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Internationale de l'Education
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Saint-Domingue: les enseignants exigent « 4% du PIB pour l’éducation »

Publié 25 mars 2011 Mis à jour 13 avril 2011

La campagne « 4 % du PIB pour l’éducation » menée à Saint-Domingue n’est ni fantaisiste ni propagandiste. C’est une réponse calculée entièrement en fonction d’un besoin et reposant sur un fondement juridique et institutionnel.

Il y a treize ans, après des négociations qui ont porté sur un large éventail de sujets, le  président de la République Dominicaine, Leonel Fernández, a approuvé la Loi générale sur l’Education  66/97. Ce n’est pas un hasard si cette loi a imposé au gouvernement de consacrer 16% de son budget total ou 4% du PIB à l’éducation, en fonction du montant le plus élevé, au secteur pré-universitaire de l’éducation.

Cet engagement a été pris suite aux graves préoccupations des enseignants envers l’incapacité du gouvernement à investir décemment dans la formation des enseignants et ainsi garantir à chaque enfant une éducation publique de qualité.

Le gouvernement ignore la loi

L’incapacité continuelle du gouvernement à se conformer à ce mandat légal explique que 11% de la population âgée de 15 ou plus ne sait ni lire ni écrire. De plus, la majorité des étudiants étant concentrée dans près de 20% des établissements scolaires, cela a conduit à une situation où un grand nombre de classes d’écoles primaires comptent de 45 à 60 élèves et, dans certains cas, les effectifs des classes dans les écoles secondaires vont jusqu’à 65 élèves ou même jusqu’à 90 élèves par classe.

Pour Teresa Cabrera, membre du Bureau exécutif de l’IE et Présidente de l’ADP, cette situation est intenable: « Selon toutes les évaluations nationales et internationales de la qualité de l’éducation, la République Dominicaine occupe presque le dernier rang. La recherche effectuée par le Forum économique mondial a classé notre pays au 129ème  rang sur 131 en ce qui concerne la qualité de l’éducation. Le Président Fernández reconnaît ouvertement qu’il est peu probable que le pays puisse répondre à ses obligations dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement. Cela est totalement inacceptable pour mes membres et c’est pour cette raison que nous agissons pour renverser cette situation lamentable. »

En effet, les enseignants en République Dominicaine ont mené une campagne nationale très populaire pour mettre fin à cette situation et ils sont en train d’obtenir le soutien des Dominicains ordinaires qui veulent aussi voir 4% du PIB consacré à l’éducation dans le budget de 2011.

Les membres de l’ADP réclament du Ministère qu’il s’engage à nommer des enseignants formés et détenant des qualifications appropriées et à leur verser un salaire convenable de façon à pouvoir couvrir le coût de la vie. Cela évitera aux enseignants de devoir recourir à un deuxième ou troisième emploi et leur garantira d’avoir suffisamment de temps rémunéré pour préparer leurs cours et enrichir leurs méthodes pédagogiques.

La société dominicaine au cœur  de l’action

Pour Cabrera, « quand un gouvernement ne possède pas la volonté politique d’investir dans l’éducation dont notre pays a besoin, nous n’avons pas d’autre choix que d’agir. C’est la raison pour laquelle nous avons mobilisé nos membres et le public pour soutenir notre campagne en faveur de l’allocation de 4% du PIB à l’éducation. Ceci place la société dominicaine au centre de l’action et c’est pourquoi tant de secteurs sociaux se mobilisent pour soutenir notre revendication. C’est une cause qu’il faut célébrer et un modèle à suivre pour revigorer les campagnes syndicales. »

Cabrera conclut: « Cette revendication n’est rien d’autre qu’un appel à la garantie à un droit humain fondamental, l’éducation pour tous. Nous poursuivrons notre combat, chapeaux jaunes en main, jusqu’à ce que nous obtenions 4% du PIB pour l’éducation. »

Par l’ Asociación Dominicana de Profesores(ADP), République dominicaine

Cet article a été publié dans Mondes de l’Éducation, No 37, avril 2011.