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Lancement du dernier rapport de l’UNESCO sur l’éducation mondiale

Publié 8 décembre 2016 Mis à jour 22 décembre 2016

Le lancement officiel de la nouvelle édition du Rapport mondial de suivi sur l’éducation sera organisé à Bruxelles, afin de mettre l’accent sur les changements sociétaux fondamentaux nécessaires à la réalisation des objectifs de développement mondiaux.

L’équipe responsable du Rapport mondial de suivi sur l’éducation, publié initialement en septembre, organisera un événement marquant à Bruxelles, juste avant une audition européenne, pour la première fois le 9 décembre au Club de la presse de Bruxelles, de 09h30 à 11h00.

Le rapport montre le potentiel que représente l’éducation pour faire progresser les objectifs mondiaux énumérés dans le Programme 2030 pour le développement durable (ODD). Il met également en avant la nécessité pour les écoles d’opérer une transformation majeure pour pouvoir déployer ce potentiel et relever les défis auxquels sont confrontées actuellement l’humanité et la planète.

Connu auparavant sous l’appellation Rapport mondial de suivi sur l’Education pour tous (RMS), le Rapport mondial de suivi sur l’éducation (GEM) de cette année se consacre aux ODD adoptés par les Nations Unies en septembre 2015, insistant plus particulièrement sur l’ODD 4 portant sur l’éducation de qualité et le rôle crucial de celle-ci dans la réalisation de l’ensemble des ODD. Ce rapport est le premier d’une série, qui a vu le jour il y a 15 ans, à être lancé dans le nouveau contexte marqué par l’adoption des ODD, successeurs des Objectifs du Millénaire pour le développement qui ont orienté les politiques de développement internationales entre 2000 et 2015.

L’éducation peut favoriser le développement social inclusif

En accord avec le point de vue que défend l’IE de longue date, le rapport GEM affirme que l’éducation est étroitement liée au développement durable. Elle contribue à la lutte contre le changement climatique et exerce une influence positive dans le cadre de la prévention et de la résolution des conflits. Selon le rapport, l’éducation a un rôle majeur à jouer dans la transformation de nos économies et le développement social inclusif. Il appelle les gouvernements à identifier et éliminer les causes structurelles de l’exclusion: « Pour changer les normes discriminatoires et autonomiser les femmes et les hommes, il faut réformer l’éducation et le contenu qu’elle transmet afin de peser sur les valeurs et les attitudes ».

Nouveaux objectifs, nouveaux mécanismes de suivi

L’un des défis clés mis en avant par le rapport GEM est celui qui consiste à assurer le suivi de l’éducation dans le nouveau cadre des ODD. L’accès à l’enseignement primaire et secondaire reste un problème majeur, sachant que 263 millions d’enfants et de jeunes en âge de fréquenter ces deux niveaux du système éducatif ne sont toujours pas scolarisés. Le rapport souligne également l’importance de pouvoir accéder et participer aux autres échelons de l’enseignement, depuis l’éducation de la petite enfance à la formation des adultes.

Accès, résultats et compétences

Le rapport montre également que le fait de privilégier les résultats d’apprentissage, comme le proposent certain(e)s, en écartant la question de l’accès et des ressources, privera des millions de jeunes de l’éducation à laquelle ils/elles ont droit. L’IE appelle également à l’adoption d’une approche plus équilibrée et holistique de l’éducation de qualité, centrée sur un large éventail d’intrants, sur les processus d’enseignement et d’apprentissage et sur les résultats d’apprentissage au sens le plus large.

Le rapport GEM examine par ailleurs le type de compétences enseignées en matière de développement durable et de citoyenneté mondiale, ainsi que les méthodes d’enseignement utilisées pour leur acquisition. Il constate que 75 % des pays intègrent la thématique du développement durable à leurs programmes scolaires nationaux, alors que 6 % à peine l’intègrent à leurs programmes de formation destinés aux enseignant(e)s. Cette rupture entre la formation de l’enseignant(e) et le programme scolaire implique que les effectifs ne sont pas préparés à aborder la question du développement durable au sein des écoles.

Sécurité dans les écoles

S’agissant des infrastructures scolaires et des environnements pédagogiques, le rapport GEM souligne que l’amélioration des installations sanitaires dans les écoles a une incidence positive significative sur la santé et l’éducation. Malgré ce constat, seules 52 % des écoles primaires dans les pays les moins développés de la planète bénéficiaient d’un approvisionnement en eau en 2013. Les violences et les attaques restent omniprésentes dans les écoles, 40 % des élèves déclarant avoir été impliqués dans des affrontements physiques.

50 ans de retard

Les prévisions du rapport concernant les taux de scolarisation au niveau mondial doivent se comprendre comme une sérieuse mise en garde lancée aux gouvernements : si les tendances actuelles se confirment, l’enseignement primaire universel sera réalisé en 2042, le cycle inférieur de l’enseignement secondaire en 2059 et le cycle supérieur en 2084. Pour les pays les plus pauvres, l’enseignement primaire universel ne sera réalisé qu’un siècle après les pays riches. La sonnette d’alarme étant tirée, les gouvernements doivent à présent faire preuve de leur volonté politique et s’engager à investir dans l’éducation et les enseignant(e)s.

Le rapport (en anglais) peut être téléchargé ici.