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Assurer l’inclusion grâce au pouvoir de l’éducation : l’Internationale de l’Éducation se joint à l’Appel mondial 2026 pour mettre fin à la stigmatisation et à la discrimination à l’égard des personnes touchées par la lèpre

Publié 30 janvier 2026 Mis à jour 6 février 2026

Coorganisée par l’Internationale de l’Éducation et l’Initiative Sasakawa contre la lèpre (maladie de Hansen), en partenariat avec la Fondation Damien, l’édition 2026 de l’Appel mondial pour mettre fin à la stigmatisation et à la discrimination à l’égard des personnes touchées par la lèpre appelle à mettre un terme à la stigmatisation et à la discrimination associées à cette maladie en exploitant le pouvoir transformateur de l’éducation. L’appel met l’accent sur l’équité, la justice sociale et le rôle des écoles et des syndicats dans la promotion de l’inclusion et de la santé.

« Nous croyons fermement que la fin de la stigmatisation et de la discrimination envers les personnes touchées par la lèpre est une condition préalable à la justice, à la dignité et à l’égalité pour toutes et tous. L’Internationale de l’Éducation s’engage pleinement à faire avancer cette cause aux côtés de nos organisations membres aux quatre coins du monde », a déclaré Mugwena Maluleke, président de l’Internationale de l’Éducation, lors de l’événement de lancement de l’Appel mondial 2026 qui a eu lieu le 29 janvier à Bruxelles, en Belgique.

Bien qu’étant curable et peu contagieuse, la lèpre, également connue sous le nom de maladie de Hansen, affecte encore le quotidien de plusieurs milliers de personnes à travers le monde. Pour beaucoup, la stigmatisation fait plus de dégâts que la maladie elle-même. Les personnes touchées par la lèpre sont souvent exclues de l’éducation, du travail, du mariage et de la vie communautaire, même une fois guéries. La peur de la discrimination retarde le diagnostic, augmentant ainsi le risque de handicap et de transmission ultérieure.

Des études montrent des niveaux élevés de détresse psychologique, d’isolement social et de stigmatisation intériorisée chez les personnes touchées par la lèpre, en particulier les femmes et les personnes souffrant de déficiences visibles. Dans plus de 20 pays, des lois obsolètes ou discriminatoires restreignent encore les droits des personnes touchées par cette maladie, renforçant ainsi l’exclusion et la peur.

Convergence des efforts en faveur de l’inclusion

L’événement de lancement de l’Appel mondial 2026 a réuni des personnes touchées par la lèpre, des éducatrices et éducateurs ainsi que des responsables de syndicats de l’éducation, des responsables de l’élaboration des politiques, des professionnels de la santé et des organisations de la société civile, afin de réaffirmer un engagement commun en faveur de la dignité, de l’inclusion et du principe consistant à ne laisser personne de côté.

Assurant de l’appui des 33 millions de membres de l’Internationale de l’Éducation dans 180 pays et territoires, Mugwena Maluleke a souligné le rôle crucial du personnel enseignant dans la lutte contre la stigmatisation et la discrimination : « Dans leurs salles de classe, dans leurs écoles, dans leurs universités et dans leurs communautés, les enseignantes et enseignants sont les agents de cette transformation. Ces professionnels s’attaquent aux stéréotypes néfastes, favorisent une compréhension claire et créent les environnements d’apprentissage inclusifs essentiels à la lutte contre la stigmatisation. Leur influence dépasse de loin la seule transmission de connaissances. Ils façonnent les valeurs, nourrissent l’empathie et modèlent le respect. »

Maguette Ndiaye, représentante des personnes touchées par la lèpre et présidente du Comité de surveillance du 3e Forum mondial des organisations populaires sur la maladie de Hansen, a fait observer : « Les personnes touchées par la lèpre méritent le respect, la dignité et des droits identiques à ceux de toute autre personne. Elles méritent d’aller à l’école, de travailler et de vivre une vie normale au sein de leur communauté. Nous sommes réunis ici aujourd’hui pour dire ‘Stop’ à la stigmatisation. La lèpre ne définit pas un individu. Chaque personne touchée par cette maladie a des rêves, des talents et de précieuses contributions à apporter à notre monde. Donnons-leur cette chance. »

Yohei Sasakawa, Ambassadeur de bonne volonté de l’Organisation mondiale de la Santé pour l’élimination de la lèpre, a déclaré : « La discrimination liée à la lèpre exclut les individus de l’emploi et de l’éducation, les enfermant dans un cycle de pauvreté. Pour briser ce cycle, il est essentiel d’assurer l’accès à l’éducation. L’éducation joue un autre rôle important : relayer des informations correctes au sujet de la lèpre dans les écoles et mettre en avant le caractère injuste de la discrimination. Les écoles peuvent devenir des lieux où la discrimination prend fin, et non des lieux où elle prend forme. L’éducation ouvre des possibilités, et elle renforce également la sensibilisation. »

Takashi Kajiwara, vice-président de l’Internationale de l’Éducation et Président du syndicat des enseignantes et enseignants du Japon, a souligné trois mesures essentielles aux fins d’assurer l’inclusion des personnes touchées par la lèpre :

  • Appeler les gouvernements à promulguer une législation similaire à la « Loi sur l’indemnisation de la lèpre » du Japon, qui a été élaborée en collaboration avec les personnes touchées par la lèpre.
  • Enseigner les sciences pour dissiper les peurs et assurer une bonne compréhension de la maladie au sein du public.
  • Mettre en œuvre une éducation antidiscrimination en vue de mettre fin à la stigmatisation et à la discrimination liées à la lèpre.

