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Nigeria: Nous devons trouver une solution à la pénurie d'enseignants

Publié 6 novembre 2012 Mis à jour 12 novembre 2012

Le gouvernement fédéral doit payer les salaires des enseignant(e)s pour pouvoir préserver leurs emplois dans les Etats du Nigeria aux prises avec des difficultés financières. Telle fut la réaction de l'affilié national de l'IE, le Nigeria Union of Teachers (NUT), à la déclaration du Professeur Mohammed Ibn Junaid, Secrétaire exécutif de la Commission nationale des instituts pédagogiques, qui rappelait que le Nigeria avait besoin de plus de 1,3 million d'enseignant(e)s pour répondre aux exigences de l'éducation de base d'ici 2015.

Les Etats ne peuvent pas payer les salaires des enseignant(e)s

Pour combler cette pénurie d'enseignant(e)s, le gouvernement nigérian a lancé une politique de recrutement d'enseignant(e)s entre 2006 et 2008, le « Federal Teachers Scheme» (FTS). Cette dernière a permis au gouvernement de recruter 1 000 enseignant(e)s pour chacun des 36 Etats fédéraux, dont le Territoire de la capitale fédérale, et de leur verser une rémunération mensuelle.

Cependant, ces enseignant(e)s n'ont été embauché(e)s que pour une période de deux ans, à la suite de laquelle ils/elles devaient être engagé(e)s et payé(e)s par l'Etat dans lequel ils/elles prestaient leurs services. Malheureusement, étant donné que les États n'étaient pas en mesure de les rémunérer, la majorité d'entre eux se sont retrouvés sans emploi.

« Le problème majeur, qui a notamment été le cheval de bataille des syndicats auprès des divers gouvernements, c'est le chômage de masse qui pèse sur les jeunes diplômés de la population enseignante », a souligné le Secrétaire général du NUT, Obang I.J. Obong.

Combler le manque de personnel grâce aux enseignants sans emploi

Il a ajouté que de nombreux enseignants formés se retrouvaient aujourd'hui sur le marché de l'emploi, impatients de trouver un travail. Selon M. Obong, les dispositions constitutionnelles rendant les États responsables du fonctionnement de l'éducation au même titre que le gouvernement fédéral viennent compromettre le recrutement des enseignant(e)s.

« Nous devons mettre tout en œuvre pour parvenir à recruter de façon massive tous les enseignants du pays qualifiés, mais sans emploi », a-t-il ajouté. « De plus, le syndicat d'enseignants considère qu'il sera toujours nécessaire de former un grand nombre d'enseignants dans des instituts pédagogiques, étant donné que de nombreux enseignants quittent presque chaque jour la profession enseignante, en quête de meilleurs emplois. »

Le NUT exhorte l'Assemblée nationale à réexaminer la constitution du Nigeria, dans le but de décharger de façon non équivoque les autorités locales de la responsabilité qui leur incombe de verser les salaires des enseignants du primaire. Ces salaires devraient plutôt être financés par le Trésor.

Il appelle également le gouvernement fédéral à contrôler la disponibilité des enseignants dans les écoles. Toutes les autorités et les agences compétentes doivent s'engager à combler toutes les pénuries d'enseignants que connaît actuellement le système éducatif, dans le but d'offrir un service efficace dans les écoles publiques.

IE: C'est au gouvernement qu'il incombe de financer l'éducation

« Nous soutenons notre affilié nigérian dans le combat qu'il mène pour assurer une éducation de qualité », a déclaré le Secrétaire général de l'IE, Fred van Leeuwen. « Nous ne pourrons y parvenir qu'en veillant à ce qu'un nombre suffisant d'enseignant(e)s qualifié(e)s soit recruté, et à ce que ces derniers reçoivent un salaire décent. Les autorités du Nigeria et du monde entier doivent comprendre que c'est à elles qu'il incombe de garantir une éducation de qualité. »

Pour consulter la lettre du NUT, cliquez ici.