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Cécile Kohler et Jacques Paris arrivent au Palais de l'Elysée le 8 avril 2026 (Photo: Eliot Blondet/Abaca Press)
Cécile Kohler et Jacques Paris arrivent au Palais de l'Elysée le 8 avril 2026 (Photo: Eliot Blondet/Abaca Press)

L'Internationale de l'Éducation salue la libération des syndicalistes enseignants Cécile Kohler et Jacques Paris

Publié 10 avril 2026 Mis à jour 10 avril 2026

L'Internationale de l'Éducation (IE) salue la libération et le retour en France de Cécile Kohler et Jacques Paris, deux enseignants et militants syndicaux de longue date, qui avaient été arrêtés alors qu'ils effectuaient un voyage privé en Iran et détenus arbitrairement pendant près de quatre ans. Cécile et Jacques sont arrivés à Paris le 8 avril 2026.

Cécile Kohler est professeure de littérature dans l’enseignement secondaire et responsable des affaires internationales au sein du syndicat français Force Ouvrière (FNEC FP-FO). Avant son emprisonnement, Cécile a travaillé en étroite collaboration avec l’IE et a participé à plusieurs conférences de l’Organisation internationale du travail (OIT) au sein de la délégation de l’IE. Jacques Paris est un professeur de mathématiques à la retraite et ancien secrétaire général d’un syndicat affilié de la FNEC FP-FO. À ce titre, il a participé au Congrès mondial de l’IE de 2019 à Bangkok, en Thaïlande.

Les deux syndicalistes étaient emprisonnés depuis le 7 mai 2022 sur la base d’accusations infondées d’espionnage. Pendant leur détention, ils ont été maintenus dans des conditions très difficiles, notamment de longues périodes en cellule d’isolement à la prison d’Evin à Téhéran, ce que plusieurs organisations internationales ont qualifié de torture et de grave violation du droit international.

Après leur libération de prison en novembre 2025, Cécile Kohler et Jacques Paris sont restés assignés à résidence à l’ambassade de France à Téhéran jusqu’à leur départ d’Iran au début de cette semaine. À leur arrivée à Paris le 8 avril, ils ont rencontré le président Emmanuel Macron et ont témoigné publiquement du caractère inhumain et arbitraire de leur détention, tout en affirmant leur détermination à témoigner de ce qu’ils ont enduré.

Cécile Kohler en compagnie de sa sœur Noémie

L’Internationale de l’Éducation salue la persévérance de leurs familles, de leurs collègues et des comités de soutien, ainsi que la solidarité continue du mouvement syndical international de l’éducation. Tout au long de leur détention, les organisations de la société civile et les syndicats de l’éducation à travers l’Europe et au-delà se sont mobilisés pour exiger leur libération. Tout en adoptant une posture volontairement discrète, conformément aux recommandations des autorités françaises, l’IE a travaillé en étroite collaboration avec Force Ouvrière et a maintenu un contact régulier avec leurs familles. En collaboration avec la Confédération syndicale internationale (CSI), l’IE a également présenté le dossier devant le Comité de la liberté syndicale de l’OIT.

Le cas de Cécile Kohler et Jacques Paris illustre les risques auxquels sont confrontés les enseignant·e·s et les personnels de l’éducation partout dans le monde lorsque les droits fondamentaux, la liberté académique et les libertés syndicales sont bafoués. Leur détention arbitraire démontre une fois de plus à quel point les personnels éducatifs peuvent être pris pour cible simplement en raison de leur identité et des valeurs qu’ils défendent.

Depuis de nombreuses années, le régime iranien cible les enseignant·e·s et leurs organisations représentatives en raison de leurs activités légitimes et pacifiques visant à défendre des conditions de travail décentes, une éducation publique de qualité et les droits syndicaux fondamentaux. Les syndicalistes enseignants et les travailleurs et travailleuses de l’éducation continuent de faire l’objet de harcèlement systématique, d’arrestations et de détentions arbitraires pour le simple fait d’exercer leurs droits à la liberté d’expression et d’association.

La violente répression du soulèvement populaire de janvier en Iran a donné lieu à une répression sévère de la part du gouvernement, qui s'est soldée par la mort de milliers de personnes, parmi lesquelles des enseignant·e·s et des étudiant·e·s. L'Internationale de l'Éducation réaffirme sa pleine solidarité avec ses affiliés en Iran et appelle au respect de leurs droits humains et syndicaux.

Le secrétaire général de l’Internationale de l’Éducation, David Edwards, s’est réjoui de la nouvelle de la libération des deux enseignants français : « À l’heure où les mauvaises nouvelles se multiplient aux quatre coins du monde, l’annonce du retour en France de nos collègues syndicalistes Cécile Kohler et Jacques Paris, après près de quatre ans de captivité en Iran, est une véritable bouffée d’oxygène. L’Internationale de l’Éducation n’a jamais cessé de réclamer leur libération et n’a jamais perdu l’espoir de les voir revenir un jour. Aujourd’hui, nous continuons de témoigner toute notre solidarité à ces syndicalistes enseignants courageux qui n’ont jamais cessé de défendre les opprimés et ont œuvré sans relâche à la construction d’un monde meilleur. Nous exprimons notre immense soulagement de les voir de retour chez eux, aux côtés de leurs familles, et nous nous réjouissons de les retrouver une fois surmonté le traumatisme des épreuves qu’ils ont endurées. »

« Les enseignantes et enseignants partout dans le monde se joignent à moi pour leur souhaiter un bon retour parmi nous ! », a-t-il conclu.

L'Internationale de l'Éducation réaffirme son engagement indéfectible à défendre les droits des enseignant·e·s et à prendre la défense des personnels de l'éducation victimes de répression, de persécution ou de détention arbitraire partout dans le monde. Nous appelons tous les gouvernements à respecter les normes internationales en matière de droits humains et à veiller à ce qu'aucun·e enseignant·e ou syndicaliste ne devienne jamais un outil de négociation politique.