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Kosovo: les efforts de négociation collective réalisés par les syndicats largement soutenus au niveau européen

Publié 4 mai 2015 Mis à jour 6 mai 2015

La région européenne de l’Internationale de l’Education demande aux autorités publiques une mise en œuvre complète de l’accord collectif signé il y a un an.

Le 29 avril, le Comité syndical européen de l’éducation (CSEE) a écrit au membre de l’Internationale de l’Education, l' Union of Education, Science and Culture of Kosovo(SBASHK), pour exprimer sa solidarité pour les actions de protestation lancées ce jour-là dans les pré-universités et universités.

La lettre note « la tactique dilatoire intolérable du ministère de l’Education, des Sciences et Technologies du Kosovo (MEST) » qui ne respecte pas l’accord signé avec les représentant(e)s syndicaux/ales, reconnaissant que leur « patience a été mise à rude épreuve ».

En attente

Le syndicat a demandé le soutien du CSEE en expliquant qu’il a organisé trois actions syndicales progressives début 2015 en raison de l’absence de mise en œuvre de certaines parties de l’accord collectif signé avec le MEST en avril 2014. Les points suivants devaient notamment être mis en œuvre en janvier 2015: une augmentation salariale de 0,5 pour cent basée sur l’expérience professionnelle, une intervention de 70 pour cent sur le prix du ticket de bus pour les enseignant(e)s utilisant ce mode de transport, et une intervention de deux euros par jour par enseignant(e) pour les repas.

Le gouvernement n’a toujours pas appliqué l’accord, même après les actions syndicales. Le syndicat a pourtant donné suffisamment de temps au ministère et a tenu de nombreuses réunions avec ses représentant(e)s.

Le succès viendra

Dans sa lettre, le CSEE a déclaré s’aligner « sans réserves » derrière les protestataires et soutenir leurs « revendications justes et justifiées en faveur d’une correction immédiate de l’approche imprécise et injuste du ministère ». Il estime que les efforts et la persistance des membres du SBASHK pour rappeler au MEST sa responsabilité envers les travailleurs/euses de l’éducation finiront par porter leurs fruits.

« Le CSEE remercie tous les protestataires pour leur contribution importante qu’ils apportent pour réaliser un avenir meilleur grâce à leur défense active de la qualité de l’éducation », a déclaré le Directeur du CSEE, Martin Rømer.

Calendrier

Afin de souligner ses préoccupations, le Comité exécutif du SBASHK a décidé d’appeler à la grève générale le 20 avril. Le gouvernement a demandé au syndicat de ne pas faire grève et au cours d’une réunion extraordinaire le 18 avril, il a été décidé qu’une des revendications du SBASHK – une augmentation salariale de 0,5 pour cent sur la base de l’expérience professionnelle – serait appliquée dès le salaire du mois d’avril.

Le 19 avril, le Comité exécutif du SBASHK a décidé de reporter la grève d’une semaine, afin de vérifier si le gouvernement allait mettre en œuvre sa décision.

Toutefois, le gouvernement n’a pas tenu sa promesse. Lors d’une autre réunion extraordinaire le 27 avril, le Comité exécutif du SBASHK a décidé d’appeler à la grève générale dans les pré-universités et universités le 29 avril.

Appel au dialogue

Pendant la grève, tou(te)s les travailleurs/euses doivent se trouver sur leur lieu de travail, a expliqué le Président du SBASHK Rrahman Jasharaj, ajoutant que « la grève durera aussi longtemps que le gouvernement ne corrige pas ses erreurs sur les fiches de salaire ». Toutefois, il a ajouté que les autres obligations gouvernementales découlant de l’accord collectif signé entre le SBASHK et le MEST ne devaient pas être oubliées.

Afin de protéger une éducation de qualité et assurer la paix et la justice sociale au Kosovo, le CSEE espère la poursuite d’un réel dialogue efficace menant à « la seule issue correcte, c’est-à-dire la bonne mise en œuvre de l’accord collectif signé par les deux partenaires sociaux, le SBASHK et le MEST ».