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FMI: l'agenda néolibéral mis à mal par la crise

Publié 15 novembre 2011 Mis à jour 18 novembre 2011

Un nouveau document de recherche du Fonds monétaire international (FMI) affirme que la « bonne gouvernance » – telle que définie par les indicateurs favorables au marché de la Banque mondiale – et la libéralisation des marchés financiers ont tous deux un effet fortement négatif sur la performance des pays pendant la crise.

L’étude des chercheurs Donato Masciandaro, Rosaria Vega Pansini, et Marc Quinty, intitulée « The Economic Crisis: Did Financial Supervision Matter?» (crise économique: la supervision financière a-t-elle été utile?) examine l’effet de la réglementation du secteur public telle que mesurée par la Banque mondiale. Ils constatent que les pays qui ont suivi le modèle de la Banque mondiale sur la réglementation favorable au marché ont enregistré des résultats plus mauvais que les autres. « Cette variable est négative et d’une grande importance », affirme le rapport.

Les chercheurs ont découvert que la libéralisation du secteur bancaire a produit les mêmes résultats: Les coefficients significativement négatifs indiquent que les pays qui ont le plus libéralisé leurs systèmes financiers ont été les plus touchés par la crise bancaire et économique. »

L’étude résume ces découvertes dans des termes simples: « Les pays avec les meilleurs indices en terme de cadre réglementaire du secteur public, ainsi que les pays avec une dérégulation financière au plus haut point, ont été les plus touchés économiquement. »

L’étude se réfère également à des découvertes similaires d’une autre étude réalisée par des économistes de la Banque centrale européenne (« Market freedom and the global recession», liberté du marché et récession mondiale, par Domenico Giannone, Michele Lenza, et Lucrezia Reichlin), dans laquelle les auteurs ont conclu: « Lors de la récente crise, les pays qui ont obtenu les meilleurs résultats en termes de qualité de réglementation ont aussi été ceux qui ont le moins résisté à la récession mondiale. En relation directe avec ce point, le degré de réglementation bancaire semble être particulièrement significatif: une plus grande dérégulation bancaire est négativement corrélée à la résilience économique des pays. »

Les indications de ces découvertes sont indéniables: Davantage de restrictions sur les activités bancaires semblent avoir réduit les risques de souffrir de la récente crise financière. « Suite à la publication de ces documents de recherche, les conclusions à tirer sont claires: il est temps de sauver les emplois des travailleurs partout dans le monde, qui se battent pour gagner leur vie, et non de se concentrer sur la sauvegarde de la richesse des banquiers! », a déclaré Fred van Leeuwen, Secrétaire général de l’IE.