Conférence internationale du Travail : l’Internationale de l’Éducation appelle le personnel enseignant et les syndicats à être au cœur du débat sur l’Intelligence Artificielle
« L’éducation n’est pas une chaîne de montage, une plateforme de diffusion de contenu ou encore, et en aucun cas, une transaction. Nos élèves ne sont pas des données, et nos salles de classe ne sont pas des marchés. »
C’est ce qu’a déclaré José Olivera, de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants de l’enseignement secondaire (FENAPES) d’Uruguay, lors de son intervention devant l’Organisation internationale du Travail à l’occasion de la 114e Conférence internationale du Travail, au nom de l’Internationale de l’Éducation (IE).
Dans son discours, José Olivera a fait référence au rapport du Directeur général de l’Organisation internationale du Travail, « À l’heure des choix : Mettre l’intelligence artificielle au service du travail décent », et a lancé un appel à l’action fort : « Sur les plus de 30 pages que compte ce rapport, le terme ‘enseignant·e’ n’apparaît pas une seule fois, et le terme ‘éducation’ n’est mentionné qu’à quelques reprises seulement ».
Le dirigeant syndical a souligné que les enseignant·e·s ne sont pas seulement des consommateur∙trice∙s passif∙ive∙s de la technologie, mais qu’il·elle·s influencent de manière essentielle la manière dont elle est utilisée dans l'éducation. « Il ne peut y avoir de gouvernance légitime de l’intelligence artificielle dans l’éducation sans une participation active des enseignant·e·s et de leurs syndicats. »
Dans le même temps, il a fait observer que le rapport reconnaît que « le changement technologique n’est pas un outil neutre, que la gouvernance a un rôle à jouer et que nous avons besoin d’une approche centrée sur l’humain et fondée sur les droits ».
Il a également souligné que « le rapport nous rappelle que l’intelligence humaine, la créativité et l’empathie doivent être protégées, et non déplacées par l’intelligence artificielle, et que la technologie devrait compléter les capacités humaines, et non s’y substituer. Dans l’éducation, cette capacité humaine a un nom : le jugement professionnel des enseignants et des enseignantes. »
Au cours de son intervention, José Olivera a également attiré l’attention sur la situation en Palestine, où l’éducation continue d’être attaquée, et a exprimé la solidarité de l’Internationale de l’Éducation. « En Palestine, le personnel enseignant ne perçoit qu'un salaire partiel depuis des années et l’apprentissage des élèves se fait dans un contexte de déplacement et de traumatisme. Ces professionnels et professionnelles continuent pourtant d’enseigner, de résister et de défendre le droit à l’éducation », a-t-il souligné.
La Conférence internationale du Travail est la réunion annuelle de l’Organisation internationale du Travail, l’organisme tripartite des Nations Unies qui réunit gouvernements, employeurs et travailleurs et travailleuses afin d’élaborer des normes internationales du travail et d’en contrôler l’application. À cette occasion, la délégation de l’IE a assuré un suivi de plusieurs cas de violations des droits syndicaux et a pris la parole pour défendre des conditions de travail décentes en faveur du personnel enseignant.