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L'Iran et les droits des femmes

Publié 4 juin 2010 Mis à jour 22 mars 2011

Les enseignants iraniens élèvent la voix pour lutter contre les violations de droits humains et syndicaux qui se traduisent par des emprisonnements et des meurtres pour condamner un militantisme pacifique. Quatre enseignants auraient été emprisonnés au cours de ces derniers mois. De plus, l'enseignant de 35 ans, Farzad Kamangar, aurait été exécuté en secret bien que le processus d'appel judiciaire dans cette affaire ne soit pas achevé.

L'année dernière, des militants en faveur des droits des femmes ont également été arrêtés et incarcérés alors qu'ils revendiquaient la liberté et une plus grande égalité des genres, argumentant que l'Iran considérait ses citoyennes comme étant inférieures aux hommes. La récente loi sur le soutien à la famille, qui selon les militants, réduit les droits des femmes au nom du « renforcement » de la famille, en est un autre exemple. Parmi ces militantes qui ont élevé la voix, incluant notamment des travailleuses et des étudiantes, certaines ont été mises en détention ou se sont vues infliger de lourdes peines de prison.

Ironiquement, l'Iran a tenté de devenir membre du Conseil des droits de l'Homme des Nations unies, mais a laissé tomber afin de mieux garantir sa place au sein de la Commission de la condition de la femme (CSW). La CSW est un organe rattaché au Conseil ECOSOC, composé de 45 représentants élus pour une période de quatre ans. La tentative fructueuse de l'Iran porta un sérieux coup aux objectifs de la CSW étant donné que l'organisme évalue les progrès relatifs à l'égalité des genres et fixe les normes et politiques mondiales visant à promouvoir l'égalité des femmes par rapport aux hommes. Il est choquant qu'un organe onusien ait accordé à l'Iran le statut de membre de la CSW, car cet Etat-membre n’a pas signé la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW) et continue d'ignorer les violations des droits des femmes.

Parmi les autres pays ayant rejoint l'Iran pour le mandat débutant en 2011, on compte notamment la Belgique, la République démocratique du Congo, l'Estonie, la Géorgie, la Jamaïque, le Liberia, les Pays-Bas, l'Espagne, la Thaïlande et le Zimbabwe.

Un signe de manque de respect

L'IE a manifesté sa profonde inquiétude quant au processus et à la possibilité réelle pour les femmes de dialoguer avec les gouvernements lors de la 54ème session de la CSW, qui s'est tenue à New York en mars 2010. Les membres de la société civile se sont retrouvés face à des obstacles majeurs, à la fois politiques et pratiques, notamment au regard du désaccord sur le document final, de la participation aux événements et du manque d'interprétation dans les salles de réunion.

A l'occasion de sa prochaine rencontre prévue en mars 2011, la Commission de la condition de la femme abordera les points suivants : « L'accès et la participation des femmes et des jeunes filles à l'éducation et à la formation, aux sciences et aux technologies, y compris la promotion de l'accès des femmes au travail à temps plein et décent ». La Commission évaluera les progrès réalisés dans la mise en œuvre des conclusions de sa 51ème session sur « l'élimination de toutes les formes de discrimination et de violence à l'encontre des jeunes filles ». Ces deux thèmes requièrent la mobilisation des syndicats d'enseignants ainsi que la collaboration des organisations de la société civile à l'échelle nationale.

La première Conférence mondiale des femmes de l'IE devrait se tenir à Bangkok, en Thaïlande, du 20 au 23 janvier 2011, et permettra de mieux connaître les participants et de discuter des mesures à prendre.

Par Rebeca Sevilla.

Cet article a été publié dans Mondes de l’Éducation, No 34, juin 2010.