Les fédérations syndicales mondiales expriment leur indéfectible solidarité envers les organisations LGBTI+, les militant·e·s et les défenseur·euse·s des droits humains en Türkiye
Les autorités turques ont lancé une vague de perquisitions et d’arrestations visant des organisations LGBTI+, des militant·e·s, des membres de syndicats et des défenseur·euse·s des droits humains. Des informations relayées par les médias indiquent que des dizaines de personnes sont actuellement détenues. Selon une déclaration du ministre de la Justice, des poursuites judiciaires ont été engagées contre plus de 160 personnes, ainsi que contre neuf associations et treize entreprises.
Les sites web et les comptes sur les réseaux sociaux d’organisations LGBTI+, de médias indépendants, de groupes d’étudiant·e·s, de défenseur·euse·s des droits humains et de militant·e·s auraient été bloqués ou rendus inaccessibles, tandis que du matériel numérique a été saisi durant des perquisitions. Les opérations se sont étendues à quinze provinces dès la première nuit et ont également visé des lieux de travail et des espaces communautaires. À Istanbul, des organisations apportant un soutien aux personnes vivant avec le VIH auraient été perquisitionnées. L’inclusion de d'organisations venant en aide à des personnes porteuses dans des opérations visant des organisations soutenant les personnes LGBTI+ risque de renforcer une assimilation du statut sérologique au VIH à l’identité LGBTI+, et de dissuader des personnes de rechercher un traitement et du soutien.
Selon les déclarations publiques des autorités, les opérations menées à Istanbul, Ankara, Izmir, Aydın et Mersin ont été conduites sous l’intitulé « Ma famille est en sécurité ». Présentées comme une mesure de protection des familles, ces actions suscitent de vives inquiétudes. Le motif avancé semble être utilisé pour légitimer la discrimination, restreindre davantage l’espace civique et intimider les personnes LGBTI+, leurs organisations, leurs allié·e·s ainsi que celles et ceux qui défendent les libertés fondamentales.
L’homosexualité n’est pas une infraction pénale en Türkiye. Pourtant, les discriminations et l’hostilité à l’égard des personnes LGBTI+ restent largement répandues. Le nom même de l’opération semble lié à l’initiative gouvernementale « Décennie de la famille et de la population 2026-2035 », présentée comme une réponse aux évolutions démographiques. Ces développements risquent de renforcer un climat de peur et d’affaiblir encore davantage la société civile.
Global Unions (représentant les fédérations syndicales mondiales) se tient aux côtés des communautés LGBTI+ de Türkiye et de toutes les personnes affectées par ces événements. Nous invitons nos organisations affiliées à écrire au gouvernement turc et à ses ambassades, et à adresser leurs propres messages de solidarité aux personnes concernées.
Les syndicats ont la responsabilité fondamentale de défendre la liberté d’association, la liberté d’expression, les droits démocratiques et le droit de toutes et tous à s’organiser sans craindre l’intimidation, la discrimination ou la persécution. Les attaques contre les organisations de la société civile et les défenseur·euse·s des droits humains portent atteinte à ces principes et menacent l’espace démocratique dont dépendent les droits des travailleur·euse·s. Le silence face à une telle répression ne peut qu’encourager celles et ceux qui en sont responsables.
« Les attaques répétées et ciblées contre la communauté LGBTI+ et ses organisations sont inacceptables. Nous exigeons la libération immédiate de toutes les personnes détenues uniquement pour avoir exercé leurs droits fondamentaux, notamment la liberté d’association, la liberté d’expression et le droit de défendre pacifiquement leurs convictions. Nous appelons également à mettre fin aux perquisitions et à tous les autres actes d’intimidation visant des activités légitimes de la société civile. »
Pour plus d’informations:
IFJ: Türkiye: Judicial harassment of journalists intensifies amid crackdown on LGBTI+ community (article de la Fédération internationale des journnalistes, en anglais)
Les organisations peuvent signer la déclaration d’ILGA-Europe ici.