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Côte d’Ivoire : la FOSEF-CI crée sa cellule féminine et renforce le leadership des femmes

Publié 25 février 2026 Mis à jour 25 février 2026

Renforcer le leadership des femmes n’est pas seulement une exigence d’égalité, c’est une condition essentielle pour construire des organisations syndicales plus démocratiques, plus représentatives et plus influentes. En plaçant les femmes enseignantes au cœur de son projet syndical, la Fédération des Organisations Syndicales de l’Éducation- Formation de Côte d’Ivoire (FOSEF-CI), contribue à redéfinir les équilibres du pouvoir syndical et à renforcer la capacité du mouvement de l’éducation à défendre le droit à un enseignement public de qualité pour toutes et tous.

Le 21 février 2026, la FOSEF-CI, affiliée à l’Internationale de l’Éducation (IE), a tenu la toute première réunion de sa cellule féminine, baptisée les Amazones des temps modernes. Cette rencontre fondatrice constitue un tournant politique et organisationnel pour la fédération, en plaçant la promotion du leadership des femmes au cœur de son action syndicale.

En présence du président de la fédération, Kaba Sory, et des responsables syndicaux, la réunion a confirmé la volonté de la fédération d’inscrire durablement la question de l’égalité de genre dans ses priorités stratégiques. Pour la FOSEF-CI, la création de cette cellule féminine répond à un double objectif : renforcer la participation des femmes enseignantes à la vie syndicale et contribuer à un syndicalisme plus représentatif, plus inclusif et plus fort.

Un engagement clair pour transformer le syndicalisme

S’exprimant au nom des amazones des temps modernes, la présidente de la cellule féminine, Maman Bangoura, a réaffirmé la détermination des femmes syndicalistes à jouer un rôle actif, tant au niveau national qu’international. La cellule féminine entend rapidement se structurer autour d’actions concrètes : campagnes de sensibilisation, organisation de conférences et de formations syndicales, rédaction d’un cahier de revendications et mobilisation à l’occasion du 8 mars 2026, Journée internationale des femmes.

Maman Bangoura, présidente de la cellule féminine de la FOSEF-CI.

Au-delà des activités prévues, cette dynamique traduit une ambition politique plus large : faire émerger une nouvelle génération de femmes dirigeantes capables d’influencer les orientations syndicales et les politiques éducatives. Dans un contexte où les femmes restent sous-représentées dans les instances décisionnelles, la FOSEF-CI affirme ainsi que l’égalité de genre n’est pas une question sectorielle, mais un levier central de renouveau syndical.

Un défi reconnu, un soutien international assumé

Le secrétaire fédéral chargé de la communication de la FOSEF-CI, Doférin Sékongo, a souligné les obstacles persistants à l’engagement des femmes dans le syndicalisme. « Ce n'est pas facile de réunir des femmes dans un contexte syndical. Les femmes syndicalistes, c'est très rare de nos jours », a t il rappelé.

Il a également insisté sur le rôle déterminant de l’Internationale de l’Éducation dans l’accompagnement de cette transformation. « L'IE, notamment lors de la formation liée au programme John Thompson Fellowship en 2024 au Ghana, nous a instruit de mettre en avant la femme dirigeante, de faire la promotion du genre dans le syndicalisme », a t il expliqué, soulignant l’impact direct des programmes internationaux de formation sur les choix stratégiques de la fédération syndicale ivoirienne.

Former, structurer, pérenniser

Mme Bangoura a aussi rappelé que l’IE a financé plusieurs formations syndicales en Côte d’Ivoire, ouvertes à l’ensemble des organisations affiliées, avec une attention particulière portée à la participation des femmes et des jeunes. « Tout le monde peut participer à cette formation. Chaque structure doit faire participer sa présidence et une jeune au sein de l'IE », a t elle précisé.

Dans cette dynamique, une délégation de la cellule féminine de la FOSEF-CI participera prochainement à une formation régionale destinée aux femmes syndicalistes au Burkina Faso, renforçant ainsi les échanges Sud Sud et la solidarité syndicale à l’échelle africaine.

Kaba Sory, président de la FOSEF-CI, s'adresse à la cellule féminine syndicale.

Une voix collective pour peser sur les choix syndicaux

Pour la présidente des Amazones des temps modernes, l’enjeu est désormais de faire vivre cette structure et d’élargir la mobilisation. « Sur le plan national, on doit parler de nous. Ça va dépendre de notre détermination. Toutes les femmes que nous avons ajoutées sur le groupe doivent travailler. C'est un défi », a-t-elle affirmé, appelant les enseignantes à s’approprier pleinement cet espace syndical.

Si la cellule féminine de la FOSEF-CI est l’une des plus récentes créations au sein du mouvement syndical, elle se distingue déjà par sa rapidité de structuration et sa clarté politique. « Sur le terrain, nous sommes les premières à être structurées, une cellule féminine mise en place rapidement », a conclu Mme Bangoura.