L’Internationale de l’Éducation condamne le retrait des États-Unis de plusieurs organisations, conventions et traités internationaux
L’Internationale de l’Éducation prend acte de la décision à la fois regrettable, inconsidérée et dangereuse de l’administration Trump de se retirer de 66 entités internationales œuvrant en faveur de la coopération mondiale. Selon Trump, la coopération multilatérale et le droit international vont à l’encontre des intérêts nationaux : une affirmation aussi erronée que préjudiciable, tant pour les États-Unis que pour le reste du monde.
L’Internationale de l’Éducation représente plus de 33 millions d’éducateur∙trice∙s dans 180 pays et territoires, y compris des millions d’enseignant·e·s et personnels de soutien à l’éducation aux États-Unis par l’intermédiaire de nos organisations affiliées, la National Education Association et l’ American Federation of Teachers.
En tant qu’enseignant·e·s du monde, nous nous dédions au bien-être et à l’épanouissement de tous nos élèves et de nos communautés. Nous croyons fermement que la coopération internationale, les principes universels et les traités contraignants sont le ciment de notre sécurité commune.
« En tournant ainsi le dos à la communauté mondiale alors même que s’intensifient les conflits, l’extrémisme, les catastrophes climatiques et les déplacements, l’administration Trump choisit de se soustraire à sa responsabilité collective à l’égard de l’avenir de notre planète et de nos enfants », a déclaré Becky Pringle, présidente de la National Education Association.
« Le multilatéralisme et la coopération internationale – consacrés par la fonction essentielle de bon nombre de ces organisations – protègent le droit universel à l’éducation auquel chaque enfant devrait pouvoir avoir accès. Dans ce combat pour notre humanité commune, la National Education Association affiche une solidarité inébranlable avec le personnel éducatif et les syndicalistes aux quatre coins du monde. » Et d’ajouter : « Nous refusons de revenir sur notre engagement à garantir des droits humains universels, l’obligation de rendre des comptes et un avenir juste pour notre planète ».
Comme nous l’enseigne l’histoire, les Nations Unies sont nées de la volonté de l’humanité d’unir son savoir collectif et sa détermination afin d’apporter une réponse pacifique et efficace aux questions de dimension mondiale. Aucun pays, aussi puissant soit-il, ne peut se permettre d’ignorer cette leçon.
« Le personnel éducatif sait qu’il n’est pas envisageable d’aborder la classe comme un vase clos, et il en va de même pour nos Nations. Le fait de se détourner de la coopération internationale porte atteinte aux principes-mêmes de responsabilité partagée et de solidarité qui préservent la sécurité de notre monde et garantissent un avenir plus juste pour nos élèves », a réitéré Randi Weingarten, présidente de l’ American Federation of Teachers.
« Ces accords ont été pris en réponse à deux guerres mondiales qui ont coûté la vie à plusieurs millions de personnes, dont plusieurs milliers de personnels militaires des États-Unis. Pourquoi ne pas tirer les leçons de l’histoire ? Ironiquement, c’est avant tout au peuple américain que cette vision de ‘l’Amérique d’abord’ va porter préjudice. »
Le fait que les États-Unis – qui comptent parmi les principaux architectes du système international – refusent à présent de respecter les règles qu’ils ont contribué à établir, s’autorisent à prendre ce qu’ils veulent par la force et agissent sans légitimité dans le cadre d’un agenda nationaliste extrême, est vecteur de déstabilisation et de danger pour ce pays.
Le personnel éducatif des États-Unis a joué un rôle déterminant dans la fondation de l’Internationale de l’Éducation et de l’Organisation des Nations Unies, parce qu’il voyait le monde comme notre maison commune, une maison dont nous devons prendre le plus grand soin et que nous devons préserver pour les générations futures.
Partout dans le monde, les professionnel·le·s de l’éducation affichent leur solidarité avec nos collègues aux États-Unis, qui s’opposent à la tentative de l’administration américaine de revenir à une sombre époque où la force faisait le droit, tant à l’échelle étasunienne qu’à l’étranger. Ensemble, notre mouvement syndical mondial de l’éducation continuera de protéger et de promouvoir les droits humains universels, le multilatéralisme, le droit international et la coopération mondiale pour un monde pacifique et juste pour toutes et tous.