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Irlande: un syndicat lance une charte afin de lutter contre la précarisation de l’enseignement

Publié 10 octobre 2016 Mis à jour 13 octobre 2016

L’Irish Federation of University Teachers vient de lancer une charte relative aux travailleurs/euses occasionnel(le)s de l’Université de Cork, proposant un code de bonnes pratiques à l’intention de ses membres, afin de les inciter à soutenir et à défendre les travailleurs/euses occasionnel(le)s et précaires de l’université.

Adoptée par la section de l’ Irish Federation of University Teachers(IFUT) de l’Université de Cork ( University College Cork-UCC), cette charte reconnaît qu’à l’heure actuelle, au moins un tiers du personnel enseignant travaille sur une base occasionnelle.

Résultant d’une réunion organisée en avril dernier dans les locaux du syndicat par la section IFUT de l’UCC autour du thème « Précarisation de la profession universitaire: solidarité ou précarité », la charte expose les principes concertés que les membres de l’IFUT devront observer en vue d’intensifier les pressions exercées sur l’UCC, afin que cette dernière améliore ses pratiques en matière d’emploi et de travail. En outre, elle a pour vocation d’appuyer les actions collectives susceptibles d’être mises en œuvre par le personnel en place afin de protéger les plus vulnérables.

Une situation décourageante

« Plus de 200 personnes sont aujourd’hui concernées, rien qu’à l’UCC », déplore Mike Jennings, Secrétaire général de l’IFUT, qui appelle à mettre un terme à la politique de précarisation qui sévit au sein de l’UCC, mais également de l’ensemble du système universitaire. « Cette situation est extrêmement décourageante pour toutes les personnes impliquées, ainsi que pour l’ensemble du personnel académique. Elle se traduit par une rotation rapide du personnel, des salaires et des conditions de travail éminemment précaires et, au final, une qualité de l’enseignement qui laisse à désirer. »

En lançant des actions dans ce sens, les membres de l’IFUT s’assurent de ne pas soutenir de quelconques pratiques d’exploitation, et de ne pas y participer de quelque façon que ce soit, a-t-il insisté.

Principes de la charte

La charte de l’IFUT relative à l’UCC s’énonce comme suit:

·         « Nous n’encouragerons d’aucune manière les pratiques immorales/d’exploitation en matière d’emploi ou de travail;

·         Nous mènerons des actions collectives afin de défendre les droits des travailleurs/euses occasionnel(le)s;

·         Nous nous élèverons contre les tentatives de précarisation de notre profession;

·         Nous reconnaîtrons que les travailleurs/euses précaires ont besoin de notre soutien et sont vulnérables;

·         Nous utiliserons les médias sociaux pour diffuser des témoignages de situation précaire;

·         Nous nous engagerons aux côtés du Syndicat des étudiants afin de veiller à ce que les étudiant(e)s soient conscient(e)s des conditions de travail inacceptables dans lesquelles exercent certain(e)s de leurs professeur(e)s et maître-assistant(e)s;

·         Nous plaiderons largement et ouvertement la cause des travailleurs/euses précaires occasionnel(le)s auprès de nos collègues, de telle sorte que personne ne puisse prétendre ignorer l’existence de cette situation;

·         Nous étudierons les statuts des collègues avec lesquel(le)s nous travaillons ou collaborons, et exigerons qu’ils/elles soient rémunéré(e)s pour l’ensemble du travail qu’ils/elles accomplissent, en ce compris la préparation des cours, les réunions avec leurs collègues ou avec les étudiant(e)s, ainsi que les corrections/évaluations;

·         Nous appellerons nos départements respectifs, les écoles et les établissements d’enseignement supérieur à déclarer précisément dans quelle mesure ils font appel aux travailleurs/euses occasionnel(le)s dans le cadre de leurs programmes;

·         Nous lancerons et mènerons une campagne afin de sensibiliser l’opinion publique au recours considérable aux travailleurs/euses occasionnel(le)s dans le cadre de leurs programmes: 'Combien d’unités d'enseignement précaires?'

·         Là où une rémunération horaire reste la seule solution proposée, nous plaiderons en faveur de l’instauration d’un quota d’heures significatif et réaliste qui devront être payées à tou(te)s les travailleurs/euses occupant des fonctions d’enseignant(e)s et de surveillant(e)s à titre occasionnel, qui sera largement supérieur au nombre d’heures qu’ils/elles passent en cours, au contact des élèves. »