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L'IE s'oppose aux mécanismes de marchés proposés par l'OCDE dans le secteur de l'éducation

Publié 7 septembre 2010 Mis à jour 7 septembre 2010

Malgré des preuves incontestables de la crise économique causée par l'instabilité des marchés financiers, un nouveau rapport de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) soutient toujours une meilleure efficacité des dépenses et la recherche des mécanismes de marché ayant échoué dans le secteur de l'enseignement public.

Publié aujourd'hui, le rapport 2010 de l'OCDE Regards sur l'éducation choisit d'ignorer les résultats des excès des marchés, dont notamment les réductions massives de budgets consacrés à l'éducation, les fermetures d'écoles et les licenciements de dizaines de milliers d'enseignants dont la présence est plus que cruciale.

Il est irréfutable que l'éducation offre de nombreux avantages économiques et sociaux. Pourtant, l'OCDE défend l'idée que, dans un contexte de réductions budgétaires, seuls les systèmes éducatifs qui font preuve d'efficacité et d'efficience seront à la hauteur, et que les pays doivent trouver de nouveaux moyens d'être rentables grâce à leurs investissements éducationnels. Selon ce rapport, il est inquiétant de constater que, dans les pays ayant subi de fortes augmentations de leurs dépenses par étudiant au cours de ces dix dernières années, aucune amélioration correspondante n'ait été observée au regard de la qualité de l'apprentissage.

Le rapport fait remarquer que l'amélioration des performances des systèmes éducatifs et l'augmentation de la rentabilité constituaient les objectifs majeurs de la politique publique. Ainsi, les systèmes éducatifs qui ont tenté de fonctionner sur un modèle orienté sur l'offre devront développer des mécanismes efficaces afin de comprendre et répondre aux exigences de compétences économiques et sociales en pleine évolution.

D'après l'OCDE, le succès des systèmes éducatifs ne sera à l'avenir plus mesuré en fonction de l'ampleur des dépenses de chaque pays en matière d'éducation, ou du nombre de personnes diplômées, mais plutôt sur la base des résultats éducationnels obtenus et de leur impact sur le développement économique et social.

Dans une analyse du rapport de l'OCDE envoyée aux affiliés, le Secrétaire général de l'IE, Fred van Leeuwen, remarque : « L'IE s'inquiète de l'argument avancé par l'OCDE au regard du choix des écoles. La création d'écoles plus autonomes combinée à l'allocation de subventions fixées sur la base du nombre d'inscriptions conduiront à des programmes, un enseignement et une direction plus efficaces et plus innovants, et permettront ainsi d'améliorer les résultats. Les autres écoles, notamment celles qui rivalisent pour les mêmes étudiants, pourraient également s'améliorer en adoptant des pratiques plus novatrices. Cependant, le rapport ne prouve pas que ce soit le cas ! Nos affiliés nous témoignent du contraire. »

« Il existe de plus en plus de preuves évidentes, occultées par l'OCDE, sur la façon dont la mise en place de mécanismes de marché dans le secteur de l'éducation – tels que la concurrence entre les écoles pour les étudiants, les parents et les enseignants – est liée à la tendance émergente de tests à forts enjeux. Cette tendance restreint et simplifie la qualité de l'éducation, entraînant des inégalités et une ségrégation toujours plus fortes au sein des sociétés. »

L'importance toute particulière accordée aux résultats sociaux de l'éducation constitue la partie la mieux accueillie du rapport de l'OCDE. Etant donnée l'évidence sans cesse croissante du rôle fondamental de l’éducation dans l’amélioration de ces résultats, le rapport suggère qu'il serait intéressant que les décideurs travaillent sur l'éducation, la santé et la protection sociale, afin de prendre en compte, ensemble, les résultats sociaux de l'éducation. Il apparaît que le niveau de formation est incontestablement lié, et de façon positive, à la perception d'un bon état de santé, à l'intérêt politique, ainsi qu'à la confiance interpersonnelle. En d’autres termes, les adultes dont le niveau de formation est plus élevé sont généralement les plus susceptibles de s’estimer au moins en bonne santé, de s’intéresser d’assez près à la politique et d’avoir le sentiment qu’ils peuvent faire confiance à la plupart des gens.

Dans l'enseignement supérieur, le rapport de l'OCDE reconnaît un taux de scolarisation en constante évolution mais met néanmoins en garde contre le déséquilibre entre quantité et qualité. Alors que le nombre de diplômés du tertiaire ne cesse d’augmenter, le taux de rétention reste problématique et ce, dans tous les systèmes d'enseignement supérieur. De plus en plus d'étudiants entament un cycle de l'enseignement tertiaire, mais une grande partie d'entre eux n'en seront jamais diplômés. Il est nécessaire de poursuivre les efforts, afin de comprendre les causes de cette tendance.

En règle générale, le rapport 2010 Regards sur l'éducation offre un large aperçu des principaux indicateurs statistiques de l'OCDE et de ses pays membres. En tant que tel, il constitue une source de référence de grande valeur mettant en évidence les principales tendances. Cependant, nous devons rester vigilants face à ces messages politiques. L'IE est convaincue que les données présentées dans ce rapport ne sont valables que jusque 2008, donc bien avant la récente crise économique. Ce rapport ne renvoie donc pas l'image réelle de l'éducation « post-crise ».