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Bahreïn: l'IE lance un nouvel appel d'action urgente

L’Internationale de l’Education (IE) a lancé un nouvel appel d'action urgente, demandant d’urgence à ses organisations membres de contacter leur gouvernement national ainsi que la représentation diplomatique de Bahreïn dans leur pays afin de demander instamment aux autorités de Bahreïn de révoquer les charges et les condamnations et de commuer les peines de tous les enseignants, syndicalistes enseignants et étudiants inculpés pour des délits liés à l’exercice de leurs droits à la liberté d’expression et de réunion.

L’IE se focalise particulièrement sur les recours des vice-présidente et président de l'association des enseignants bahreïnis (Bahraini Teachers Association - BTA), le dimanche 11 décembre. Jalila al-Salman et Mahdi 'Issa Mahdi Abu Dheeb font appel des peines de 3 et 10 ans de réclusion prononcées le 25 septembre par le tribunal militaire de première instance pour leur participation à des manifestations pacifiques au mois de mars dernier.

La situation des enseignant(e)s et de leur association, la Bahraini Teachers’ Association, est toujours extrêmement préoccupante. La participation des enseignant(e)s et de la BTA aux manifestations pacifiques en faveur de la démocratie en février à la place de la Perle a entraîné des persécutions, des détentions et des tortures. Plus de 8.000 enseignant(e)s ont été frappés depuis le début de la répression. Les établissements d’enseignement ont été fermés et les salaires n’ont pas été versés ou ont été retardés. Selon la BTA, 2.500 enseignant(e)s ont été amenés d’Égypte pour remplacer les enseignant(e)s bahreïni(e)s licencié(e)s. 6.500 autres recrues locales non qualifiées ont été engagées.

La direction du syndicat a été arrêtée et détenue, le premier emprisonnement ayant eu lieu en mars 2011. En septembre, le président de la BTA, Mahdi Abu Dheeb, et la vice-présidente, Jalila al-Salman, ont été condamnés, respectivement, à dix et trois ans d’emprisonnement par un tribunal militaire, bien que ce soient des civils. Le président de la BTA aurait été torturé au cours de sa détention. La vice-présidente a été agressée verbalement. Neuf autres responsables de la BTA font face à des poursuites pénales, dont la Secrétaire générale de l’association, Mme Sana Abdul Razzaq.

Le syndicat de l’éducation connaît manifestement des heures très sombres. Il était fort et représentatif avant le mouvement en faveur de la démocratie et le gouvernement s’inquiète de l’influence de la BTA et de la communauté éducative sur le public. En dépit de la législation nationale qui interdit la syndicalisation des enseignants(e)s, la BTA (société des enseignants de Bahreïn en arabe) a toujours agi comme un syndicat.

Initiatives de l’IE

Les actions de l’IE ont connu leur point culminant lors de la mission dirigée par son Secrétaire général les 19 et 20 novembre. Celui-ci a rencontré des représentants des syndicats de l’éducation, de la BTA et des syndicats des professeurs d’université ainsi que des organisations de la société civile. Le calendrier de la mission n’a pas permis d’organiser une entrevue avec le ministre de l’Éducation. L’IE a informé la Commission d’enquête indépendante de Bahreïn qui devait rendre son rapport et formuler des recommandations au roi. Le Secrétaire général de l’IE a demandé à la Commission d’enquête d’inclure parmi ses recommandations la réintégration de tous les enseignant(e)s licencié(e)s et l’exonération de toutes les charges retenues contre les dirigeant(e)s et militant(e)s syndicaux ainsi que leur libération. M. Van Leeuwen s’est également fait l’écho des inquiétudes des syndicats au sujet de la détérioration de la qualité de l’enseignement à la suite du remplacement d’enseignants par des personnes non qualifiées de Bahreïn et d’Égypte. Il a également déploré les innombrables comptes rendus faisant état de torture à l’encontre de syndicalistes, d’enseignant(e)s et d’élèves. La BTA a largement relayé la mission de l’IE et a indiqué que les enseignant(e)s syndicalistes avaient été réconforté(e)s par la visite du Secrétaire général de l’IE.

L’IE a largement médiatisé la répression des enseignant(e)s et a lancé trois appels d’actions urgentes, qui ont généré des centaines de lettres de soutien en ligne de ses principales organisations membres. Des mises à jour régulièrement sont publiées sur le site Internet de l’IE et dans sa lettre d’information électronique. Les appels de l’IE ont été répercutés par les sites Internet des syndicats (CTF-FCE, GEW, CISL, TUC UK, LabourStart, notamment). Amnesty International a adopté les dirigeants de la BTA, Mahdi et Jalila, comme prisonniers d’opinion afin d’accroître la pression exercée sur les autorités.

L’IE a adressé des lettres de protestation aux autorités et a demandé des audiences à l’ambassade de Bahreïn. Le 26 mai, l’IE a pris part à la Journée d’action internationale de la CISL (l’ambassade a toutefois refusé de rencontrer la délégation et une lettre conjointe a été remise par les fédérations syndicales mondiales). À l’occasion de la Conférence internationale du travail en juin 2011, l’IE s’est jointe à la demande du Groupe des travailleurs de créer une commission d’enquête de l’OIT. L’IE a présenté ses remarques au Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, au Rapporteur spécial des NU sur le droit d’association et au Rapporteur spécial des NU sur la torture. En octobre, l’IE et la CISL ont corédigé une plainte adressée au Comité de la liberté syndicale de l’OIT (plainte CLS 2882). En novembre, l’IE a présenté une allégation à la procédure d’Examen périodique universel du Bahreïn.

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