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L’Education pour tous en crise : l’éducation primaire universelle est loin du but

Publié 24 février 2010 Mis à jour 24 février 2010

L’espoir d’atteindre l’éducation primaire universelle d’ici à 2015 s’éloigne alors que le Groupe de haut niveau de l’Education pour Tous se réunit cette semaine en Ethiopie. La Campagne mondiale pour l’éducation (CME), dont l’IE est l’un des membres fondateurs, constate qu’il manque 12 milliards de dollars d’aide internationale et que beaucoup de gouvernements des nations en développement doivent renforcer leurs efforts.

Commentant la réunion du Groupe de haut niveau de l’EPT qui se tient du 23 au 25 février à Addis Abeba, la CME a attiré l’attention sur l’urgence de prévenir une crise naissante du mouvement en faveur de l’EPT. Les raisons en sont multiples : les engagements des donateurs en faveur de l’éducation de base sont aujourd’hui au point mort, la plupart des pays du G8 sont loin de fournir leur quote-part équitable de financement du déficit de l’EPT, et les pays les plus nécessiteux se voient écartés des flux d'aide. Un ‘bulletin scolaire’ sur le Groupe de haut niveau produit par la CME s’interroge sur la capacité du Groupe à demander des comptes aux gouvernements sur leurs avancées.

L’IE est représentée à la réunion par Susan Hopgood, sa Présidente, et par Monique Fouilhoux, sa Secrétaire générale adjointe. La Coordinatrice principale de l’IE pour la région Afrique, Assibi Napoe, est également présente en sa qualité de présidente du Conseil d’administration de la CME.

Les objectifs de l’EPT ont été adoptés en 2000 pendant le Forum mondial de l’éducation de Dakar. L’un d’entre eux portait sur la mise en place de l'éducation primaire gratuite et obligatoire pour tous d'ici à 2015. Le Groupe de haut niveau a été constitué alors comme le mécanisme central de mobilisation du soutien de la communauté internationale. Mais selon le Rapport mondial de suivi de l’UNESCO publié le mois dernier, les résultats sont très loin des espoirs. Il affirme que 72 millions d'enfants n'étaient pas scolarisés en 2007 et qu'ils seront encore 56 millions en 2015 si le rythme de financement reste identique à ce qu'il est aujourd'hui.

Ce rapport montre également qu’environ 54 % des enfants non scolarisés sont des filles ; que l’alphabétisation reste l’objectif le plus négligé en matière d’Education pour tous, avec quelques 759 millions d’adultes qui ne savent ni lire ni écrire aujourd’hui, dont deux tiers de femmes ; que des millions d’enfants quittent l’école sans avoir acquis les connaissances de base, et qu’il faudra créer 1,9 million de nouveaux postes d’enseignants pour atteindre l’éducation primaire universelle en 2015.

« On estime que la réalisation de l'éducation primaire universelle et de l'ensemble des objectifs de l'Education pour tous en 2015 coûtera 16 milliards de dollars par an, rappelle Kailash Satyarthi, président de la CME. Ce chiffre représente à peine 2 % de la somme mobilisée pour renflouer quatre banques aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Il faut absolument que des mesures internationales soient prises de toute urgence aujourd’hui où le compte à rebours vers la date limite de l'EPT a réellement commencé. Jusqu’à présent, le Groupe de haut niveau n’a pas offert un forum efficace de suivi des engagements des donateurs. »