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Jordanie: renouvellement des engagements en faveur de l’éducation des étudiant(e)s réfugié(e)s

Publié 11 décembre 2014 Mis à jour 17 décembre 2014

Confrontées au problème de la scolarisation des populations réfugiées, qui ne cessent de croître, les autorités éducatives arabes ont décidé de collaborer avec la communauté internationale en vue de permettre à l’ensemble des enfants réfugiés d’aller à l’école.

Le dernier jour de la conférence de la Structure interrégionale des Pays arabes (SIRPA) de l’Internationale de l’Education (IE), réunie à Amman en Jordanie, quelque 90 délégué(e)s en provenance de 13 pays de la région arabe se sont penché(e)s sur la crise des réfugié(e)s, ne montrant toujours aucun signe d’apaisement.

« Sur les 480.000 enfants réfugiés syriens recensés au Liban, seuls 100.000 d’entre eux sont inscrits dans les écoles publiques du pays », a déclaré Majid El Ayli du Teachers’ Syndicate of Lebanon.

Si les participant(e)s ont salué le fait que bon nombre d’Etats arabes voisins de pays en conflit accueillaient dans leurs écoles des enfants réfugiés, provenant majoritairement de Palestine, d’Iran et désormais de Syrie, ils/elles ont également soutenu que les gouvernements devaient prendre davantage de mesures pour garantir que les enfants bénéficient d’une éducation de qualité, malgré leur situation difficile.

Khaled Alhabahbeh, du Jordanian General Union of workers in Teaching(GUWT), a expliqué que la Jordanie comptait actuellement plus de 600.000 réfugié(e)s et que sur l’ensemble des élèves scolarisés dans les écoles publiques du pays, 12 pour cent étaient des enfants réfugiés. Pour sa part, Hanan Faraj, de l’ Iraqi Teachers’ Union(ITU), a mis en lumière les problèmes de sécurité auxquels sont confrontés les enfants exclus des systèmes éducatifs et a condamné la situation dans laquelle se trouvent les jeunes filles réfugiées, embrigadées dans le trafic des êtres humains et vendues sur les marchés, telles du bétail.

Afin d’obtenir davantage de soutien, la SIRPA fait appel à l’IE et à d’autres organisations internationales pour l’aider, en particulier, à combler ses besoins urgents en infrastructures éducatives et en manuels scolaires, et à répondre aux besoins de base des réfugié(e)s, notamment en nourriture et en vêtements.

Garantir une véritable égalité des genres

Lorsque les participant(e)s ont abordé la question de l’égalité des genres, soulignant la nécessité de prévoir des quotas et des formations dans ce domaine pour l’ensemble des syndicalistes, ainsi que des formations consacrées au développement des capacités pour les femmes syndicalistes, May-Britt Heimsaeter, de l’ Union of Educators Norway, a fait part de l’expérience de son organisation syndicale.

« Il aura fallu attendre plus de cent ans avant que mon syndicat établisse des structures tenant compte de l’égalité des genres », a-t-elle précisé. « Au début, nous avions même deux syndicats séparés, l’un représentant les hommes, l’autre les femmes. Aujourd’hui, nous souhaitons instaurer un quota de 50 pour cent de femmes aux postes décisionnels de notre syndicat. »

Lydia Karam, de la Ligue des Professeurs de l’Enseignement Supérieur Public du Liban (LPESPL), a souligné que « la situation des femmes syndicalistes est extrêmement variable au sein de la région arabe car elle dépend de la place accordée à l’égalité des genres et au droit des filles à l’éducation ». « En tant que femmes, nous devons sans cesse lutter pour faire valoir nos droits, alors que les hommes jouissent de ce privilège depuis leur naissance », a-t-elle déclaré, en soulignant que « ce qu’il nous faut, ce sont des changements politiques, pas uniquement théoriques ».

La représentante du Yemen Teachers Syndicate, Nabilah Alhakimi, a insisté sur « le rôle important que peuvent jouer les femmes yéménites pour apporter des changements au sein des syndicats et de la société, ainsi qu’au niveau du dialogue national ». Elle a rappelé que son syndicat soutenait l’idée d’instaurer un quota de 30 pour cent de femmes aux postes décisionnels, mais a cependant regretté que 74 pour cent des filles et des femmes du pays soient toujours analphabètes, en particulier dans les régions enclavées. « Les femmes semblent toujours mieux considérées en tant qu’électrices qu’en tant que candidates. »

Elections

Avant la clôture de la conférence, la SIRPA a tenu des élections, qui ont permis à huit nouveaux/elles membres de rejoindre le comité qui en comporte neuf. Le Président Taher Dhaker conserve son poste et Rawan Haddad a été élue Vice-présidente.

De plus amples informations concernant le nom de l’ensemble des nouveaux/elles membres du Comité seront disponibles sur la page SIRPA de l’IE ici.