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Réunion des dirigeant(e)s des syndicats d’enseignants affiliés à l’IE dans la Région Afrique

Publié 3 décembre 2010 Mis à jour 3 décembre 2010

Plus de 200 représentant(e)s de 120 syndicats de l’éducation, répartis dans 53 pays d’Afrique, ont participé à la 7ème Conférence régionale africaine de l’IE, organisée à Brazzaville (Congo) du 29 novembre au 3 décembre.

Dans son discours d’ouverture, Irene Duncan-Adanusa, Présidente régionale sortante de l’IE, a mis l’accent sur le thème de la Conférence : « l’unité pour l’investissement durable en faveur de l’éducation publique de qualité en Afrique ».

Duncan-Adanusa, également Secrétaire générale de la Ghana National Association of Teachers et Vice-présidente de l’IE, a insisté sur l’importance de créer l’unité entre les syndicats de l’éducation ; une unité qu’elle a défini comme étant l’essence même de la solidarité et de la coopération, qu’il s’agisse de la coopération Sud-Sud, Nord-Nord, ou Nord-Sud. Elle a souligné qu’il était nécessaire pour les affiliés de l’IE en Afrique de se soutenir mutuellement, tant sur le plan technique et financier que dans le cadre des campagnes organisées notamment en faveur des droits humains. Duncan-Adanusa a également souligné que l’échange d’informations ainsi que le partage du savoir et de l’expérience étaient des facteurs essentiels pour aider les organisations à relever les défis que représentent la crise économique, la prolifération des maladies et les conséquences du réchauffement climatique.

La séance d’ouverture fut également l’occasion pour un représentant du Président congolais de saluer les délégué(e)s et de leur souhaiter une conférence constructive ainsi qu’un séjour agréable à Brazzaville.

Dans son discours prononcé lors de la séance d’ouverture, le Secrétaire général de l’IE, Fred van Leeuwen a déclaré : « investir dans les enseignants et les enseignantes signifie investir dans leur formation, investir dans leurs conditions de travail et investir dans leurs droits humains et syndicaux.

Cher(e)s collègues, aujourd’hui plus que jamais, il est temps pour les éducateurs(trices) africain(e)s de réaffirmer la capacité de l’Afrique à bâtir un avenir nouveau pour ses citoyens et ses citoyennes par le biais de l’éducation ».

Le deuxième jour de la Conférence, la Présidente de l’IE, Susan Hopgood, a évoqué le rôle des syndicats dans le développement de la démocratie : « outre la liberté de la presse et une société civile active, une démocratie dynamique requiert un mouvement syndical indépendant. De plus, un système éducatif public de qualité constitue un facteur déterminant pour la cohésion sociale et la construction d’une société démocratique. Il apparaît clairement que la mission des organisations d’enseignants ne consiste pas uniquement à représenter les intérêts syndicaux de leurs membres, mais qu’ils jouent également un rôle clé dans le développement des politiques éducatives. Le Comité conjoint OIT/UNESCO d’experts n’a cessé de souligner que les pouvoirs publics se doivent de consulter les organisations d’enseignants sur toutes les questions se rapportant aux politiques éducatives. Afin que ces consultations puissent être menées efficacement, il nous faut garantir que les organisations d’enseignants soient indépendantes, solides et unies. »

Le discours principal a été prononcé par le Dr Pai Obanya, pédagogue émérite, employé auparavant par l’une des organisations fondatrices de l’IE, la CMOPE, et par l’UNESCO. Dans une allocution enthousiaste et audacieuse, le Dr Obanya a mis en exergue le rôle crucial que jouent les enseignant(e)s dans l’éducation. Il a expliqué la manière dont les résultats sont déterminés par la capacité dont disposent les enseignant(e)s et il a souligné que « les enseignant(e)s sont un maillon essentiel du processus éducatif dans la mesure où ils contribuent à la qualité de l’éducation ». Il a poursuivi en expliquant qu’ « investir dans l’éducation constitue l’enjeu majeur et, à cet égard, l’investissement dans les enseignant(e)s se révèle un facteur essentiel ». Il a ensuite souligné que « la voix des enseignant(e)s s’avère indispensable pour garantir que les gouvernements africains accordent la priorité à l’aspect qualitatif de l’éducation et qu’ils injectent davantage de fonds pour atteindre cet objectif ».

Il a également insisté sur le fait que « la crise financière actuelle ne doit pas menacer l’investissement dans l’éducation de qualité en Afrique. La région doit suivre l’exemple des quelques pays industrialisés qui, dans leurs coupes budgétaires, ont systématiquement épargné les secteurs de la santé et de l’éducation. L’Afrique devrait également revoir ses priorités et ne plus se contenter de faire de "simples dépenses" en éducation, mais bien réaliser un véritable investissement dans ce secteur ».

Dans sa conclusion, le Dr Obanya a précisé : « Un mouvement syndical fragmenté composé d’une multitude de petits syndicats peu efficaces ne sera jamais en mesure d’exprimer haut et fort la voix des enseignant(e)s ».

La conférence s’est vu remettre des rapports sur les activités régionales entreprises depuis la dernière conférence, et a été informée sur les développements concernant les membres et la situation financière de la région.

La conférence s’est vu penché sur un rapport concernant les activités préparatoires au Congrès mondial de l’IE, prévu au Cap en juillet 2011, et a examiné les amendements proposés au Règlement intérieur régional.

La conférence a également pris le temps d’examiner l’impact de la coopération au développement dans la région et a étudié un projet de document politique de l’IE sur la coopération au développement, en cours de rédaction.