Yémen : L’Internationale de l’Éducation exige la libération immédiate et sans condition de trois enseignants menacés d’exécution
L’Internationale de l’Éducation (IE) exige la libération immédiate et sans condition de trois enseignants yéménites, Ismail Mohammed Abu al-Ghaith, Saghir Fareh et Abdulaziz Al-Uqeili, menacés d’exécution imminente par les autorités houthies au Yémen. Les trois enseignants, membres du Yemeni Teachers’ Syndicate affilié à l’IE, ont été arbitrairement condamnés à mort dans le sillage d’un simulacre de procès fondé sur des aveux forcés.
Le Syndicat des enseignantes et enseignants yéménites a fait savoir à l’IE que les autorités houthies, qui maintiennent le contrôle sur les principales provinces yéménites, avaient émis des ordres d’exécution à l’encontre des trois enseignants. Le syndicat affirme que les enseignants militants se sont vu privés de toutes les protections garanties par la Constitution yéménite, par les lois nationales et par les instruments internationaux relatifs aux droits humains.
La procédure judiciaire – si tant est qu’elle puisse être qualifiée comme telle – a été menée par des organes contrôlés par les Houthis sous l’égide du « Conseil politique suprême », au mépris des institutions gouvernementales reconnues au Yémen. Les tribunaux houthis sont utilisés pour réprimer la dissidence et affermir le contrôle du mouvement rebelle. Le simulacre de procès, qui reposait sur des aveux obtenus sous la contrainte de graves tortures physiques et psychologiques, n’a pas respecté les normes les plus élémentaires en matière de justice et de procès équitable.
L’IE s’associe au Syndicat des enseignantes et enseignants yéménites pour exiger l’annulation sans condition de ces exécutions et la libération immédiate des enseignants détenus.
L’Internationale de l’Éducation en a appelé à l’Envoyé spécial des Nations Unies pour le Yémen, au Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme ainsi qu’à l’Organisation internationale du Travail. L’IE agit également en coordination avec la Confédération syndicale internationale et des organisations de défense des droits humains de premier plan telles qu’Amnesty International, Human Rights Watch, Frontline Defenders et la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme, afin d’amplifier les appels en faveur d’une intervention urgente.
Les actes de violence à l’encontre de personnels enseignants sont une menace pour l’éducation, pour la paix, pour la justice et pour les droits fondamentaux de chaque individu. L’Internationale de l’Éducation affiche une solidarité inébranlable avec le Syndicat des enseignantes et enseignants yéménites, de même qu’avec l’ensemble de la communauté éducative victime de persécutions et d’intimidations. Nous réaffirmons notre attachement à défendre le droit d’enseigner et d’apprendre dans des conditions de sécurité et de dignité, et tout particulièrement en temps de guerre et de conflit.
L'intégralité de la déclaration en arabe est disponible ici