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Interview avec Jean Lavaud, Secrétaire général de la CNEH

Publié 3 juin 2010 Mis à jour 3 juin 2010

Quelles ont été les principales mesures adoptées lors de votre dernière réunion Directions nationale/Fédérations pour reconstruire le système éducatif?

Lors de notre réunion de la direction nationale, les décisions suivantes ont été adoptées: Assurer que les syndicats d’enseignants, particulièrement la Confédération nationale des Educateurs d’Haïti (CNEH), fassent partie intégrante de la commission de la reconstruction nationale; Les délégués donnent mandat au bureau exécutif de la CNEH d’interpeller l’Etat haïtien pour qu’il prenne ses responsabilités concernant le système éducatif haïtien. Pour les délégués présents à la réunion, il est apparu qu’une opportunité historique existe pour les acteurs éducatifs, en particulier la CNEH, de participer pleinement à l’orientation de l’Etat Haïtien dans l’exercice de sa responsabilité constitutionnelle et légale de garantir une éducation publique de qualité pour toutes et pour tous. Nous sommes tombés d’accord sur le fait qu’il faut mettre en place des mesures d’accompagnement psychologiques et sociologiques pour les enseignants et les élèves, et organiser des assemblées dans toutes les associations et fédérations dans le but de les dynamiser en vue de recruter de nouveaux membres. Les dates du Congrès de la CNEH ont été aussi été fixées au 17-19 septembre 2010.

De quelle façon l’IE et les collègues de syndicats à travers le monde aident-ils les enseignants d’Haïti?

L’IE et les autres collègues des syndicats à travers le monde doivent faire pression sur le Gouvernement haïtien pour le forcer à donner la priorité à l’éducation pour qu’enfin les enfants haïtiens aient la chance d’aller à l’école et pour garantir une éducation publique de qualité pour toutes et pour tous.

Quels sont les principaux besoins de vos membres?

Les principaux besoins de nos membres sont des besoins en formations syndicales et professionnelles décentralisées pour les nouveaux membres, et en moyens de communication et en matériel, tels que des motocyclettes et des ordinateurs portables avec accès à Internet, pour faciliter le déplacement des dirigeants et la communication entre eux et la CNEH.

Qu’est-ce qui a déjà été réalisé depuis le tremblement de terre?

L’Etat a commencé à déblayer les écoles et permet le retour timide des enfants à l’école. Malheureusement, beaucoup d’enseignants du secteur privé ont perdu leur emploi parce que l’état ne les a pas pris en charge, ce qui explique que la majorité des écoles privés aient fermé leurs portes.

Quelles sont les prochaines étapes de la reconstruction du système éducatif haïtien?

Il n’y a pas actuellement de débat sur le système éducatif. Le Ministre de l’Education et de la Formation professionnelle agit toujours dans le cadre de la mise en application du Plan national d’éducation et de formation. Toutefois, le Président, dans son allocution à la tribune de l’ONU, a déclaré que l’éducation sera la priorité de l’action gouvernementale post-séisme, donc la CNEH est mobilisée et prête à apporter sa contribution.

Quelques chiffres sur le nombre d’écoles détruites et d’enseignants et d’élèves n’ayant pas encore d’école?

Sur l’ensemble du territoire national les infrastructures scolaires sont détruites à 70%, 549 enseignantes et enseignants et près de 1.300 élèves sont morts dans le département de l’Ouest, 13 enseignants et 20 élèves sont morts dans le département du Sud Est, et 4 enseignants dans les Nippes. Le bâtiment de l’administration centrale du ministère s’est effondré occasionnant du même coup la mort de 13 hauts cadres. Seuls 15% des hangars et des tentes pour le public, et 10% pour le privé, peuvent accueillir des élèves.

Cet article a été publié dans Mondes de l’Éducation, No 34, juin 2010.