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La lutte des enseignant·e·s porte ses fruits : la Banque mondiale décide de geler les investissements dans les écoles privées payantes

Publié 2020-04-09 Mis à jour 2020-04-30

L’Internationale de l’Éducation salue l’engagement majeur de la Société financière internationale, bras financier du Groupe de la Banque mondiale réservé au secteur privé, à introduire une réforme visant à geler tous les investissements dans les écoles primaires et secondaires payantes du secteur privé.

La Commission des services financiers de la Chambre des représentants américaine a annoncé hier que la Société financière internationale (IFC, acronyme anglophone) gèlerait tous les investissements directs ou indirects dans les écoles primaires et secondaires privées payantes et engagerait un processus de consultation en vue de décider d’une politique permanente.

Dans plusieurs courriers adressés à la direction de la Banque mondiale (en anglais) en novembre 2016, janvier et avril 2017 et mai 2018, l’Internationale de l’Éducation et ses affiliés ont, à plusieurs reprises, demandé instamment à l’organisation de faire passer les étudiant·e·s avant le profit et de cesser de parrainer Bridge International Academies (BIA), une chaîne d’écoles payantes menant des activités illégales en Afrique et en Asie.

L’IFC a investi plus de 10 millions de dollars américains dans les activités de BIA en Afrique et soutenu le développement de ce groupe commercial partout ailleurs.

Dans son commentaire à propos de cette décision de la Banque mondiale, le secrétaire général de l’Internationale de l’Éducation David Edwards a déclaré : « L’IE salue cette décision, une revendication majeure de la communauté enseignante, et espère qu’elle sera permanente. Il s’agit d’une victoire majeure pour l’Internationale de l’Éducation et ses organisations membres. Cette décision est le fruit de plusieurs années de mobilisation des syndicats et de la société civile contre l’éducation privée à but lucratif, au travers de la campagne Réponse mondiale à la privatisation et à la commercialisation de et dans l’éducation et diverses autres activités de plaidoyer.

Comme nous l’avons constamment rappelé à la direction de la Banque mondiale, utiliser l’aide pour financer les prestataires de services d’éducation du secteur privé est clairement contraire aux engagements mondiaux en faveur de l’Objectif de développement durable (ODD) 4. Dans un monde où tant d’enfants n’ont toujours pas accès à l’éducation, il est absolument inacceptable d’allouer les maigres ressources disponibles à des entités autres que l’enseignement public. » 

David Edwards ajoute : « L’hypothèse selon laquelle les acteurs privés répondraient aux obligations du secteur public en ce qui concerne l’éducation de qualité est largement démentie par un nombre croissant de preuves démontrant que la privatisation n’améliore ni l’accès à l’éducation ni les résultats scolaires, mais accentue, au contraire, les inégalités et la ségrégation, en bafouant le droit de chaque enfant à une éducation de qualité ».

L’engagement de l’IFC peut être consulté ici (en anglais).

Pour en savoir plus sur les activités illégales de BIA, cliquez ici (en anglais).

Pour consulter les courriers de l’Internationale de l’Éducation adressés à la Banque mondiale, cliquez ici (en anglais).