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La Pologne progresse dans les classements internationaux grâce aux enseignant(e)s

Publié 21 novembre 2014 Mis à jour 25 novembre 2014

Les enseignant(e)s ont été perçu(e)s comme l’acteur principal de l’amélioration du système scolaire polonais, au moment où les délégué(e)s se rassemblaient à l’occasion du 41ème Congrès national du syndicat polonais de l’éducation, le ZNP, dans un contexte de privatisation croissante.

Ces dix dernières années, le système scolaire en Pologne a progressé dans les classements internationaux. « Nous en sommes ravis », a déclaré le Président du ZNP, Slawomir Broniarz. « Mais il serait bon que les politiques cessent de s’en glorifier comme s’il s’agissait de leur victoire personnelle, et non de la victoire de la profession enseignante. »

Lors de son discours d’ouverture du Congrès, le 20 novembre à Varsovie, Broniarz a rappelé aux autorités polonaises qu’« en dépit de ce succès, nous faisons toujours partie du groupe des enseignantes et enseignants peu payés en Europe ».

En dix ans, les municipalités polonaises ont fermé quelques 1.000 écoles primaires, et ont délégué la responsabilité de 244 établissements à des organisations non gouvernementales. Le Président du ZNP a vertement tancé ces autorités locales.

« Nous ne pouvons accepter que des établissements publics soient fermés ou qu’ils passent aux mains d’organisations privées dans l’unique but de récolter de l’argent », a-t-il affirmé. « En privatisant nos écoles publiques, nous limitons l’accès à l’éducation, nous faisons fi du droit de chaque enfant polonais à une éducation gratuite, qui est garanti par la Constitution polonaise. Ces autorités locales sont donc hors la loi. » Il a exhorté le gouvernement national à intervenir et à rappeler aux municipalités leur responsabilité à l’égard des enfants et des enseignant(e)s.

Dans son allocution au Congrès, la Ministre de l’Education Joanna Kluzik-Rostkowska a noté que lorsque les municipalités sont confrontées au déclin de la population étudiante, les fermetures d’établissements peuvent s’avérer inévitables. Elle a également informé le Congrès que le Gouvernement souhaitait investir davantage pour permettre aux écoles de petite taille de rester ouvertes.

Le Congrès a débattu de plusieurs autres enjeux liés à la privatisation du secteur de l’éducation, comme les exigences de qualité et le statut des enseignant(e)s. Il n’existe aucun critère rigoureux régissant l’utilisation des fonds publics par les écoles privées; les enseignant(e)s qui travaillent dans ces établissements perçoivent donc actuellement des salaires de 30 à 70 pour cent plus faibles que les enseignant(e)s des écoles publiques.

Le Secrétaire général de l’Internationale de l’Education (IE), Fred van Leeuwen, et le Directeur de la région européenne de l’IE, Martin Rømer, ont pris part au Congrès, qui marquait le 100e anniversaire du ZNP. Dans son message aux délégués, van Leeuwen a déclaré, à propose des souffrances endurées par le peuple polonais au cours des Première et Deuxième Guerres mondiales, que, « en tant qu’éducatrices et éducateurs, nous sommes investis de la grande responsabilité de veiller à ce que les générations actuelles et futures n’oublient jamais ces souffrances. Nous devons faire en sorte que nous enfants étudient et comprennent les moments les plus sombres de notre histoire. Car, si nous ne le faisons pas, nous sommes condamnés à les reproduire. »

Broniarz, réélu par le Congrès, assumera pour les trois prochaines années la direction du ZNP, qui, avec ses  260.000 membres, est l’un des affiliés les plus importants de l’IE en Europe.