• Accueil
  • News
  • Philippines : le gouvernement doit cesser sa campagne de terreur visant les enseignant·e·s

Philippines : le gouvernement doit cesser sa campagne de terreur visant les enseignant·e·s

L’Internationale de l’Éducation soutient avec force son affilié philippin dans son combat pour le respect des droits humains et syndicaux des enseignant·e·s et condamne le recours à des méthodes de harcèlement et à la législation antiterroriste pour supprimer les protections juridiques fondamentales.

Le syndicat philippin Alliance of Concerned Teachers (ACT) dénonce le harcèlement par des militaires de Maria Cristy Borbe, secrétaire de la région IV-B de l’ACT et enseignante dans une école primaire publique. Dans un communiqué de presse daté du 24 juillet, l’ACT souligne que, durant trois jours consécutifs, les militaires ont harcelé Maria Cristy Borbe par des appels téléphoniques, des messages sur les réseaux sociaux et des visites à domicile inopportunes.
 
Les militaires lui auraient demandé de « simplement avouer » et de « coopérer » avec les autorités afin que son nom soit blanchi. Les déclarations des militaires laissent supposer que, en vertu de la loi antiterroriste (ATL) de 2020, l’ACT serait un groupe terroriste, soutenu par Maria Cristy Borbe. 
 
Par ailleurs, le syndicat a pointé du doigt la publication, à Davao, d’un avis de recherche sur lequel figurent de prétendu·e·s « recruteur·euse·s de terroristes », parmi lesquel·le·s Pilar Barredo, secrétaire de l’ACT pour la région de Davao et enseignante dans le secondaire.
 
ACT : le régime de Duterte viole les droits
 
« Si cette situation n’a rien de surprenant, vu le renforcement du profilage et du harcèlement des individus et des organisations hostiles au régime de Duterte auxquels se livre le gouvernement depuis plusieurs années, nous sommes néanmoins préoccupé·e·s par ces nouvelles exactions car elles démontrent que l’efficacité de l’ATL incite davantage les forces gouvernementales à porter atteinte à nos droits », explique l’ACT dans sa déclaration. 
 
« Cela prouve simplement la légitimité de notre opposition à l’ATL, à l’heure où le gouvernement de Duterte intensifie ses attaques contre la population, multipliant les violations des droits humains, en pleine crise sanitaire et économique. D’autre part, ces nouveaux cas de harcèlement nous rappellent l’urgence de promulguer un arrêt de la Cour suprême déclarant l’ATL inconstitutionnelle. »
 
« Nous ne cesserons jamais de nous opposer à toute tentative de réinstaurer la dictature dans notre pays. » 
 
Le communiqué de presse indique également que les membres de l’ACT ont exercé leurs droits garantis par la constitution et ont défilé dans les rues le 27 juillet, le jour du discours présidentiel sur l’état de la nation pour « condamner les abus de pouvoir et les violations des droits et libertés de la population, perpétrés par le président Duterte et ses comparses ».
 
Il·Elle·s ont demandé que les forces gouvernementales mettent fin immédiatement aux attaques dirigées contre les enseignantes Maria Cristy Borbe et Pilar Barredo et leurs organisations légitimes. 
 
Conseil des Global Unions : les atteintes à l’emploi et à la vie des travailleur·euse·s doivent cesser
 
Le 20 juillet dernier, le Conseil des Global Unions, dont est membre l’Internationale de l’Éducation, a également publié une Déclaration sur la suppression des droits démocratiques aux Philippines (en anglais).
 
Dans cette déclaration le Conseil des Global Unions se déclare solidaire des syndicats philippins et « condamne les attaques systématiques du gouvernement philippin contre les institutions démocratiques et la suppression radicale des droits démocratiques des travailleur·euse·s philippin·e·s ».
 
Il met en garde contre la ratification de la loi républicaine 11479 (ATL) de 2020, soulignant : « Cette loi peut facilement être utilisée de manière abusive. Si la sécurité de la population, objectif supposé de cette loi antiterroriste, est une préoccupation réelle, elle ne peut en aucun cas donner lieu à des pratiques antidémocratiques. »
 
Le groupement Global Unions précise également : « La situation des travailleur·euse·s aux Philippines est plus qu’épouvantable. Les atteintes à l’emploi et à la vie des travailleur·euse·s doivent cesser ! » 
 
Solidarité avec les syndicats philippins pour restaurer la démocratie
 
Appelant le gouvernement philippin à revoir ses priorités actuelles et à se recentrer sur les mesures permettant d’endiguer la pandémie et améliorer la vie des populations les plus sévèrement touchées, le groupement Global Unions demeure « solidaire du mouvement syndical philippin dans son combat contre la montée de l’autoritarisme » et s’engage à « continuer à soutenir les efforts déployés par les syndicats et les travailleur·euse·s des Philippines pour restaurer la démocratie et la paix dans leur pays ».
 
La Déclaration sur la loi antiterroriste de 2020 des Philippines, publiée par les Fédérations syndicales internationales Asie-Pacifique est disponible ici (en anglais).