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Afrique: les syndicalistes de l’éducation vent debout contre les attaques faites à la communauté enseignante

L’Internationale de l’Education est fortement préoccupée par les violences récentes à l’encontre de la communauté éducative en Afrique, principalement au Mali et au Burkina Faso. Elle réaffirme que les écoles sont des « havres de paix » et condamne toute violence à l’égard des éducateur·rice·s.

Mali: libération des enseignants enlevés et dénonciation d’assassinat

Dans un communiqué, le Syndicat National de l'Éducation et de la Culture (SNEC-UNTM), affilié à l’Internationale de l’Education (IE), s’est joint à sept autres syndicats de l’enseignement (SYPESCO, SYNEB, SYNEFCT, SYNESEC, SYLDEF, FENAREC et COSES) pour appeler à une journée de solidarité envers les collègues enlevés ou assassinés. Le 31 octobre, les syndicats de l’éducation se mobiliseront sur tout le territoire du Mali pour exiger la libération de leurs collègues suivants:

  • Siabou Togo, enlevé le 22 décembre 2018
  • Abdrahamane Haidara, enlevé le 4 mars 2019
  • Bocary Kisso, enlevé le 14 octobre 2019

 

Ils sont également solidaires de Sory Maiga, enlevé le 9 juin 2019 et libéré quelques jours plus tard; et de Sekou Ba, Alassana Kolongon, Ibrahim Mahamadou Maigou, Aliou Mahamadou Guindo, Boubacar S Keita, Moussa Ombotimbe et Ampilema Togo enlevés le 25 octobre 2019 et libérés entre deux et quatre jours plus tard. Ils demandent par ailleurs le dédommagement des ayant droits de Issoufi Hafizou Maiga, assassiné le 8 août 2019.

Burkina Faso: message de condoléances gouvernemental 

Au Burkina Faso aussi, les enseignant·e·s sont victimes de la violence.

Dans un communiqué en date du 28 octobre, le Ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de la promotion des langues nationales «a le profond regret d’annoncer que Souleymane Ouedraogo, instituteur certifié et directeur d’école […] a été retrouvé assassiné au marché de Rounga […] dans la commune de Titao, dans la nuit du 25 octobre ». Il exprime sa vive compassion et adresse ses condoléances les plus attristées aux familles éplorées et à l’ensemble de la communauté éducative.

L’IE demande aux autorités publiques de ces deux pays de:

  • Agir promptement pour mettre fin aux violences en milieu scolaire,
  • Faire en sorte que les collègues enlevés soient libérés,
  • Garantir que toute la lumière soit faite sur les assassinats d’enseignant·e et que les coupables soient retrouvés et punis,
  • Trouver des solutions pérennes pour garantir le droit à une éducation publique de qualité, particulièrement dans les zones où des écoles ont été vandalisées.

Résolution sur les attaques contre les écoles en Afrique

Dans la Résolution sur les attaques contre les écoles en Afrique adoptée en juillet 2019, le 8e Congrès mondial de l'IE s’alarme des attaques terroristes persistantes en Afrique, notamment dans la Corne de l'Afrique, qui comprend Djibouti, le Kenya, la Somalie et le Soudan, et dans la région sahélo-saharienne du Burkina Faso, du Cameroun, du Mali, du Niger et du Nigéria.

L’IE déplore que les établissements scolaires soient devenus des cibles d’attaques violentes ayant entraîné la mort des apprenants et des éducateurs, menant ainsi à la fermeture de centaines d’écoles et à l’augmentation du nombre d’abandons scolaires. Le mouvement syndical de l’éducation rappelle notamment que plus de 900 écoles ont été fermées et plus de 150.000 élèves ont été déplacés de force au Mali alors qu’au Burkina Faso, environ 2.000 écoles ont été fermées en 2019, affectant ainsi la scolarisation de plus de 326.152 élèves.

La résolution réaffirme que l'éducation est un droit humain fondamental et un bien public, et représente un moyen déterminant pour briser le cycle des crises et réduire les risques de conflits futurs. La résolution demande à l'IE et à ses organisations membres en Afrique de faire pression sur leurs gouvernements pour qu'ils:

  • Ratifient et domestiquent tous les instruments de prévention et de lutte contre le terrorisme en Afrique et mettent en place des mécanismes d’application de ces instruments;
  • Signent, mettent en application et soutiennent la Déclaration sur la Sécurité dans les Ecoles afin de garantir que tous les élèves et enseignants, hommes et femmes, puissent apprendre et enseigner en toute sécurité;
  • Renforcent le suivi et le signalement des atteintes à l'éducation, notamment en diffusant les données par type d'attaque à l'éducation, désagrégées, par sexe, âge et type d’école, afin de renforcer les efforts de prévention et de lutte contre les atteintes à l'éducation;
  • Enquêtent systématiquement sur les attaques visant l'éducation, et poursuivent les coupables;
  • Fournissent une assistance non discriminatoire à toutes les victimes d'attaques contre l'éducation et leur donnent un soutien physique et psychosocial; et
  • Veillent à ce que l'éducation favorise la paix au lieu de susciter des conflits.

 

De plus, la résolution « Éducation à la paix - stop aux dépenses militaires - des livres, pas des bombes » également adoptée lors du 8e Congrès mondial de l’IE observe « une violence accrue dans de nombreuses parties du monde, laissant de nombreuses personnes dans l’insécurité. Le nombre de personnes déplacées et de réfugiés, plus de 65 millions, a atteint un niveau record depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le nombre et la complexité des conflits armés ne cessent de croître. En témoignent l’internationalisation de conflits internes à l’origine et les menaces que posent les groupes armés irréguliers. »

En conséquence, dans cette résolution, le 8e Congrès mondial de l’IE rappelle la Déclaration de l’IE « Les établissements scolaires doivent être des havres de paix » adoptée en 2009, qui condamne les violentes attaques à l’encontre des écoles et établissements d’enseignement et appelle à protéger les enseignant·e·s, les élèves, les chercheur·euse·s et autres personnels du secteur de l’éducation.

Il souligne, en autres, l’importance de l’Objectif de développement durable n° 16 sur la promotion de sociétés pacifiques et inclusives pour le développement durable et réaffirme les droits à la protection consacrés par la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant et condamne le recours aux enfants soldats.