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Emplois, migration et éducation

Publié 16 juillet 2010 Mis à jour 22 mars 2011

L'éducation était un sujet de discussion important, lors de l'émission de la BBC « World Debate » (débat mondial) retransmise la semaine dernière, depuis l'OCDE à Paris.

La question posée par le présentateur, Nik Gowing, consistait à déterminer si la migration devrait être vue non pas comme prenant des emplois insuffisants, mais plutôt comme une source de compétences insuffisantes. La migration étant un sujet controversé dans presque tous les pays de l'OCDE, ce débat était très opportun.

Le débat s'est rapidement tourné vers l'éducation. Le Secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurrias, a dit que la politique migratoire ne pouvait être séparée de la nécessité d'investir dans l'enseignement des langues et ses enseignants. Les migrants arrivent avec les membres de leur famille, qui ont besoin d'écoles, a-t-il dit, et il faut donner leur chance aux jeunes migrants, ou ils feront partie d'une « génération perdue ».

La Secrétaire générale de la CSI, Sharan Burrow, a dit que la migration signifiait plus d'investissements dans l'éducation et la formation, pas moins.

Aux côtés de Gurria et Burrow, deux autres membres du panel, le Président de Manpower Corporate, David Askell, qui a donné le point de vue des employeurs, et l'ancien Ministre de l'Education hollandais, Jo Ritzen, maintenant Président de l'Université de Maastricht, a soutenu l'opinion que la migration n'était pas seulement inévitable, mais qu'elle contribuait également de manière positive au progrès économique, pour autant, comme l'a déclaré Burrow, qu'elle soit fondée sur des droits et, comme l'a dit Gurria, qu'elle soit bien gérée.

Ils ont insisté sur le fait que l'éducation devait faire partie de l'équation, autrement la migration continuerait d'être un problème pour les politiques démagogiques.

Un membre du panel, Jacques Myard, parlementaire du parti français au pouvoir, l'UMP, a marqué son désaccord. Il a mis l'accent sur le maintien des migrants en-dehors du territoire, mais a bien sûr admis la nécessité d'investir dans l'éducation, en affirmant « c'est ce que nous sommes en train de faire ».

Cependant, comme l'a dit Burrow, le dernier G20 n'a pas réussi à maintenir l'accent sur les emplois, et en donnant la priorité à la réduction du déficit, il a donné un signe que les gouvernements réduiraient le financement en faveur de l'éducation, de la formation et du secteur public, au lieu d'investir dans l'avenir.

Faisant partie de l'audience, le Consultant senior auprès du Secrétaire général de l'Internationale de l'Education, Bob Harris, a demandé comment résoudre le dilemme posé par le fait que la mondialisation favorisait la mobilité des travailleurs et des familles, alors que la crise financière mondiale signifiait que les subventions étaient réduites pour les écoles et les besoins des communautés. Askell a répondu que tout était une question de volonté politique.

Peu de doutes subsistent à propos du fait qu'il s'agisse d'une question de volonté politique. Quoi qu'il en soit, ce débat a montré sans équivoque que, s'il est possible d'atteindre un consensus clair sur la nécessité d'investir dans l'éducation et la formation, les décisions politiques en vue de mettre en œuvre le consensus font défaut.

Gurria, Burrow, Askell - représentant respectivement les points de vue des gouvernements, des syndicats et des employeurs - ont tous dit qu'ils savaient ce qu'il y avait à faire. Alors pourquoi ne le font-ils pas ? C'est là la question !