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Le vent du changement pour la justice sociale et la démocratie

Publié 29 avril 2011 Mis à jour 29 avril 2011

Alors que ce 1 mai les syndicalistes du monde entier célèbrent l’action des travailleurs dans la lutte pour la démocratie et la justice sociale, le mouvement syndical international puise son inspiration du vent du changement qui souffle sur les pays arabes.

Le Groupement « Global Unions » salue le courage des travailleuses, des travailleurs et des syndicats indépendants à l'avant-garde de ce combat historique pour la liberté.   Nous nous engageons à leur apporter notre soutien dans leur lutte et condamnons sans réserve la tyrannie des régimes, au Moyen-Orient et ailleurs, qui dénient les droits fondamentaux de leurs peuples et usent de violence pour réduire au silence les voix dissidentes. Nous appelons la communauté internationale à mettre un terme à cette oppression.   C’est également au nom des centaines de millions de travailleurs qui aspirent à la fin des inégalités, des discriminations et de l'exploitation, que le Groupement « Global Unions » réitère sa demande d'une transformation profonde de l'économie mondiale.

Nous cherchons à en finir avec la culture de négligence politique et entrepreneuriale qui a créé un gouffre entre riches et pauvres et appelons à de nouveaux engagements pour respecter les droits des travailleurs, créer un cadre favorable à la justice sociale et combattre le fléau du chômage.   L'heure est venue de tourner le dos aux politiques du passé qui ont échoué. Nous devons abandonner les programmes d'austérité qui déchirent le tissu sociétal et dégradent la vie des peuples. Nous devons arrêter le scandale du déclin des niveaux de vie causé par l'augmentation du travail informel, non-protégé et précaire, et particulièrement l’exploitation outrageuse des travailleurs migrants. Il convient d'agir maintenant pour aider une génération en péril et offrir aux jeunes des emplois et un avenir décent.

Mais ceci n'arrivera que si les gouvernements pensent d’abord au peuple, en régulant le secteur de la finance et en résorbant les excès de la puissance des entreprises.

Tous les gouvernements doivent investir dans la création d'emplois, dans l'éducation et la formation, dans des programmes visant à renforcer l'investissement, dans des services publics de qualité et dans l’établissement d'un plancher de protection sociale universelle. Les économies les plus grandes et les plus puissantes, au sein du G20, doivent prendre la tête de ce mouvement.

Les gouvernements doivent mettre la finance au service de l'économie réelle et, pour retrouver une économie mondiale saine, récupérer une partie de la richesse produite en taxant les banques et la finance, notamment par l'introduction de toute urgence d'une taxe sur les transactions financières. Les Etats doivent affronter les grandes entreprises qui profitent de l’exploitation scandaleuse de travailleurs vulnérables et ne respectent ni les droits syndicaux ni les normes internationales du travail.

A moins d’un changement immédiat de cap dans la gouvernance et le management de l'économie mondiale, les nobles aspirations des Objectifs du Millénaire pour le développement ne seront pas atteintes, pas plus que les progrès nécessaires pour stopper la catastrophe du changement climatique.

La mondialisation ne peut fonctionner que si elle produit une richesse durable pour tous et promeut l’action en faveur d'une transition juste pour un monde durable basé sur des économies fortes, la justice sociale et des emplois verts.

Le Groupement « Global Unions » travaillera de concert pour dénoncer les gouvernements qui refusent de changer et se désengagent de la prestation de services, en imposant des coupes fiscales et en attaquant les travailleurs du secteur public, ce qui a des effets dévastateurs sur la vie de tous, en particulier les femmes.

Nous continuerons à isoler, condamner et cibler ces entreprises qui bafouent sans scrupules le droit du travail et qui s'attaquent, parmi la main d'œuvre, aux plus faibles.

Enfin, le Groupement « Global Unions », au Moyen-Orient et ailleurs, agira sans relâche en faveur de la paix face à la dictature et à la corruption. L'exploitation et l'instabilité politique dues à une absence de règle de droit et de démocratie et aux injustices économiques montrent que la guerre et les conflits sociaux sont des risques permanents.

Aujourd'hui, les défis mondiaux sont plus importants que jamais, mais le mouvement syndical reste déterminé. Notre fière tradition de solidarité sert de fondation au progrès social, à la démocratie et à la paix, et nous donne la force de concrétiser le rêve d'une économie mondiale basée sur la justice, l'égalité, l'humanité et la durabilité.