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Le Mexique célèbre le centenaire de l’éducation en tant que droit public

Publié 9 février 2017 Mis à jour 15 février 2017

Cela fait un siècle que l’éducation est un droit pour tou(te)s les citoyen(ne)s au Mexique: le SNTE, un affilié mexicain de l’Internationale de l’Education, a ainsi organisé une célébration à la hauteur de l’événement, à l’occasion du centenaire de l’adoption de la constitution nationale de ce pays.

Les dirigeant(e)s syndicaux/ales du Sindicato Nacional de Trabajadores de la Educación(SNTE) se sont joint(e)s à leur Président, Juan Díaz de la Torre, ainsi qu’à des responsables politiques de haut rang, des universitaires et des délégué(e)s internationaux/ales afin de fêter le centenaire de l’enseignement public gratuit, un droit institué par la Constitution mexicaine de 1917.

L’événement était présidé par Díaz de la Torre, accompagné du Gouverneur de l’Etat de Mexico, Eruviel Ávila Villegas, et du Secrétaire de l’Education publique, Aurelio Nuño Mayer, lequel a signé la déclaration de la SNTE « Pour l’éducation et l’école publique ».

Un droit humain et un bien public

A l’occasion du séminaire international « Pour l’éducation et l’école publique », organisé par le SNTE dans le cadre de ces célébrations, Díaz de la Torre s’est appuyé sur l’article 3 de la Constitution – stipulant que l’éducation est un droit pour tou(te)s – afin de réaffirmer l’engagement du Mexique à faire de l’éducation un droit humain fondamental ainsi qu’un bien public.

En outre, il a mis en lumière les opportunités créées par l’instauration d’un enseignement public gratuit et obligatoire au profit de tou(te)s les Mexicain(e)s, et en particulier de ceux/celles qui sont durement touché(e)s par les inégalités et la pauvreté. « Le système éducatif constitue désormais le meilleur fondement pour bâtir un pays pétri de justice et d’équité », à l’heure où près de 80 pour cent de la population ne sait ni lire ni écrire, a-t-il déclaré.

Soutien international

A cet événement étaient également présent(e)s d’éminent(e)s chercheurs/euses internationaux/ales. Antoni Verger, membre de l’Université autonome de Barcelone, en Espagne, a exposé les conclusions de sa dernière étude relative à l’expansion de l’enseignement privé à but lucratif en Amérique latine. Gustavo Fischman, de l’Université d’Arizona, et Carol Anne Spreen, de l’Université de New York, aux Etats-Unis, ont quant à eux présenté leurs recherches sur les politiques publiques et l’éducation. L’ensemble des intervenant(e)s étaient unanimes: l’éducation, en tant que droit humain et bien public, revêt une importance capitale dans le développement d’une nation.

IE: « il est temps de bâtir des ponts, pas des murs »

Lors de son allocution, David Edwards, Secrétaire général adjoint de l’IE, a manifesté son soutien à l’égard du Mexique, un pays qui doit actuellement faire face à des défis en matière de politique étrangère. « Il est temps de bâtir des ponts, pas des murs », a-t-il affirmé, tout en félicitant le SNTE et ses membres pour ce centenaire de l’enseignement public, obligatoire, gratuit et laïc. Par ailleurs, il a souligné le rôle essentiel que joue le syndicat dans la lutte contre la privatisation et la commercialisation de l’éducation, un combat « possible, nécessaire et urgent », à l’heure où les entreprises d’éducation cherchent à faire de l’éducation une pratique commerciale.

Il a également rappelé « le long chemin parcouru pour faire du privilège de l’éducation un droit public », tout en saluant le rôle du mouvement enseignant dans la définition, l’institutionnalisation et la mise en œuvre de ce droit. « Si nos victoires doivent nous rendre fiers, nous devons rester vigilants et continuer à défendre ce droit pour nos enfants et les générations à venir. Nous pouvons tout de même être fiers des 100 années qui viennent de s’écouler. »