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Rapport mondial de suivi sur l’Education pour tous 2008: Volonté politique et priorité nationale fortement nécessaires

Publié 12 mars 2008 Mis à jour 12 mars 2008

“L’aspect temps est essentiel : pour les 72 millions d’enfants non scolarisés, pour les 20 % d’adultes encore dépourvus de compétences minimales en matière d’alphabétisme et pour les nombreux élèves qui quittent l’école sans avoir acquis les compétences et connaissances nécessaires.”

Dans son avant-propos au Rapport mondial de suivi sur l’Education pour tous 2008, Koïchiro Matsuura, le Directeur général de l’UNESCO, ne pouvait être plus clair. A mi-chemin vers la date-cible de 2015, l’impact positif de l’“effet Dakar” est indéniable, mais beaucoup reste à accomplir et les efforts doivent être soutenus pour atteindre les six objectifs de l’Education Pour Tous.

Quels sont les principaux développements depuis 2000 ?

- Le Rapport, intitulé L’éducation pour tous en 2015: un objectif accessible? reconnaît que les programmes de protection et d’éducation de la petite enfance améliorent la santé, la nutrition, le bien-être et le développement cognitif des enfants. Ils compensent les difficultés et les inégalités, et amènent de meilleurs résultats à l’école primaire. La prise en charge de la protection et de l’éducation des enfants de moins de 3 ans reste un domaine négligé. Bien que les taux de mortalité infantile aient chuté, une majorité de pays n’ont pas pris les mesures nécessaires pour pourvoir à la protection et à l’éducation des enfants de moins de 3 ans.

- Des avancées ont été réalisées dans l’assurance d’un accès gratuit et obligatoire à l’éducation primaire. Le nombre d’enfants non scolarisés est passé de 96 millions à 72 millions entre 1999 et 2005. Mais malgré les augmentations globales des effectifs, il subsiste des disparités sous-nationales dans la participation scolaire entre régions, provinces ou États et entre zones urbaines et rurales. Les enfants des populations pauvres, les enfants autochtones et les enfants handicapés sont aussi systématiquement défavorisés, de même que les enfants vivant dans des taudis.

- L’objectif de garantir les besoins d’apprentissage des jeunes et des adultes a été particulièrement négligé. Les enquêtes sur les ménages montrent que l’éducation non formelle est la principale voie vers l’apprentissage pour beaucoup de jeunes et d’adultes défavorisés dans certains pays du monde les plus pauvres. Cependant les programmes d’éducation non formelle restent négligés en termes de financement public.

- L’alphabétisation des adultes reste un sérieux enjeu mondial. Au niveau mondial, 774 millions d’adultes sont dépourvus de compétences minimales en matière d’alphabétisme. 64 % environ sont des femmes, une proportion pratiquement inchangée depuis le début des années 1990. Sur les 101 pays qui sont encore loin de « l’alphabétisme universel », 72 ne réussiront pas à réduire de moitié leur taux d’analphabétisme adulte d’ici 2015.

- L’égalité entre les sexes reste problématique : les violences sexuelles, les environnements scolaires caractérisés par l’insécurité et l’inadéquation des installations sanitaires ont une incidence disproportionnée sur l’estime de soi des filles, leur participation et leur rétention. Les manuels scolaires, les programmes et les attitudes des enseignants continuent à renforcer les stéréotypes relatifs aux rôles des sexes dans la société. Seuls 59 pays disposant de données avaient réalisé la parité dans l’enseignement primaire et secondaire en 2005. Et seuls 18 pays, sur les 113 qui n’avaient pas atteint l’objectif de parité dans le primaire et le secondaire en 2005, ont une chance d’y parvenir d’ici 2015.

- La qualité de l’éducation doit encore être soutenue. Les taux de survie en dernière année du primaire se sont améliorés entre 1999 et 2004 dans la plupart des pays disposant de données, mais ils restent faibles en Afrique sub-saharienne et en Asie du Sud et de l’Ouest. Les salles de classe surchargées et délabrées, ainsi que le manque de manuels scolaires et l’insuffisance de temps consacré à l’instruction sont répandus dans de nombreux pays en développement et États fragiles. Il faudrait 18 millions d’enseignants du primaire de plus dans le monde pour atteindre l’objectif de l’enseignement primaire universel d’ici 2015. Beaucoup de gouvernements recrutent des enseignants contractuels pour faire des économies et accroître rapidement les effectifs, mais là où ces enseignants ne bénéficient pas d’une formation et de conditions de travail appropriées, cette pratique pourrait avoir un impact négatif sur la qualité à l’avenir.

Veuillez surveiller la parution prochaine de l’Analyse de l’IE sur le Rapport Mondial de suivi.

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Cet article à été publié dans , No. 25, f´vrier/mars 2008.