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L’Internationale de l’Éducation reçoit le prix AOb AcademieKus 2026

Publié 18 février 2026 Mis à jour 20 février 2026

L’Internationale de l’Éducation (IE) a reçu le prix AOb Academy Kiss 2026, une distinction annuelle décernée par le Syndicat général de l’éducation (AOb, de son acronyme hollandais) aux Pays-Bas.

Le thème de cette année, « Liens », met en lumière l’engagement de longue date de l’IE à renforcer les réseaux syndicaux mondiaux et à faire progresser la solidarité transnationale. L’IE représente plus de 33 millions de personnes à travers le monde, membres du corps enseignant ou des personnels de l’éducation.

Célébrer les liens au-delà des frontières

Chaque année, à l’occasion de la Saint-Valentin, l’AOb remet l’Academy Kiss à une personne ou une organisation qui défend les valeurs académiques. L’IE rejoint ainsi un groupe très divers de lauréats et de lauréates, dont WOinActie, le mouvement néerlandais pour les droits académiques.

« L’IE est une véritable tisseuse de liens », a déclaré Iris Schaap, directrice régionale de l’AOb pour l’éducation et la recherche scientifiques et membre du comité d’organisation du prix. « Nous avons considéré que l’IE se distinguait particulièrement dans ce domaine. Bien que nous collaborions déjà largement avec l’IE, car l’AOb en est membre, nous avons beaucoup à apprendre de la manière dont l’organisation aborde les questions et se les approprie, car elle perçoit souvent des tendances internationales que nous pouvons transposer à notre situation nationale. »

Dominique Marlet, coordinatrice principale de l’IE pour les droits humains et syndicaux, est allée recevoir le prix au siège de l’AOb. « C’est une formidable marque de reconnaissance pour le travail que nous accomplissons », a affirmé Mme Marlet. « Une telle récompense contribue à accroître la visibilité de notre travail et de nos réussites. »

L’IE est présente dans 180 pays et fait le lien entre les syndicats de l’éducation à tous les niveaux du système éducatif, de l’éducation de la petite enfance à l’enseignement supérieur. « Nous avons des bureaux régionaux dans le monde entier, notamment en Amérique du Nord et du Sud, en Asie, en Afrique, en Europe, dans les États arabes et dans les Caraïbes », a expliqué Mme Marlet. « Les seuls pays où l’IE n’est pas représentée sont la Chine et les États du Golfe, où il n’existe pas de syndicats indépendants. »

Promouvoir les droits, la solidarité et le pouvoir collectif

Le travail de l’IE se concentre sur la protection et la promotion des droits humains et syndicaux des enseignant·e·s et des dirigeant·e·s syndicaux·ales de l’éducation dans le monde entier. « Nous avons mené des campagnes en Iran, en Ukraine, en Afghanistan, en Palestine et en Syrie. Dans ce dernier pays, nous avons défendu l’enseignement public et laïc. Nous avons lancé une campagne à cet effet. J’ai aussi, par exemple, informé les autorités néerlandaises de la situation là-bas. Cela permet d’augmenter la solidarité et de montrer ce qui se passe dans un autre pays. Nous avons été salués en Syrie pour avoir discuté du sujet, l’avoir inscrit à l’ordre du jour, et même si rien ne change immédiatement, ils savent que nous sommes solidaires et qu’ils peuvent faire appel à nous si nécessaire. Cela signifie beaucoup, d’autant plus que nous sommes unis autour du même métier : l’enseignement. »

Au-delà du plaidoyer, le travail de l’IE comporte également un soutien concret en temps de crise. « À Gaza, nous avons dispensé une formation qui apporte un soutien émotionnel aux enseignantes et aux enseignants, qu’ils peuvent également utiliser avec leurs élèves. Nous offrons aussi un soutien direct par le biais de dons en argent. » L’IE a en outre mobilisé des actions de solidarité suite à des catastrophes naturelles, telles que les ouragans dans les Caraïbes.

Au niveau politique, l’IE rassemble les syndicats de l’éducation afin d’influencer la prise de décision au niveau mondial. En 2022, aux Nations Unies, l’IE a participé à des discussions de haut niveau sur la profession enseignante, qui ont abouti à 59 recommandations sur des questions telles que la liberté académique, la pénurie d’enseignant·e·s et l’amélioration du statut de la profession. « Nous en tirons une grande fierté, et cela vaut pour tous les pays et tous les membres », a déclaré Mme Marlet.

Un mouvement en pleine expansion

Mme Marlet estime que la force collective de l’IE est plus vitale que jamais. « Nous constatons que, surtout dans ce monde divisé, de plus en plus de personnels enseignants et d’autres professionnels de l’éducation souhaitent faire partie d’un mouvement collectif puissant. L’idée d’être plus forts ensemble et le pouvoir collectif dont on dispose en tant que groupe dans la lutte pour les valeurs humaines, la solidarité et les droits humains est une perspective qui séduit un nombre croissant de personnes actuellement. »

Anciens lauréats du prix Academy Kiss

Parmi les anciens lauréats du prix AOb Academy Kiss figurent Marie-José van Tol et Kees Storm, récompensés pour leur travail en faveur de l’égalité et de la réduction des hiérarchies dans le monde universitaire, ainsi que Susanne Täuber, qui a obtenu le prix 2023 pour son engagement en faveur de la liberté académique.