Ei-iE

Conférence des Nations Unies sur la condition de la femme : nous devons agir pour faire de l'égalité des genres à l'ère numérique une réalité

Publié 29 mars 2023 Mis à jour 29 juin 2023

La 67è session de la Commission de la condition de la femme (CSW67) organisée à New York du 6 au 17 mars s’est soldée par l’adoption de conclusions reconnaissant le rôle essentiel de la technologie et de l’innovation dans la réalisation de l’égalité entre les femmes et les hommes ainsi que les obstacles qui entravent cette égalité à l’ère numérique.

Conclusions concertées

Long de 31 pages, le texte a été finalisé tard dans la nuit du dernier jour, après plus d’une semaine d’intenses négociations. Le document met l’accent sur le thème prioritaire de cette année, « Innovation et évolution technologique, et éducation à l’ère du numérique aux fins de la réalisation de l’égalité des genres et de l’avancement de toutes les femmes et de toutes les filles ». Il réaffirme les messages politiques précédemment convenus, renvoie aux instruments de politique internationale en vigueur et fait progresser les politiques en intégrant une nouvelle terminologie concernant la réduction de la fracture numérique entre les genres.

Les négociations se sont heurtées à une solide opposition s’employant à affaiblir les formulations relatives aux droits des femmes au travail, mais les efforts des gouvernements progressistes et le plaidoyer du mouvement syndical, avec le soutien de l’OIT, ont permis d’aboutir à un texte final appelant à des politiques du travail qui respectent les normes de l’OIT, le travail décent et l’emploi de qualité pour les femmes, le principe de salaire égal pour un travail de valeur égale, le droit d’association et de négociation collective et l’élimination du harcèlement sexuel et des pratiques discriminatoires dans le cadre de l’évolution de la carrière.

Le rôle essentiel de l’éducation

Le texte inclut des dispositions importantes sur l’éducation. Il réaffirme la nécessité d’assurer l’accès à une éducation de qualité inclusive et équitable, y compris aux compétences numériques, et souligne les obstacles sexospécifiques multiples qui empêchent les filles d’exercer leur droit à l’éducation sur un pied d’égalité.

Fait important – qui s’inscrit d’ailleurs dans le droit fil de la campagne de l’IE "La force du public : Ensemble on fait école !" – les conclusions appellent à « investir dans l’enseignement public et dans les infrastructures ». Elles mettent l’accent sur la garantie d’un accès universel à l’enseignement primaire et secondaire gratuit et obligatoire et encouragent les gouvernements à s’efforcer d’assurer l’achèvement universel de l’éducation de la petite enfance, de l’enseignement primaire et de l’enseignement secondaire, ainsi que le développement de la formation technique et professionnelle pour toutes les femmes et toutes les filles. Les conclusions appellent en outre à investir dans des ressources d’apprentissage publiques numériques accessibles et dans des environnements numériques sensibles au genre, sûrs et inclusifs pour toutes et tous.

Le document reconnaît les normes sociales négatives, les stéréotypes de genre et les obstacles systémiques et structurels au nombre des causes profondes de l’écart persistant entre les genres dans l’enseignement des disciplines STEM (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques) ; il reconnaît en outre qu’il revient aux décideurs politiques de favoriser le changement afin d’instaurer des environnements éducatifs propices.

En ce qui concerne l’enseignement, il ressort clairement que les technologies numériques ne doivent pas se subsister à l’éducation en personne, mais plutôt être utilisées dans une perspective d’amélioration et de complémentarité. Le rôle crucial des enseignant·e·s et des éducateur·rice·s est reconnu et « l’importance de renforcer leurs capacités, leurs compétences et leurs aptitudes en matière d’apprentissage en ligne et numérique en leur assurant un soutien, y compris en leur proposant les formations nécessaires et l’accès aux dispositifs, aux matériels et aux infrastructures technologiques requis » est soulignée, tout comme l’importance d’encourager des stratégies d’enseignement sensibles au genre.

Prochaines étapes

Le document final fournit un plan directeur aux gouvernements ainsi qu’aux autres parties prenantes qui aspirent à promouvoir l’égalité des genres dans le contexte du changement technologique, y compris à travers l’éducation. Toutefois, la finalisation de ce texte n’est qu’une première étape – il s’agit à présent de traduire ces conclusions dans la réalité en les mettant en œuvre. Les syndicats de l’éducation ont un rôle important à jouer dans la promotion de l’égalité entre hommes et femmes dans le secteur de l’éducation et grâce à l’éducation, aux niveaux local, national et mondial.