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Une étude de pointe définit une réponse globale à la privatisation

Publié 20 janvier 2017 Mis à jour 23 janvier 2017

D’éminent(e)s spécialistes, analystes et dirigeant(e)s syndicaux/ales se réunissent à Bruxelles pour disséquer les mécanismes, les stratégies et les tendances de la privatisation de l’éducation dans le but de transformer la recherche en une action couronnée de succès.

La réunion du Global Response Network, organisée par l’Internationale de l’Éducation (IE), se déroule à la Maison internationale des syndicats à Bruxelles, les 19 et 20 janvier. Plus de 50 participant(e)s venu(e)s du monde entier analysent les tendances actuelles de la privatisation de l’éducation, un phénomène mondial qui infiltre les systèmes éducatifs, les sape et représente la « principale menace pour le droit à l’éducation », selon le directeur du projet, Angelo Gavrielatos, qui préside les sessions.

Une campagne réussie

La décision de lancer une réponse mondiale à la privatisation de l’éducation a été adoptée par le septième Congrès mondial de l’IE, qui en a fait une priorité. Un an et demi après le lancement de la campagne, les efforts conjoints des affiliés de l’IE et de ses partenaires ont rencontré un certain succès, selon Gavrielatos. La décision du gouvernement ougandais de fermer les écoles appartenant au groupe privé à but lucratif Bridge International Academies (BIA) en Ouganda après la publication du rapport d’une étude commandée par l’IE, qui mettait en évidence la qualité désastreuse des cours de BIA, est le meilleur exemple de cette réussite.

De l’étude à l’action

Lors de la réunion, trois orateurs/trices principaux/ales – d’éminent(e)s spécialistes et chercheurs/euses – ont fait le point sur l’état actuel de la privatisation de l’éducation. Ils ont, respectivement, analysé le cas de l’Ouganda et des Philippines, la dynamique régionale en Amérique latine et les effets des accords commerciaux sur l’éducation.

Curtis Riep, chercheur à l’Université d’Alberta, au Canada, chargé par l’IE de réaliser deux études, l’une sur l’ Ouganda(qui a conduit à la fermeture des écoles BIA) et l’autre sur les Philippines(qui analyse le cas des écoles APEC), a présenté le fonctionnement de deux grands groupes d’écoles privées à but lucratif et leur impact sur les communautés dans lesquelles elles sont établies.

Susan Robertson, chargée de cours à l’Université de Cambridge, au Royaume-Uni, a parlé des accords commerciaux et de leurs effets sur la fourniture et l’accès à un enseignement public de qualité. Les accords commerciaux traduisent l’engagement de nombreux gouvernements envers les valeurs néolibérales, a indiqué Robertson, et ils font partie d’un paradigme qui ne tient pas compte de la cohésion sociale, des inégalités croissantes et de la baisse de productivité dans les économies où il est appliqué.

La recherche menée par Toni Verger et ses collègues de l’Université de Barcelone, en Espagne, analyse la dynamique de la privatisation en Amérique latine. Verger a décrit différents types de privatisation en plein essor dans une région qui, a-t-il souligné, a connu « la plus forte poussée de privatisation de l’éducation pendant la plus longue période ».