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Canada : les enseignant∙e∙s syndicalistes québécois∙es dénoncent un monologue gouvernemental lors des négociations dans le secteur public

La Centrale des syndicats du Québec a fermement demandé au gouvernement du Québec de s’engager pleinement dans le dialogue social et de répondre aux solutions mises en avant par les syndicalistes, des propositions visant à stopper les mesures d’austérité financière, améliorer les conditions de travail de ses employé∙e∙s, et ainsi renforcer les services publics de la province canadienne, et notamment l’enseignement.

Le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, ayant choisi d’amener la négociation sur la place publique en diffusant un copier-coller de son offre gouvernementale du 27 avril – à quelques détails près, un copier-coller de l’offre du 12 décembre 2019 –, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a dû constater que les négociations prennent les allures d’un monologue gouvernemental.

« Plutôt que de s’asseoir pour écouter les solutions proposées par les syndicats qui représentent les travailleuses et les travailleurs, le gouvernement s’entête à imposer sa vision de l’organisation du travail », a dénoncé la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Sonia Ethier.

Elle a aussi considéré qu’« il est plus que jamais urgent pour le gouvernement d’écouter les solutions que nous proposons afin d’améliorer les conditions de travail du personnel de l’éducation, de l’enseignement supérieur ainsi que de la santé et des services sociaux ».

C’est pourquoi les membres de la CSQ ont adopté une résolution dénonçant publiquement la proposition du gouvernement lors de leur conseil général des négociations du 27 mai. Il∙Elle∙s ont également réaffirmé l’importance d’investir rapidement dans les réseaux scolaire et collégial ainsi qu’en santé et services sociaux.

Une contre-proposition demeurée sans réponse

En réponse à l’offre décevante du Conseil du trésor, la CSQ a soumis le 6 mai une contre-proposition qui respectait le cadre de négociation exigé par le gouvernement, à savoir : convention de trois ans, prise en compte du nouveau contexte de crise et nécessité de répondre à l’urgence d’une valorisation des emplois dans la santé et l’éducation.

Devant le manque de réaction gouvernementale, Ethier a estimé que « c’est indigne d’un gouvernement qui prétend vouloir négocier sérieusement. Force est de constater qu’entre le paradis dépeint par le président du Conseil du trésor et ce qui se passe aux tables de négociation, il y a deux mondes. ».

La dirigeante de la CSQ a de même précisé que « ce n’est pas parce que le gouvernement répète son offre inacceptable trois fois de suite que cela la rendra meilleure » et déploré que le gouvernement soit « totalement déconnecté des problèmes présents sur le terrain bien avant la crise et encore maintenant ».

Elle aussi affirmé qu’« après des années de compressions, le gouvernement du Québec fait face à un dilemme : rejouer le film trop usé de l’austérité et aggraver la pénurie de main-d’œuvre dans les réseaux ou investir dans les conditions de travail pour valoriser ses employés et améliorer les services à la population. C’est maintenant ou jamais ! »

Préparer l’après-crise dès maintenant

La pandémie de COVID-19 ayant souligné l’importance cruciale des services publics, Ethier a souligné que « pour préparer l’après-crise, nous rappelons que des investissements massifs dans la petite enfance, l’éducation, et la santé et les services sociaux doivent être au cœur d’une stratégie de relance économique et sociale ».

Elle a de plus fait remarquer qu’en répondant aux besoins de ses employé∙e∙s en réinvestissant massivement dans la santé, l’éducation et l’enseignement supérieur, le gouvernement provincial ferait « d’une pierre trois coups » : stimuler l’économie, valoriser des emplois majoritairement féminins et améliorer les services aux familles québécoises.

Selon elle, « les coupes, la négligence et l’absence d’investissements dans le personnel des écoles, des collèges, des hôpitaux et des centres pour personnes âgées depuis des années ont fait des ravages dans les services à la population. La maison brûle. Si la situation était difficile avant la crise, elle est maintenant devenue intenable. La pénurie de main-d’œuvre et les problèmes d’attraction se sont même accentués à une vitesse fulgurante depuis quelques semaines. »

La CSQ invite dès lors le gouvernement à envoyer un signal clair : veut-il améliorer les conditions de travail du personnel de la santé, de l’éducation et de l’enseignement supérieur ?

« Dans le cas contraire, nous ne pourrons pas nous inscrire dans une entente au rabais et ainsi cautionner le fait que les conditions de travail toxiques de nos membres vont perdurer pour les trois prochaines années », a conclu Ethier.