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Conclusions de Fred van Leeuwen, le Secrétaire général de l'IE, au Séminaire de haut niveau, qui s'est tenu à Varsovie, du 2 au 4 septembre 2009, concernant l'impact de la crise économique sur l'éducation en Europe centrale et orientale

Publié 4 septembre 2009 Mis à jour 4 septembre 2009

Cher(e)s Collègues,

Ces deux derniers jours, nous avons échangé des idées et des expériences, et élaboré des propositions concernant l'impact de la crise financière et économique sur le secteur de l'éducation.

S'il y a une conclusion que nous pouvons tirer tout de suite, c'est que la crise affecte très sérieusement cette région et va sans doute continuer à le faire. Nous devons trouver les moyens de faire face à cette situation de manière collective, et exercer notre influence pour en atténuer et en réduire les effets.

Les séances de jeudi nous ont aidés à identifier clairement les différents aspects et tendances inquiétants de l'impact sur nos systèmes éducatifs et sur notre profession. Nos syndicats ont un rôle crucial à jouer, non seulement pour protéger les intérêts de nos membres et de la profession enseignante dans son ensemble, mais aussi pour défendre le droit à l'éducation, et pour veiller à ce que les progrès accomplis jusqu'à présent pour réaliser l'enseignement primaire universel ne soient pas sapés par les coupes budgétaires actuelles et les politiques néfastes et à court terme mises en œuvre par les gouvernements.

Nous devons réaffirmer et soutenir partout la thèse que l'éducation est un des investissements les plus rentables qu'un pays puisse faire pour garantir la croissance économique et le développement futurs.

L'éducation fait partie intégrante de la reprise. Une éducation de qualité offre aux gens les connaissances et les compétences dont ils ont besoin pour obtenir un emploi et augmenter leur revenu, ce qui, si les circonstances sont favorables, aura un impact réel sur la réduction de la pauvreté dans l'ensemble et sur la croissance économique au niveau national.

Alors que le chômage s'accroît de manière générale, les gouvernements doivent assurer la continuité de l'investissement dans le secteur de l'éducation. Le financement public de l'éducation est essentiel afin de garantir équité et impartialité.

Vous avez systématiquement fait état de réductions budgétaires, du gel du recrutement des enseignants, de licenciements d'enseignants, de réductions de salaires et d'avantages connexes, et de la détérioration des cadres d'apprentissage pour tous les étudiants. Toutes ces réductions augmenteront le nombre d'élèves par classe, affecteront la qualité de l'éducation, et feront s'accroître le taux d'abandon scolaire, et, même, le travail des enfants.

Il a été montré hier que les inscriptions d'enfants dans les écoles primaires déclinent au plan mondial et nous ne pouvons tout simplement pas accepter cette situation. Nous considérons comme totalement inacceptable de sacrifier l'avenir d'une génération d'enfants et de ne pas offrir aux adultes les possibilités de formation et de développement des compétences qui les aideraient à trouver de nouveaux emplois et contribueraient au développement de la société.

Durant les ateliers et la dernière séance de ce matin consacrée à la stratégie à adopter, nous avons souligné l'importance de développer nos propres capacités, d'entreprendre nos propres recherches et de répondre à la crise d'une manière plus crédible et plus cohérente.

Nous avons pris bonne note de vos besoins et continuerons à travailler intensivement sur notre campagne « Levez la main pour l'éducation! » Nous élaborerons un document stratégique comme supplément à nos bulletins d'information, afin de fournir un exemple aux autres régions. Nous poursuivrons notre travail pour faire face aux défis posés par la crise, par exemple en Amérique Latine et en Asie, dans les semaines à venir. Il y aura une conférence régionale à Sao Paolo fin septembre, et à Bangkok fin octobre. Nous aborderons avec nos membres les mêmes problèmes que ceux discutés ces derniers jours.

Il est important de souligner que, avec nos partenaires du mouvement syndical mondial, nous continuerons à plaider en faveur de la réforme des institutions financières internationales et de l'assouplissement des conditions strictes qu'elles lient toujours aux prêts accordés aux pays.

Nous faisons face aux problèmes, mais je crois fortement en la valeur des échanges que nous avons eus. Je pense que nous pouvons quitter Varsovie mieux préparés à nous élever collectivement pour relever les vrais défis qui se dressent devant nous et pour agir avec une énergie et une conviction renouvelées. Cette crise est un problème mondial qui requerra des solutions mondiales.

Selon une citation de Nelson Mandela, « L'éducation est l'arme la plus puissante que vous puissiez utiliser pour changer le monde ». Je crois que cette vérité est un argument tellement puissant de notre plaidoyer, tant aux plans national et régional qu'au plan mondial, qu'avec lui, nous ne pouvons pas échouer.