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Faire tomber les barrières

Publié 28 septembre 2005 Mis à jour 28 septembre 2005

Elèves et enseignants LGBT ont légalement droit à des conditions d’apprentissage et de travail sûres. Pourtant, la réalité est bien différente. C’est pourquoi, l’IE encourage les syndicats d’enseignants à défendre le droit à l’éducation de tous les élèves dans le cadre de la campagne Education Pour Tous. Au Chili, des élèves expulsés en raison de leur orientation sexuelle ont entrepris une campagne nationale de sensibilisation.

Les systèmes scolaires nationaux traitent différemment les élèves en fonction de leur genre, statut social, origine ethnique, orientation ou identité sexuelle. Et on constate des écarts significatifs dans les résultats scolaires entre les groupes. Les programmes d’études se basent sur des objectifs et des normes qui omettent de reconnaître, inclure et respecter les différences. La NEA, organisation américaine affiliée à l’IE, estime que chaque jour, près de 160.000 étudiants ratent l’école par crainte d’être intimidés ou agressés par d’autres élèves.

Au Chili, des élèves homosexuels expulsés de différentes écoles en raison de leur orientation sexuelle ont mis sur pied une "brigade" pour promouvoir dans les écoles le débat sur l’homosexualité. Dans le cadre d’une expérience pilote, ils se rendent dans 12 écoles: 6 municipales et 6 privées. Le public est composé d'élèves âgés entre 16 et 18 ans, de représentants d'associations de parents, d'enseignant-e-s et de spécialistes.

Ce projet bénéficie du soutien du ministre de l’Education du Chili, Sergio Bitar, qui établira un plan de travail concernant l’éducation sexuelle sur la base des lignes directrices présentées par une commission d’experts . Le ministère soutiendra l’inclusion de l’homosexualité dans les directives de toutes les écoles pour qu’on ne puisse plus jamais priver un-e élève de son droit à l’éducation sur base de son orientation sexuelle. La formation des enseignants figure aussi parmi les priorités du ministère.

Aux yeux du ministre, il est légitime que les groupes de pression défendent leurs intérêts pour autant que cela ne perturbe pas la scolarité et qu'il n'y ait pas de prosélytisme. Pour Jorge Pavez, du syndicat chilien CPC et membre du Bureau exécutif de l'IE, le gouvernement tente une ouverture timide tout en ménageant une société chilienne encore traversée par l'intolérance. "L'existence de pouvoirs de fait, l'inefficacité de l'Etat et l'intolérance ne créent pas les conditions pour que la société, sans peur et préjugés, instaure des espaces libres de discrimination, comme devraient évidemment l'être les écoles", explique Jorge Pavez.

Que peuvent faire les syndicats

Les syndicats d'enseignants doivent promouvoir et aider à élaborer des programmes scolaires visant à combattre l’intolérance et les préjugés. Ils doivent également assurer une orientation professionnelle aux enseignants dans leur travail. Certaines solutions sont complexes et peuvent même s’appuyer sur une combinaison de facteurs, comme la législation, l’éducation de qualité, des mesures proactives et l’engagement de groupes spécifiques.

En 2004, l’IE et l’Internationale des Services Publics (ISP) ont créé un Forum mondial LGBT pour épauler les syndicats et mieux défendre les droits des LGBT dans leur travail quotidien. Toute requête ou suggestion peut être adressée à [email protected]