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UNESCO: combler le déficit de financement dans l’éducation et mettre fin à la violence sexiste

Publié 11 mars 2015 Mis à jour 30 mars 2015

Dans ses derniers rapports, l’UNESCO souligne la nécessité de financer convenablement l’éducation afin d’assurer une éducation de qualité pour tou(te)s, et tire la sonnette d’alarme à propos de la violence sexiste à l’école.

Coûts des objectifs d’éducation clés post-2015

Un rapport intitulé « Pricing the right to education: The cost of reaching new targets by 2030» et publié aujourd’hui montre qu’il existe un déficit de financement annuel de 22 millions de dollars américains sur la période 2015-2030 pour parvenir à un enseignement préprimaire, primaire et secondaire inférieur de qualité dans les pays à faible niveau de revenu et à revenu intermédiaire.

Le coût annuel total devrait passer de 100 milliards de dollars américains en 2012 à 239 milliards de dollars américains, en moyenne, au cours des 15 prochaines années. Le coût total va plus que tripler dans les pays à faible niveau de revenu. Ces chiffres sont quelques unes des principales constatations du Rapport mondial de suivi (RMS) sur l'Education pour tous (EPT) qui analyse les coûts à dégager pour atteindre les objectifs clés de l’agenda pour l’éducation post-2015.

Afin d’améliorer la qualité de l’éducation comme envisagé dans l’agenda post-2015, les dépenses par étudiant(e) devront augmenter de façon considérable. Par exemple, les pays à faible niveau de revenu devront faire passer le montant dépensé par élève du primaire de 65 de dollars américains à 199 de dollars américains d’ici 2030.

Le droit des filles à une éducation sure, inclusive et de qualité est compromis

Dans sa publication politique portant sur l’enseignement primaire et secondaire, « School-related gender-based violence (SRGBV) is preventing the achievement of quality education for all », l’UNESCO affirme que la violence sexiste à l’école est un problème mondial qui empêche les enfants, et en particulier les filles, d’exercer leur droit à une éducation sure, inclusive et de qualité.

L’organisation réclame une approche systématique et harmonisée pour identifier, suivre et comprendre la violence sexiste à l’école, ainsi que des interventions politiques musclées pour développer des solutions bien ciblées pour faire face au problème de façon efficace.

Les informations recueillies indiquent que la violence sexiste à l’école touche des millions d’enfants et d’adolescent(e)s dans le monde. C’est une des pires manifestations de la discrimination liée au sexe et elle va à l’encontre de plusieurs droits de l’enfant. L’éducation est essentielle pour renforcer la capacité d’action et transformer la vie des jeunes, et en particulier des filles. Pourtant, la violence sexiste est largement répandue dans les écoles et autour, et compromet sérieusement la réalisation d’une éducation de qualité, inclusive et équitable pour tous les enfants.

Engagements internationaux

Des recommandations sont proposées pour garantir les engagements et la collaboration des acteurs/trices de l’éducation mondiaux/ales et nationaux/ales, incluant les gouvernements, les ministères de l’éducation et les donateurs/trices.

Le rapport réclame que la violence sexiste à l’école soit clairement reconnue dans le cadre des objectifs de développement durable post-2015 et inclue dans les efforts entrepris pour atteindre l’équité dans les objectifs d’éducation.

« C’est dans les écoles que la violence sexiste a lieu, mais c’est aussi à cet endroit qu’elle peut s’arrêter », insiste le document. Les écoles devraient être des lieux d’apprentissage où les normes sociales et les inégalités de genre sont combattues et transformées, notamment au travers d’attitudes et de pratiques condamnant la violence.

Le rapport a été publié conjointement par le RMS sur l'EPT, l’UNESCO, et l'Initiative des Nations Unies pour l'éducation des filles à l’occasion de la 59e session de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies à New York, aux Etats-Unis.