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L’aide du Royaume-Uni aux écoles privées jugée contraire aux droits humains par les militant(e)s internationaux/ales

Publié 14 octobre 2015 Mis à jour 21 octobre 2015

Deux rapports inédits ont révélé que la politique de financement du développement de l’éducation mise en place par le Royaume-Uni et favorisant les écoles « à bas coût » à but lucratif pourrait être contraire aux obligations nationales en matière d’éducation gratuite et de qualité.

Un groupe d’organisations britanniques et mondiales, parmi lesquelles l’Internationale de l’Education (IE) et ses affiliés, ont exprimé leurs inquiétudes après avoir appris que le gouvernement britannique, et notamment son Département du développement international(DfID), violerait le droit à l’éducation en soutenant l’expansion des écoles privées en Afrique et en Asie du Sud-Est.

« L’argent du contribuable destiné à servir le bien-être éducationnel des élèves ne peut en aucun cas être détourné pour remplir les poches des milliardaires et des multinationales », a déclaré Angelo Gavrielatos, Directeur du projet Réponse mondiale à la privatisation de l’éducation.

Ces organisations, regroupant des militant(e)s du Kenya, de l’Ouganda et du Ghana, ont soumis des rapports aux instances compétentes des Nations Unies, en l’occurrence au Comité des droits de l’enfant des Nations Unies et au Conseil des droits économiques, sociaux et culturel, par le biais de l’organisation Right to Education Project, afin de condamner l’utilisation croissante de l’aide publique britannique au bénéfice d’écoles primaires à vocation commerciale, en particulier les écoles privées dites « low cost », responsables de creuser les inégalités, de favoriser la ségrégation et de bafouer le droit à l’éducation.

Le rapport « Participation du Royaume-Uni au déploiement de l’éducation privée au travers de son aide publique au développement : mise en cause des responsabilités du gouvernement britannique concernant ses obligations extraterritoriales » analyse le soutien apporté par le DfiD aux chaînes d’écoles à bas prix visant la rentabilité commerciale, lesquelles embauchent du personnel enseignant non qualifié.

« L’éducation est un droit humain, un droit civil et un bien public. Les politiques d’aide publique du gouvernement britannique ne peuvent en aucun cas nuire à ce principe. Il est clair que la promotion de la privatisation en Asie et en Afrique soutenue par le DfID va à l’encontre du droit à une éducation publique gratuite et de qualité. Jusqu’à présent, nous n’avions aucune preuve tangible pour le prouver, mais aujourd’hui plusieurs recherches révèlent l’ampleur du problème. Il faut que tout cela s’arrête », a déclaré Christine Blower du National Union of Teachers.

Parmi les acteurs privés bénéficiant de ce financement, le groupe Bridge International Academies implanté notamment au Kenya s’oppose à une réglementation gouvernementale éventuelle qui exigerait que « la moitié [et non l’intégralité] des effectifs d’une école soient titulaires d’un diplôme d’enseignement agréé et qu’ils soit rémunérés adéquatement. ». Les exemples tels que celui qui précède démontrent clairement à l’IE et à d’autres organisations que la décision des acteurs privés d’embaucher des « enseignant(e)s » sans qualification est essentiellement motivée par leur programme commercial et leur volonté de maximiser leurs profits.

Les rapports ont été soumis par Right to Education Project aux instances compétentes des Nations Unies, en l’occurrence au Comité des droits de l’enfant des Nations Unies et au Conseil des droits économiques, sociaux et culturel, avec le soutien des organisations suivantes: ActionAid International, ActionAid Royaume-Uni, Association of Teachers and Lecturers, Centre pour les lois d’intérêt public, Réseau Child Rights International Network, Centre de l’Afrique de l’Est pour les droits humains, Collaboration de l’Afrique de l’Est pour les droits économiques, sociaux et culturels, Centre pour les droits économiques et sociaux - Hakijamii, Internationale de l’Education, Fédération des ONG de l’éducation en Uganda, Coalition ghanéenne de la Campagne mondiale pour l’éducation, Campagne mondiale pour l’éducation, Initiative mondiale pour les droits économiques, sociaux et culturels, Global Justice Now, Centre de promotion des droits humains,  Réseau des droits humains pour les journalistes, Initiative pour les droits sociaux et économiques en Ouganda, Commission internationale des juristes – section kényane, Kenya National Union of Teachers, Kenya Youth Foundation, Mathare Association, National Union of Teachers, Initiative de recherche sur la, privatisation de l’éducation, Soweto Forum,  Uganda National Teachers’ Union, University and College Union et Women Uganda.