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Jordanie : le gouvernement interdit une conférence de presse syndicale et porte un nouveau coup aux droits de la communauté enseignante

L’Internationale de l’Éducation condamne l’interdiction d’une conférence de presse publique de la Jordanian Teachers’ Association (JTA), prévue le 26 octobre dernier. Cette décision a été imposée par les autorités jordaniennes, les forces de sécurité ayant donné l’ordre au gouverneur de la capitale Amman d’interdire la conférence de presse de la JTA. Celle-ci avait pour objectif de faire le point sur la situation de l’éducation et du personnel enseignant en Jordanie. La conférence de presse visait également à sensibiliser les membres de la JTA, contrainte de fermer ses portes pendant deux ans.

Le comité de défense de la JTA a signalé à l’Internationale de l’Éducation que cette interdiction n’était que l’une des dernières mesures prises par le gouvernement pour restreindre les libertés de la population, notamment les libertés d’opinion et d’expression garanties par la constitution du pays et inscrites dans les instruments internationaux et régionaux relatifs aux droits humains, signés et approuvés par la Jordanie.
 
Selon la JTA, l’interdiction de cette conférence de presse est une violation flagrante des droits de toute la population jordanienne, ainsi qu’un prétexte pour faire taire les voix dissidentes pacifiques.
 
Descentes de police et arrestations
 
Le 24 juillet, la police a fait irruption au siège de la JTA, à Amman, ainsi que dans onze de ses antennes nationales, procédant à la fermeture des lieux et à l’arrestation de treize membres du conseil d’administration pour des motifs juridiques douteux.
 
Le 23 août, les responsables du syndicat ont pu quitter la prison, grâce à une campagne de l’Internationale de l’Éducation dénonçant cette situation. D’autres actions menées au niveau international ont également contribué à leur libération, notamment les fortes pressions qui ont été exercées sur les autorités jordaniennes.
 
La répression se poursuit
 
Les autorités ont empêché ou dispersé par la force les manifestations pacifiques qui se poursuivent actuellement et arrêté près de 500 enseignant·e·s et militant·e·s. L’ordre a également été donné d’interdire tout reportage sur la situation, y compris la diffusion d’articles ou de commentaires via les réseaux sociaux.
 
La JTA estime que le gouvernement a profité de l’état d'urgence imposé par la pandémie de COVID-19 pour réduire au silence l’indignation de la population à la suite de la fermeture arbitraire de ses bureaux.