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Irak : le syndicat fait le point sur les obstacles dans la région du Kurdistan

Publié 19 février 2026 Mis à jour 20 février 2026

Afin de traiter les problèmes auxquels sont confrontés les éducateur∙trice∙s et le système éducatif, le Syndicat des enseignantes et enseignants du Kurdistan (KTU, de son acronyme anglophone) a organisé un séminaire intitulé « Les obstacles auxquels est confronté le processus éducatif dans la région du Kurdistan ».

Le séminaire, organisé à l’Institut de Qaladze, a réuni des membres de la direction du KTU et de la branche Raparin du KTU, le directeur général de l’éducation à Raparin, les directeurs de l’éducation à Rania et à Qaladze, ainsi que des superviseurs et des enseignant·e·s.

L’éducation, fondement d’une société saine et d’un avenir meilleur.

En ouvrant le séminaire, le président du KTU, Abdulwahed Mohammed Haje, a expliqué que « l’éducation est le fondement d’une société saine et d’un avenir meilleur », « essentielle à la vie, au progrès et à la créativité ». « Par conséquent, elle mérite un soutien financier et moral complet. »

M. Haje a ensuite comparé les objectifs internationaux, tels que l’Objectif de développement durable n° 4, avec le système éducatif actuel du Kurdistan, soulignant les « graves faiblesses » de ce système et le fait que le programme des Nations Unies pour une éducation de qualité n’a pas été correctement appliqué.

Les principaux obstacles à une éducation de qualité pour tou∙te∙s au Kurdistan

Il a ensuite identifié six obstacles majeurs à une éducation de qualité dans sa région irakienne :

  1. Au cours des 14 dernières années, le gouvernement régional du Kurdistan n’a pas alloué de budget adéquat à l’éducation.
  2. Le programme scolaire est long et coûteux, nécessitant 200 jours d'école (900 heures de cours). Cependant, en raison d'une mauvaise planification, de nombreux jours fériés et d'une réduction du temps scolaire, les élèves reçoivent moins de 130 jours (environ 500 heures) d'éducation chaque année. En conséquence, les leçons sont incomplètes et l'apprentissage pratique est pour la plupart ignoré, a-t-il déclaré.
  3. La plupart des bâtiments scolaires sont anciens et ont besoin d’être rénovés. Environ 80 % des écoles ne disposent ni de terrains de jeux, ni de salles de sport, ni de laboratoires, ni de salles d’art ou d’espaces d’activités, a-t-il expliqué, ce qui « rend les écoles inconfortables et donne aux élèves l’impression d’être en prison ». Malgré un besoin urgent évident, en raison d’un budget limité, seul un petit nombre de nouvelles écoles et de salles de classe sont construites chaque année, a-t-il souligné.
  4. De graves problèmes de personnel éducatif résultent des insuffisances budgétaires. Les enseignant·e·s qualifié·e·s ne sont pas recruté·e·s en nombre suffisant et le paiement de leurs salaires est souvent retardé. Il a ajouté que, depuis février 2016, les augmentations salariales ont été suspendues, ce qui affecte négativement les performances des enseignant·e·s, a-t-il noté.
  5. La formation des enseignant·e·s est très limitée. Peu de programmes de formation ont été proposés au cours des 15 dernières années. Bien que certaines organisations aient proposé de tels cours, elles n'ont touché qu'un petit nombre d'enseignant·e·s. Cela a créé un écart croissant entre les enseignant·e·s et les étudiant∙e∙s, conduisant à une communication faible et une compréhension insuffisante entre eux, a-t-il déclaré.
  6. Le gouvernement a fortement soutenu l'éducation privée. Il y a maintenant plus de 800 écoles privées, représentant environ 10 % de toutes les écoles, et ce nombre ne cesse d'augmenter, a-t-il déclaré. Selon lui, beaucoup de ces écoles se concentrent sur l’obtention de bonnes notes pour satisfaire les parents plutôt que de fournir un apprentissage et une éducation de qualité.

« En raison de ces problèmes, le système éducatif ne répond pas aux besoins du monde moderne et de nombreux objectifs du programme éducatif des Nations Unies pour l’après-2015 n’ont pas été atteints », a averti le dirigeant du KTU.

S’aligner à la campagne La force du public : ensemble on fait école !

M. Haje a conclu le séminaire en appelant « chacun à travailler ensemble pour convaincre le gouvernement de faire de l’éducation une priorité absolue, de respecter le personnel enseignant en tant que composante importante de la société et de fournir un financement adéquat à l’éducation ».

Cela fait écho à la campagne La force du public : ensemble on fait école ! de l’Internationale de l’éducation, lancée il y a trois ans. Cette dernière constitue un appel urgent adressé aux gouvernements afin qu’ils investissent dans l’enseignement public, un droit humain fondamental et un bien public, et qu’ils investissent davantage dans les enseignant·e·s, le facteur le plus important pour parvenir à une éducation de qualité.