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L’organe principal des Nations Unies en charge de la défense des droits de l’Homme fait passer les élèves avant le profit

Publié 8 juillet 2016 Mis à jour 11 juillet 2016

Une résolution de référence du Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies indique clairement que l’éducation publique est un facteur essentiel de la cohésion sociale et exhorte les gouvernements à augmenter les investissements afin de garantir que l’éducation demeure un bien public.

En reconnaissant « qu’il importe au plus haut point d’investir dans l’enseignement public en utilisant au maximum les ressources disponibles », la résolution adoptée lors de la 32e session du Conseil des droits de l’Homme ( CDH) des Nations Unies exhorte en outre tous les Etats à veiller à ce que « les politiques et programmes d’enseignement soient conformes aux normes et principes relatifs aux droits humains ».

« Cette résolution réaffirme que l’enseignement public est au fondement des droits humains universels », a déclaré Fred van Leeuwen, Secrétaire général de l’Internationale de l’Education (IE). « Elle attribue explicitement la responsabilité en matière de réglementation aux gouvernements qui doivent faire en sorte que le droit à l’éducation soit garanti et que l’enseignement de qualité public et gratuit ne soit pas soumise à la logique du profit », a-t-il précisé.

Représentant 32,5 millions d’employé(e)s du secteur de l’éducation à travers le monde, l’IE se félicite que la résolution reflète l’Objectif de développement durable (ODD) n°4 et les cibles connexes qui visent à « assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et [à] promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie » et à ce que « toutes les filles et tous les garçons suivent, sur un pied d’égalité, un cycle complet d’enseignement primaire et secondaire gratuit et de qualité ». La poursuite de cet objectif se révèle dans l’exigence faite aux gouvernements d’établir un cadre réglementaire qui « renforce l’accès des victimes de violations du droit à l’éducation à des voies de recours et à des réparations appropriées ».

Tout en faisant de l’éducation de qualité le critère de référence dans le cadre d’une réglementation pour la prestation de services d’éducation, la résolution réaffirme la nécessité de « corrige[r] toute incidence négative de la commercialisation de l’éducation ».

« La réglementation de l’éducation doit tout simplement reconnaître et protéger le droit à l’éducation et dès lors considérer l’enseignement comme un bien public », a déclaré Angelo Gavrielatos de l’IE.

En appelant les Etats à « demander des comptes à ceux dont les pratiques entravent la jouissance du droit à l’éducation », la résolution appelle à un l’instauration d’un cadre réglementaire qui garantisse le respect des « obligations internationales relatives aux droits humains. »

« Le CDH a lancé un message sans équivoque à la Banque mondiale, au département du Développement international (DFID) du Royaume-Uni, aux entreprises d’édu-business et à leurs bailleurs de fonds philanthropiques: en tant que droit humain, l’éducation doit être accessible gratuitement et l’intérêt des élèves doit prévaloir sur la logique du profit », a déclaré Gavrielatos.

S’associant aux 47 Etats membres du CDH qui ont voté à l’unanimité l’adoption de la résolution, l’IE appelle tous les gouvernements à suivre leur consensus et à adopter les recommandations de la résolution.