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Ouganda: fermetures d’écoles, un sale coup pour une chaîne commerciale

Publié 29 juillet 2016 Mis à jour 1 août 2016

Bridge International Academies semble perdre son ancrage en Ouganda à la suite de la décision du gouvernement de fermer 87 écoles primaires payantes, dont celles appartenant à Bridge, au motif qu’elles ne sont pas conformes aux normes minimales et à la réglementation.

La fermeture avec effet immédiat des écoles primaires privées dans le district de Jinja a été décrétée le 11 juillet par l’inspecteur scolaire du district, selon le quotidien ougandais Daily Monitor.

Niveau inférieur aux normes

Le rapport indiquait que les établissements scolaires ne répondaient pas aux « normes minimales prescrites par le Ministère de l’Education et des Sports ». Son auteur poursuivait en affirmant que ces établissements n’avaient pas recruté d’enseignant(e)s qualifié(e)s, n’avaient pas obtenu les licences et ne disposaient pas des infrastructures appropriées, telles que des toilettes, des salles de classe et des salles de professeurs adéquates. Les campus de Bridge International Academies (BIA) situés dans quatre zones sont concernés par la décision de fermeture.

Affaire d’importance nationale

Le jour où les fermetures ont été annoncées, Margaret Rwabushaija, Présidente de l’ Uganda National Teachers Union(UNATU) et députée, a soulevé les mêmes préoccupations lors d’une session parlementaire. Elle a parlé d’une affaire d’importance nationale et a instamment prié le Ministère de l’Education de veiller à ce que les écoles de BIA soient rigoureusement inspectées en ce qui concerne la qualité de l’enseignement qu’elles dispensent. « Si elles ne sont pas conformes aux normes éducatives nationales, leur licence devrait leur être immédiatement retirée; à défaut, nous mettons en péril l’avenir de nos enfants », a-t-elle déclaré.

Rwabushaija a souligné que Bridge, qui a reçu voici deux ans l’autorisation de gérer une seule école en Ouganda, dirigeait récemment quelque 62 établissements scolaires. Elle a ensuite observé que Bridge emploie du personnel académique non qualifié et mal formé, qui propose un programme scolaire formaté.

IE: les gouvernements doivent mettre en œuvre un cadre législatif

L’intervention de la présidente de l’UNATU devant le Parlement fait écho à l’appel lancé par l’Internationale de l’Education (IE) à tous les gouvernements afin qu’ils mettent en place et fassent appliquer un cadre législatif permettant de dispenser une éducation de qualité conforme aux Objectifs de développement durable des Nations Unies.

L’Objectif 4 de l’Agenda 2030, qui impose aux gouvernements d’« Assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie », est renforcé par la cible 1 qui demande aux gouvernements de « faire en sorte que toutes les filles et tous les garçons suivent, sur un pied d’égalité, un cycle complet d’enseignement primaire et secondaire gratuit et de qualité, qui débouche sur un apprentissage véritablement utile ». Par ailleurs, le cadre législatif doit garantir que, lorsque des acteurs non étatiques interviennent, ceux-ci satisfassent aux normes minimales fixées aux fins de l’enregistrement. Ces normes incluent l’emploi d’enseignant(e)s qualifié(e)s, l’enseignement d’un programme conforme aux exigences nationales dans des établissements d’enseignement et des installations qui conviennent à l’organisation de cours.