaires des 11 et 13 mai sans prise en compte de l’apport du syndicat, que ce soit par les VC, leurs agents, leurs fonctionnaires ou quiconque agissant en leur nom. 
 
Le syndicat réclame une augmentation du financement public 
 
Pendant la pandémie de COVID-19, l’UASU a publié une feuille de route pour la réouverture en toute sécurité des établissements d’enseignement et des universités du Kenya. Le syndicat de l’enseignement supérieur a reconnu que les revenus des universités avaient été gravement affectés et que le gouvernement devait renflouer les universités publiques. 
 
Il a exhorté les autorités publiques à le faire en :
  • Augmentant le financement des universités publiques d’environ 35 milliards KSh (environ 292 millions €) pour soutenir la recherche, les infrastructures informatiques, les mesures de distanciation sociale et la rémunération du personnel.
  • Fournissant au moins 35 milliards de KSh au Fonds de stabilisation de l’enseignement universitaire public, qui est distribué directement aux universités publiques.