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Amérique latine - Les syndicats d’enseignants doivent faire face à des crises politique et économique

Publié 22 décembre 2009 Mis à jour 22 décembre 2009

La crainte d'un retour à la dictature et à la violence politique au Honduras aggrave la profonde crise économique que traversent les pays d'Amérique latine. « L'IE a adopté une position claire contre le coup d'Etat militaire au Honduras », a déclaré le Secrétaire général de l’IE, Fred van Leeuwen, devant les délégués lors de la conférence régionale pour l’Amérique latine de l’IE à Sao Paulo, au Brésil.

« L'IE a adopté une position claire contre le coup d'Etat militaire au Honduras », a déclaré le Secrétaire général de l’IE, Fred van Leeuwen, devant les délégués lors de la conférence régionale pour l’Amérique latine de l’IE à Sao Paulo, au Brésil.

« Nous ne pouvons pas permettre un retour en arrière, un retour à une dictature d'aucune sorte. L'histoire montre que l'extrémisme et la démagogie sous toutes leurs formes, qu'ils soient de droite ou de gauche, conduisent à une situation de crise ».

Dans son allocution d'ouverture, Fred van Leeuwen a souligné qu'il y a un an, certains observateurs pensaient que les pays du Sud avaient réussi à se « découpler » de la crise financière qui s'abattait sur l'Amérique du Nord et sur l'Europe. Aujourd'hui, toutefois, un grand nombre de pays latino-américains ont à faire face au spectre d'un chômage en hausse en raison de la fonte des recettes fiscales, de la diminution des transferts en provenance d'Amérique du Nord et de l’arrêt des flux d'investissement.

Le Mexique, l'Amérique centrale et les Caraïbes sont plus touchés que l'Amérique du Sud en raison de leur dépendance vis-à-vis de l'économie américaine. Au Honduras, les transferts en provenance des membres de la famille résidant à l'étranger représentent 26 pourcent du PIB. Au Mexique, ces transferts ont chuté de 12 pourcent en janvier 2009.

Mais les enseignants savent parfaitement que l'on ne peut pas analyser la crise économique et financière isolément. La crise alimentaire, le changement climatique et la pandémie du VIH/SIDA frappent toutes les sociétés, a observé Fred van Leeuwen.

« Et qu'est-ce qui se cache derrière la crise actuelle? Au cours des dix-huit prochains mois, la région connaîtra dix processus électoraux qui pourraient modifier le paysage politique. Après être sortie de longues années de dictature militaire, les risques d’y retomber sont toujours élevés », a-t-il ajouté.

Dans le même temps, les pays d'Amérique latine sont passés à l'avant-plan sur la scène mondiale. Le Président brésilien Lula est considéré comme étant « l'une des figures incontournables pour parvenir à une reprise mondiale durable et équitable. L'Argentine joue également un rôle majeur après s'être opposée avec succès au FMI il y a trois ans et elle propose une alternative aux modèles néolibéraux ».

« Mais nous savons tous qu'il y a loin de la parole au geste », a poursuivi Fred van Leeuwen. « Il existe une contradiction manifeste entre les appels de la direction du FMI à une relance soutenue par le secteur public et les limites budgétaires – y compris les limites salariales du secteur public – imposées aux pays par les conditions du FMI. »

Cet article a été publié dans Mondes de l’Éducation, No 32, décembre 2009.