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Le G20 omet de s'attaquer à l'emploi, aux inégalités et à l'exclusion

Publié 2011-02-23 Mis à jour 2011-02-23

L'IE a exprimé sa consternation face à la décision des ministres des Finances du G20 de ne pas concentrer leur réunion sur la crise mondiale de l'emploi.

Malgré les progrès réalisés dans le domaine de la réglementation financière, notamment en ce qui concerne les groupes financiers « trop grands pour faire faillite », une multitude d'organismes de réglementation nationaux garde encore trop de prérogatives, ce qui accroît le risque d'émergence de différences majeures, et potentiellement préjudiciables, entre les pays.

Les conclusions adoptées par la réunion de cette semaine des ministres des Finances du G20 incluent une série d'indicateurs liés à la reprise économique. L'emploi ne fait toutefois pas partie de cette liste.

Le texte fait peu référence à l'emploi et ne révèle aucun signe d'approche constructive dans le domaine de la lutte contre le chômage, l'approche principale de plusieurs membres du G20 consistant à se concentrer presque exclusivement sur la réduction des dépenses publiques.

« Les responsables du G20 qui se réuniront dans le courant de l'année sont confrontés à un énorme défi en ce qui concerne l'emploi mondial. Malheureusement, leurs ministres des Finances leur ont vraiment fait faux bond, et un travail considérable doit maintenant être réalisé afin de rattraper le temps perdu », a déclaré la Secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale (CSI), Sharan Burrow.

Bien que la réunion n'ait pas explicitement approuvé une taxe sur les transactions financières, soutenue par l'IE et réclamée par l'hôte actuel du G20, le Président français Nicolas Sarkozy, les références aux « prélèvements systémiques » représentent un pas encourageant dans la bonne direction.

Selon le Secrétaire général de la Commission syndicale consultative auprès de l'OCDE, John Evans : « les ministres ont commencé à prendre certaines mesures indispensables dans le domaine de la réglementation des banques et du secteur financier, mais n'ont pas montré la détermination nécessaire pour donner un coup d'arrêt à la culture obscène et dévastatrice des bonus qui a contribué à conduire le monde à la crise. »

« A l'heure où le nombre d'enseignants, leurs salaires et leurs conditions sont tous remis en question et où des millions d'enfants restent privés d'accès à une éducation de qualité, les syndicalistes enseignants plaideront pour que les dirigeants mondiaux s'attaquent à la crise de l'emploi au cours du prochain sommet du G20. Ils doivent contribuer à créer des emplois décents, en particulier dans l'éducation dans la mesure où l'UNESCO estime à 18 millions le nombre d'enseignants supplémentaires nécessaires dans le monde », a promis le Secrétaire général de l'IE, Fred van Leeuwen.