« Ces trois points sont déterminants et s’inscrivent dans le droit fil de notre mission visant à parvenir à une société démocratique qui respecte la justice, l’équité et l’inclusion », a conclu Takashi Kajiwara.

La cérémonie d’ouverture a également accueilli des messages de soutien de Beatriz Miranda, Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur l’élimination de la discrimination à l’égard des personnes touchées par la lèpre et des membres de leur famille, ainsi que de Stefania Giannini, Sous-Directrice générale de l’UNESCO pour l’éducation.

Bimla Kujur, représentante des personnes touchées par la lèpre, et Mugwena Maluleke, de l’IE, ont donné lecture de la Déclaration de l’Appel mondial 2026 :

Appel mondial 2026

La lèpre, également connue sous le nom de maladie de Hansen, est une maladie bactérienne infectieuse qui affecte principalement la peau et les nerfs périphériques. Bien que cette maladie soit curable, les personnes touchées par la lèpre et leurs familles restent victimes de stigmatisation et de discrimination dans de nombreuses régions du globe.

Pour remédier aux idées fausses qui perpétuent cette injustice, il est fondamental de tirer parti du pouvoir transformateur de l’éducation. L’éducation façonne de manière décisive les valeurs des générations futures et le droit à une éducation de qualité est une condition indispensable pour parvenir à l’équité, à l’inclusion et à la justice sociale.

En tant qu’organisation mondiale représentant la voix des enseignantes et enseignants, l’Internationale de l’Éducation est attachée à promouvoir une éducation qui favorise l’esprit critique, combat les préjugés et élimine toutes les formes de discrimination, au sein des écoles et dans la société.

Le fait de doter les personnels enseignants et éducatifs de connaissances précises au sujet de la lèpre et de les aider à relayer ces informations auprès des élèves peut contribuer à apaiser les craintes et lever les malentendus. Cette éducation favorise également l’empathie et renforce le respect des droits humains.

En outre, les écoles agissent comme des pôles communautaires essentiels pour la promotion de la santé et la prévention des maladies. La promotion de la sensibilisation et du dépistage peut contribuer à une détection précoce de la maladie et ainsi favoriser la mise en œuvre rapide d’un traitement et réduire le risque de handicap et de stigmatisation.

Les syndicats de l’éducation ont eux aussi un rôle déterminant à jouer. À travers la formation, les campagnes et la collaboration avec les autorités sanitaires et éducatives, ils peuvent donner au personnel éducatif les moyens de défendre la cause de l’inclusion et de la santé.

En tant qu’éducatrices et éducateurs, nous utiliserons notre voix collective pour promouvoir la connaissance, l’empathie et l’action, et ainsi œuvrer en faveur d’une société respectueuse de la dignité humaine.

Mobiliser pour le changement

L’événement a permis aux représentant·e·s des personnes touchées par la lèpre ainsi qu’aux responsables des syndicats de l’éducation d’échanger des idées et d’ouvrir la voie à une collaboration accrue aux niveaux national, régional et mondial, dans la perspective de lutter contre la stigmatisation et la discrimination à l’égard des éducateur·trice·s et des étudiant·e·s touché·e·s par la lèpre et d’autres handicaps liés à des problèmes de santé dans le contexte de l’éducation.

Unifah Rosyidi, membre du Bureau exécutif de l’Internationale de l’Éducation et présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants de la République d’Indonésie, Kamala Kanta Tripathy, membre du Bureau exécutif de l’Internationale de l’Éducation représentant la Fédération des enseignantes et enseignants du primaire de toute l'Inde, et King Ali Awudu, président de l’Association des enseignantes et enseignants du secondaire du Ghana, ont engagé un dialogue avec des personnes touchées par la lèpre issues de leurs pays respectifs, ce qui a permis de forger de nouveaux partenariats destinés à promouvoir l’éducation inclusive.

© Palais royal/Koninklijk Paleis – Loan Silvestre

Une délégation de personnes touchées par la lèpre du Brésil, de l’Inde et de l’Indonésie ainsi que les hôtes et partenaires de l’Appel mondial 2026 ont également assisté à une table ronde organisée avec sa Majesté la Reine Mathilde de Belgique. Les échanges ont permis de mettre en lumière les difficultés rencontrées par les personnes touchées par la lèpre, le rôle de l’éducation dans la lutte contre la stigmatisation et la discrimination et les synergies avec le cadre des objectifs de développement durable.

Plus tard au cours de la cérémonie de lancement, le Dr Jean-Pierre Baron Schenkelaars, ancien président d’Action Damien, a donné lecture d’un message de la Reine : « Je me félicite sincèrement de l’Appel mondial 2026, qui réunit des acteurs décisifs autour des questions de dignité, d’inclusion et de lutte contre la stigmatisation liée à la lèpre. En faisant fonction de trait d’union entre la santé, l’éducation et l’égalité, cet Appel mondial reflète l’esprit des objectifs de développement durable. Il reçoit tout mon soutien. »

« L’éducation est un acte d’espérance. Elle symbolise la résistance contre le désespoir. Alors unissons-nous dans la solidarité pour mettre fin à la stigmatisation et à la discrimination à l’encontre des personnes touchées par la maladie de Hansen », a exhorté Mugwena Maluleke.