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Belize: un syndicat de l’éducation contraint le gouvernement à accepter ses revendications

Publié 24 octobre 2016 Mis à jour 2 novembre 2016

Le Belize National Teachers’ Union a interrompu la grève qu’il menait en faveur de meilleures conditions de travail et de vie pour les enseignant(e)s et d’une éducation de qualité, après que le gouvernement national eut accepté d’accéder aux revendications des éducateurs/trices.

« Depuis huit ans, le Belize National Teachers’ Union (BNTU) se bat pour nouer un dialogue social avec les autorités », a déclaré le Président du BNTU Luke Palacio. Et d’ajouter: « nous voulons veiller à ce que les étudiantes et étudiants reçoivent l’éducation qu’ils méritent, et rappeler que les enseignantes et enseignants font plus pour leurs communautés que simplement enseigner ».

Le 18 octobre dernier, le BNTU a décidé d’interrompre sa grève, qui avait débuté le 3 octobre, après que le gouvernement eut accepté d’accéder à certaines de ses revendications.

Revendications du syndicat de l’éducation

Entre autres choses, les éducateurs/trices ont exigé une augmentation des salaires, afin de s’aligner sur le coût de la vie. Si le gouvernement du Belize avait initialement accordé un ajustement supplémentaire de trois pour cent en 2016, il a annoncé que ce dernier avait dû être reporté à cause de l’ouragan Earl, qui s’est abattu sur le pays le 4 août dernier. Le BNTU a accepté ce compromis, à la condition qu’une compensation soit versée aux éducateurs/trices. Le Premier ministre du Belize, Dean Barrow, a accepté d’accorder aux enseignant(e)s un intérêt de cinq pour cent sur l’ajustement initial sur les salaires de trois pour cent, que les enseignant(e)s ont accepté de reporter.

Barrow a également promis de signer un amendement à la Loi sur la sécurité sociale, afin d’étendre et d’élargir la couverture ainsi que les droits des travailleurs/euses, de façon à ce que tou(te)s les employé(e)s du Belize soient assuré(e)s sur le trajet entre leur domicile et leur lieu de travail, et ce, même s’ils/elles utilisent des moyens de transport non fournis par leur employeur. A l’heure actuelle, les travailleurs/euses sont couvert(e)s uniquement s’ils/elles utilisent les moyens de transport fournis par leur employeur pour leurs trajets, et ne sont ainsi pas protégé(e)s lorsqu’ils/elles prennent les transports publics, comme c’est le cas pour la majorité des éducateurs/trices.

Le gouvernement a ajouté qu’il prendrait les mesures qui s’imposent pour faire passer le projet de loi sur la santé et la sécurité au travail.

Le BNTU revendique également une égalité totale de traitement entre les enseignant(e)s travaillant dans le secteur public et ceux/celles qui exercent dans des écoles subventionnées, et notamment une égalité de traitement pour tou(te)s les enseignant(e)s en matière de retraite. Le gouvernement a accepté de rouvrir les négociations en ce qui concerne les retraites.

Points d’achoppement

Cependant, le syndicat de l’éducation rejette fermement la décision du gouvernement de ne pas rémunérer les jours débrayés des enseignant(e)s grévistes et de demander au BNTU de recourir à son fonds de grève pour les payer. Le syndicat de l’éducation insiste sur le fait que son fonds de grève doit uniquement servir à financer les actions et les activités de grève.

« C’est une question de bonne gouvernance et de respect des questions relatives aux travailleuses et travailleurs », a souligné Palacio. « Les enseignantes et enseignants sont prêts à rattraper les heures d’enseignement perdues », a-t-il poursuivi, ajoutant qu’« ils se battent pour le Belize, de la même façon que l’on attend d’euxqu’ils contribuent chaque jour au développement de leur pays ».

Reconnaissant que les enfants ont besoin d’apprendre, Palacio a rappelé que « les parents doivent également comprendre qu’il est de notre devoir d’aimer ce pays, et si nous l’aimons, nous devons continuer à nous battre pour ce qui, selon nous, fera du Belize un pays meilleur, pas seulement pour nous, mais également pour les générations futures ».

L’Internationale de l’Education et le Caribbean Union of Teachers demandent aux autorités publiques compétentes du Belize d’instaurer, en toute bonne foi, un dialogue social avec le BNTU.